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Médicaments : entretien avec Aboubacar Sidiki Diakité de la Pharmacie centrale de Guinée





CONAKRY-Que faire pour faciliter l'accès aux médicaments pour les populations?La pharmacie centrale de Guinée affiche ses ambitions et lance un appel au gouvernement.Dans cet entretien,le président du conseil d’administration de la pharmacie centrale de Guinée explique les défis et problèmes confrontés par cet organisme de l'Etat.Aboubacar Sidiki Diakité profite de cette occasion pour lancer un appel au gouvernement...

AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Diakité!

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
Bonjour M. Souaré!

AFRICAGUINEE.COM : Vous venez de sortir d’une réunion du conseil d’administration de la pharmacie centrale de Guinée, peut-on savoir de quoi il a été question lors de cette rencontre?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
Vous savez que les missions du conseil d’administration sont définies dans les statuts et d’autres éléments sont fournis par la convention qui est établie entre la Pharmacie Centrale et l’Etat. Aujourd’hui, les points qui étaient à l’ordre du jour c’était essentiellement d’approuver les comptes de l’exercice clos au 31 décembre 2012, deuxièmement il fallait aussi examiner le rapport présenté par la direction générale de la pharmacie centrale, et troisièmement c’était les divers. Je puisse vous dire d’entrée de jeu que le problème de médicaments est devenu tellement préoccupant dans notre pays, parce qu’en réalité sans médicaments il n’y a pas de soins, et quand il n’ ya pas de soins il n’y a pas de système de santé, quant il n’ ya pas de système de santé, il n’ ya pas de ressources humaines, et quant il n’ ya pas de bonnes ressources humaines il n’ya pas de développement. Donc la préoccupation que nous avons aujourd’hui dans notre politique sanitaire nationale, c’est de faire en sorte que la population soit réellement couverte. Il s’agit aussi bien de la population urbaine, mais aussi de la population rurale. Si vous remarquez, nous avons des structures sanitaires au niveau des grandes villes comme Conakry, comme Kankan et autres, mais aussi d’autres structures à la base qui sont au niveau des communautés rurales, au niveau des sous-préfectures, qu’on appelle les centres de santé. Après ces centres de santé vous avez les hôpitaux préfectoraux et les centres médicaux communaux ; Mais au dessus de cela aussi, il y a ce qu’on appelle régionaux et ceux nationaux. Ça c’est le volet établissements publics. Il y a l’autre volet aussi qui concerne le privé qui se met en place en fonction du désidérata et de l’engagement des professionnels de santé qui choisissent d’aller exercer de façon indépendante. La pharmacie centrale est un outil essentiel pour la mise en place de la politique nationale de santé à travers la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale. Quand vous regardez les objectifs de la politique pharmaceutique nationale, vous verrez que premièrement il faut assurer la disponibilité des médicaments, il faut également assurer l’accessibilité des médicaments, mais aussi la qualité des médicaments et faire en sorte que si les médicaments de qualité sont disponibles et accessibles, qu’ils soient utilisés rationnellement. La PCG est un instrument qui peut jouer un rôle important dans cette politique. Le privé ne peut pas régler tous les problèmes. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités. Mais comment l’Etat peut-il prendre ses responsabilités si réellement l’instrument qu’il a est de mauvaise qualité ? Aujourd’hui donc, notre objectif c’est de faire en sorte que la gestion s’améliore. Heureusement pour nous les ingrédients sont sur place grâce à l’équipe qui est sur place, c’est une équipe que nous apprécions parce que si nous voyons l’évolution qu’il y a eu depuis l’arrivée de cette équipe jusqu’à maintenant, il y a lieu d’espérer. Mais cette équipe a besoin d’être accompagnée, elle doit être accompagnée par nous conseil d’administration, elle doit être accompagnée par le ministère de tutelle, par tous les partenaires qui interviennent aussi, notamment le ministère de l’économie et des finances, mais aussi les différents partenaires au développement. C’est d’ailleurs ce qui a fait que ces derniers temps il y a eu une véritable ouverture du conseil d’administration, qui comporte non seulement les cadres nationaux, mais aussi les partenaires au développement pour mieux orienter les actions de la pharmacie centrale, pour que les médicaments soient disponibles et que ça soit des médicaments de qualité, surtout qu’ils soient accessibles.

La pharmacie centrale de Guinée est entrain de prendre de très bonnes initiatives. Un signal qui est très fort c’est le projet “médicaments pour tous“. Ce projet est la véritable décentralisation en matière de santé, c’est la véritable appropriation des communautés à la base de leurs structures de santé, mais aussi, c’est les rendre responsable devant leurs problèmes de santé. Nous techniciens nous ne serons là que pour les orienter, les appuyer, mais que les grandes décisions soient prises à leur niveau.

AFRICAGUINEE.COM : Quelles sont les conclusions auxquelles vous avez abouti lors de cette réunion du conseil d’administration de la Pharmacie Centrale ?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
D’abord on a approuvé les comptes. Il faut chercher à savoir si les comptes que nous avons reflètent les réalités de la gestion de la pharmacie centrale. On est soutenu techniquement par le commissaire aux comptes qui, en premier lieu, jette un coup d’œil sur les différents comptes de l’entreprise. Avec lui, nous avons approuvé les comptes de la PCG pour l’année 2012. Ceci dit, il y a eu aussi un rapport sur un certain nombre d’activités. Ces activités on les a examinées une à une. On a essayé de voir qu’est ce qu’on peut faire pour les améliorer par endroit. C’est ce qui nous a amené à identifier quelques problèmes, mais aussi à faire des recommandations que la Pharmacie Centrale doit suivre pour être d’avantage performante.

