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Violences en Guinée : Lansana Kouyaté invite l’Etat à prendre ses “responsabilités“…





CONAKRY- Suite aux violences survenues la semaine dernière dans le sud-est de son pays, l’ancien premier ministre et leader du parti de l’espoir pour le développement national, Lansana Kouyaté, a dénoncé la présence dans la région, d’infiltrés et de milices locales armés de fusils d’assaut, a appris africaguinee.com.

A travers une déclaration dont nous vous invitons à lire l’intégralité, le président du PEDN a invité l’Etat guinéen à prendre ses responsabilités en rendant justice et à fédérer toutes les composantes de la nation…

Dimanche 16 juillet 2013, les populations koniakés et guerzés de Koulé, Nzérékoré et Beyla, villes et villages compris, ont été prises dans une spirale de violences inouïes jamais égalées dans cette partie australe de notre pays.

Comme saisie d’une impulsion irréversible ou effet de dissociation des populations, usant des fusils, des machettes et autres armes blanches se sont affrontés sans discernement, parfois, sans au préalable en savoir la raison.

Des dizaines de morts ont été enregistrés, les hôpitaux ont été vite débordés pendant que les tueries se glissaient impétueusement dans les méandres de nos forêts généreux.

Le bilan ? Il est difficile d’en établir à cet instant. Il est même inopportun, tant qu’à la faveur du calme revenu et des haines contenues, les corps éparpillés, abandonnés, jetés, n’ont pas été retrouvés.

Ces dernières heures nous en donne l’espoir, l’espoir d’un répit que nous souhaitons durable.
Le parti de l’Espoir pour le Développement National, fière de son orientation transcommunautaire, donc fière de son choix irréversiblement national, exprime son désarroi, sa peine, son outrage devant un événement si indigne du vivre ensemble des communautés qui ont en commun des siècles d’histoire.

Cette histoire commune a souvent connu des contradictions, des conflits non pas seulement entre Koniakés et Kpèlès, mais par extension entre ceux-ci, les Manons et les Konons partagent le même espace depuis plus d’un siècle.

En 1911, la conférence de Gbaya a engendrée en même temps une révolte contre le capitaine français Hecquet que le choix de Nzérékoré comme un cercle militaire consacré en 1912. Ainsi se développa une ville cosmopolite autour du lac N’zélé.

Par ses potentialités naturelles, son dynamisme économique ; son bouillonnement culturel, Nzérékoré s’est vite imposé comme l’une des plus grande et plus belle ville de la Guinée.

Pourquoi ce cadre si attrayant n’a pas connu la paix durable, alternant conflits persistantes et affrontements spasmodiques ? La réponse me parait évidente : l’impunité.

Nos sociétés ont vocation de dialogue et d’arbitrage fondés sur la justice.
L’Etat a pour vocation d’administrer dans la justice. Une paix non issue de justice équitable n’est que précaire. En région forestière quelques dates récentes émaillent cette vérité :

- 2011, dans le village de Galakpaye, sous-préfecture de Bignamou dans Yomou a enregistré de façon violente, à la limité de l’inhumanité, 36 morts. Les présumés coupables ont été vite libérés.
- 2012, Zogota résonne encore comme un déni de vie et de justice. Jusqu’ici aucune suite.
Ce dimanche soir du 16 juillet 2013 un fait qui pouvait être divers, a atteint les sommets de l’horreur.
La mort est inévitable, mais la façon de mourir telle qu’enregistrée ces jours derniers, est la plus à craindre parce qu’elle est portée par la bêtise humaine.

Que les communautés se partageant notre territoire le veulent ou pas ; elles sont condamnées à vivre ensemble. Impossible sera l’idée de distinction encore moins de partition.
Et si tel est le cas, pourquoi ne pas faire esprit de dépassement ?

Je ne saurais terminer sans parler des infiltrés de l’extérieur et des milices locales armés de fusils d’assaut, prêts à sévir ou il ne faut pas, quand il ne faut pas.

L’Etat est face à ses responsabilités et à ses devoirs pour rendre la justice et fédérer toutes les composantes de la nation guinéenne, notre nation commune.

Enfin au nom du PEDN, je présente à toutes les familles éplorées de parts et d’autres, notre solidarité dans la douleur et nos condoléances les plus humaines, les plus attristées et aux nombreux blessés, l’espoir d’un prompte rétablissement.

Vive la Guinée une et indivisible.


BAH Aissatou
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Politique  date: 22-Jul-2013 ŕ 11:04:53  Partager:   :

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