[IMG1]Amadou Thiam est Toumbist du célèbre orchestre kélétigui qui a fait le bonheur des amateurs de la musique africaine de Guinée.Aujourd'hui privé d'un œil,ce pionnier de la musique guinéenne moderne exerce toujours son métier après 50 ans d'expérience...
Africaguinee.com :Bonjour M.Thiam.Présentez- vous à nos lecteurs?
Mr. Thiam : Mon nom est Amadou THIAM Toumbiste depuis 1954 et ouvrier de profession mais on m'a détaché pour faire la musique parce qu'il y avait peu d'artistes.
Cela avait été un choix ou une obligation?
On nous a dit faites ça parce qu'en 1954 on connaissait qui fait quoi. Voila le groupe a été formé il s'appelait " Harlem Black".C'est l'un des premiers orchestres Guinéens. En 1960 on nous a regroupé pour faire Syli orchestre.
Vous étiez au nombre de combien à cette époque?
On était au nombre de 20 a 25 personnes c'était un orchestre national.
Quel âge aviez vous en ce temps?
En ce temps j’avais ... vous savez je suis né en 1936 donc j'avais a peu près 17 a 18 ans si ma mémoire est bonne et bientôt mes 50ans de carrière musicale.
C’est quoi le Toumba l’instrument avec lequel vous jouez?
Le Toumba c'est en fait un instrument de percussion il a deux sons en matière de musique.
Pourquoi le changement du Harlem Black Syli National?
Vous savez , il y a eu beaucoup d'orchestres et donc il fallait choisir quelques orchestres pour les différents dancings c'est dans ces conditions que Syli orchestre a été crée. Et Syli Orchestre on en parle toujours également Horoya Band, Balla et ses Balladins, Kélétigui qui était à Kankan mais on évoluait ensemble en ce moment,il n' y avait pas assez de tombistes.Et donc j'évoluais dans beaucoup d’orchestres et il fallait former certains donc j'ai été formateur de beaucoup de jeunes dans Jazz quand il y a eu l'indépendance Askin KABA et moi, nous nous sommes tournés vers Beyla pour mettre en place le Bembeya Jazz.
Comment trouvez vous la musique Guinéenne aujourd'hui?
Bon je vais vous dire moi je trouve qu'elle progresse parce qu'on s'attendait pas, on avait penser la musique comme nous on l'avait improvisée elle allait continuer comme ça mais on a compris qu'aujourd'hui y a des écoles de musique et nous avons former pas mal de musiciens.
Est ce que le toumba est toujours utilisé?
Oui il est utilisé mais par nous, les autres , c'est le Tam tam qu'ils utilisent à la place du Toumba.
Quelle différence faites vous entre l'ancien régime et le régime du Président Conté dans le domaine de la culture?
C'est dommage parce que jamais j’avais penser qu'un jour j'allais resté sans salaire et aujourd’hui je suis sans salaire rien je l'assure.
Et d'après vous qui est ce qui serait la cause ?
Je crois que je ne peux pas dire qui c'est tel ou tel mais je dirais que c'est une chose qui devrait arriver mais....
Pensez vous que le Ministre de la Culture joue réellement son rôle?
Mr. Thiam : Non ! Vous savez la solution c'est de partager le Sport et la culture sinon ça n'ira jamais je ne comprends pas trois grandes choses réunies le Sport, la culture et la jeunesse est ce qu'une seule personne peut gérer ça c'est grave.
Et aujourd'hui beaucoup d'entre vous sont malades alités et ils sont a leur propre charge. Et face a cette situation quel appel lancez vous au département tutelle ainsi qu’aux bonnes volontés?
C'est vrai on est malade aujourd'hui d'autres sont paralysés, notre guitariste qui est là ne voit plus mais il joue la guitare. Moi qui vous parle je suis paralysé mais je viens donner des conseils parce que j'aime ce métier si vous rendez visite à notre camarade Camara vous allez pleurez. Donc on fait toujours la musique pour gagner le quotidien parce que c'est ce qu'on connaît donc ils n'ont qu'a nous aider on est la on vit ne nous oublier pas. Parmi nous d'autres ont 12 a 15 enfants à nourrir comment faire la vie est chère mais Dieu est grand regarder Salifou qui est couché ici aujourd'hui il ne parle pas.
Que ce qui fait que jusqu'à présent, on parle de vos orchestres et vous êtes beaucoup écouté par le public mélomane ?
Le secret, on avait la foi, l'amour du métier ce n'était pas pour l'argent. Et c'est ce qui fait aujourd'hui la différence entre nous les anciens et les nouveaux parce que eux ils chantent pour avoir de l'argent et c'est pas bon. C'est pourquoi nous résistons toujours c'est ça le secret.
Quels conseils donnez vous à ces jeunes en tant que doyen de la musique guinéenne ?
Vous savez, on ne peut pas dire Ă quelqu'un qui cherche de l'argent de ne pas chercher de l'argent c'est un peu difficile .Ils ont vu que nous les vieux, nous n'avons rien eu donc eux ils veulent pas ĂŞtre comme nous mais ils n'ont qu'a faire attention et respecter ce qu'ils fonts c'est tout.
Le mot de la fin ?
Mr. Thiam : Mon dernier mot c'est de vous remercier d'être venu, d'avoir pensez a nous les anciens que Dieu soit avec vous et je suis vraiment très content.
Entretien réalisé par Aminata Tounkara
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Que sont-ils devenus?  date: 18-Jun-2008 ŕ 18:03:17  Partager:   :  |