AFRICAGUINEE.COM : Quelles sont ces faiblesses par exemple ?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
Les faiblesses actuellement c’est qu’aujourd’hui nous avons des problèmes de trésorerie au niveau de la pharmacie centrale, et ce n’est pas un problème qui est connu seulement au niveau de la PCG, c’est un problème qui se trouve au niveau de plusieurs centrales d’achats. Il y en a qui l’ont avec moins d’intensité, il y en a qui l’ont avec plus d’intensité. Ce qui est clair c’est que ça existe un peu partout. Au niveau de la pharmacie centrale c’est qu’il faut reconnaitre qu’elle n’est pas forcément une entreprise commerciale comme les autres. Elle est d’abord une entreprise de santé publique, une entreprise qui doit faire en sorte que les populations aient accès aux soins, pour que les populations aient accès aux soins il faut que le médicament soit plus bas possible. Mais comment on peut concilier cela avec une question de rentabilité ? Donc la pharmacie centrale n’est pas comme les autres entreprises. C’est ce qui fait que l’Etat doit fortement soutenir la PCG. Les partenaires sont déjà conscients de cela. Mieux, pour dire que la confiance est entrain de renaître au niveau de la pharmacie centrale, avant les partenaires importaient leurs médicaments, ils distribuaient, ils allaient jusqu’aux malades. Mais aujourd’hui ils prêtent la logistique de la pharmacie centrale. Il y en a qui acceptent que la PCG commande, il y en a qui acceptent de stocker à la pharmacie centrale, qu’elle distribue pour eux, et ils ont tous été invités à être membres du conseil d’administration de la pharmacie centrale. S’ils n’avaient pas confiance, ils ne se seraient pas intéressés, ils ne se seraient pas impliqués. Mais malheureusement il faut reconnaître qu’il y a un problème de trésorerie qui est à peu près la recapitalisation. A défaut pour l’Etat de procéder à la recapitalisation de la pharmacie centrale, il faut qu’il soutienne le projet “médicaments pour tous“. Je crois que ça va être une forme de recapitalisation. Que l’Etat sache que la PCG est son instrument, son outil, mais pas n’importe quel outil, mais un outil qui assure sa souveraineté en matière de politique sanitaire nationale.

AFRICAGUINEE.COM : Quel pourrait être l’impact de la réalisation du projet “médicaments pour tous“ pour les populations ?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
L’impact c’est qu’aujourd’hui on a un problème de gestion au niveau des centres de santé, on a un problème de disponibilité de médicaments de qualité au niveau des centres de santé, maintenant si le projet “médicaments pour tous“ est exécuté tel que la pharmacie centrale l’a envisagé et que le ministère de la santé l’a soutenu, cela induirait une dynamique au niveau du système de santé parce que nous avons opté depuis le départ pour la décentralisation, pour l’appropriation des communautés à la base e leurs structures de santé. Je crois que ce projet est un instrument qui va nous permettre de réaliser cela, c'est-à-dire que les problèmes seront réglés à la base, nous aurons plus qu’à donner une simple assistance technique aux communautés à la base.

AFRICAGUINEE.COM : Est-ce que la réalisation de ce projet pourrait régler aussi le problème de vente illicite de médicaments ?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
Ça aura un impact majeur sur la vente illicite des médicaments. Ce sont les populations qi achètent les médicaments au marché, si elles ont une structure en laquelle elles font confiance, pourquoi elles iraient au marché ? Si les médicaments sont disponibles, ils sont accessibles, à mon avis, la vente illicite va fortement diminuer. Ce qu’il faut retenir c’est que le problème de la contrefaçon, le problème de la vente illicite de médicaments, ce n’est pas l’apanage de la Guinée seulement, c’est un phénomène qui est récurrent parce qu’avant tout, le médicament est un moyen de commerce.

La disparition de la vente illicite de médicaments ne peut simplement être le fait du ministère de la santé, à fortiori d’un projet du ministère de la santé. Les actions d’un seul pays ne seront même pas suffisantes, il faut mener des actions sous-régionales, des actions internationales.

AFRICAGUINEE.COM : Qu’est ce que vous attendez du gouvernement ?

ABOUBACAR SIDIKI DIAKITE:
Ce que nous attendons du gouvernement, c’est qu’il nous aide dans le financement. Je vous ai dis que la pharmacie centrale dans la situation actuelle n’a pas la trésorerie suffisante pour financer un tel projet, donc puisque le gouvernement sait que la pharmacie centrale est un instrument de souveraineté en matière d’exécution de sa politique de santé, il doit se faire le devoir de soutenir le projet en le finançant. Nous on a confiance, on sait que c’est l’une des priorités du gouvernement, si non on n’allait pas nous lancer dans le projet.

Entretien réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour Africaguinee.com
Tél. : (00224) 664 93 51 31

  Rubrique: Publireportage  date: 06-Aug-2013 ŕ 09:37:31  Partager:   :

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