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Prise d'otage des policiers guinéens:"Tant que nos revendications ne sont pas satisfaites, nous ne l


[IMG1]Après la mutinerie de militaires fin mai début juin en Guinée, des policiers ont à leur tour exprimé leur colère lundi à Conakry en prenant en otage quatre hauts responsables de la police pour appuyer leur revendications salariales.

Cette nouvelle crise intervient dans un climat d'incertitudes politiques, le nouveau Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré nommé le 20 mai n'ayant toujours pas formé son gouvernement, et de tensions sociales consécutives aux effets de la crise alimentaire mondiale.

Les quatre responsables ont été "pris en otage" à la compagnie mobile d'intervention et de sécurité (Cmis), une unité d'élite de la police guinéenne, près du centre-ville, par des policiers en colère.

Il s'agit du directeur national des services de police, Sékou Mouhamed Bangoura, de son adjoint, Alpha Oumar Baldé, du directeur central de la police routière, Mohamed Lamine Soumah et du directeur de l'office central anti-drogue, Bakary Thermite Mara.

"Tant que nos revendications ne sont pas satisfaites, nous ne les libèrerons pas", a indiqué à l'AFP un des policiers en colère.

Des responsables de l'armée et de la gendarmerie sont par ailleurs "en contact" avec des représentants des policiers pour tenter de résoudre cette nouvelle crise catégorielle au sein des forces de sécurité, pilier du régime du général Lansana Conté, 74 ans, au pouvoir depuis 1984.

Des policiers ont d'abord tiré en l'air lundi vers 11H00 (locales et GMT), aux environs du siège de la Cmis, et ont rapidement annoncé une "grève" surprise des policiers guinéens pour réclamer une amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Dans l'après-midi, les tirs se poursuivaient et les policiers en colère ont érigé des barrages devant la Sûreté urbaine nationale, qui abrite des services de police et la prison civile, devant la Direction nationale des services de police et devant la Cmis, selon des témoignages.

Les services de la douane ont à leur tour fermé leurs portes et rejoint le mouvement de grève des policiers.

Selon des policiers en colère, leurs revendications concernent plusieurs points portant notamment sur "une promotion en grade de tous les policiers guinéens, une augmentation des salaires et la formation des policiers guinéens".

Ce mouvement des policiers guinéens intervient après la satisfaction le 13 juin par le président guinéen, Lansana Conté, d'une promesse de promotion de tous les militaires guinéens entre les grades de caporal et d'adjudant-chef.

Ces promotions étaient une des revendications de militaires mutins qui exigeaient également le paiement d'arriérés de primes.

Un mouvement de colère de soldats guinéens, entamé le 26 mai, s'était transformé le 29 mai en mutinerie. Ces violences ont fait au moins trois morts et des dizaines de blessés à Conakry et Kindia (130 km à l'est de la capitale). La situation s'est calmée après le début du paiement des arriérés.

Il s'agit de la deuxième crise au sein des forces de sécurité pour le nouveau Premier ministre guinéen Ahmed Tidiane Souaré, nommé le 20 mai et qui n'a toujours pas formé son gouvernement.

Réputé proche du président Conté, il avait indiqué début juin n'avoir "subi aucune pression négative" dans cette tâche, et avoir reçu de M. Conté lui-même l'assurance d'une totale liberté de manoeuvre.

Il a succédé à Lansana Kouyaté, nommé à la tête du gouvernement en février 2007 après des manifestations hostiles au pouvoir et dont la répression avait fait 186 morts et près de 1.200 blessés en janvier-février 2007, selon un rapport d'ONG et d'associations.

Africaguinee.com
Source:AFP

  Rubrique: Politique  date: 16-Jun-2008 ŕ 22:50:18  Partager:   :

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