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Mines : Les diamantaires et orpailleurs haussent le ton contre la décision du gouvernement…





CONAKRY-48 heures seulement après la décision du gouvernement portant sur l’interdiction de l’exploitation artisanale de l’or, du diamant et d’autres pierres précieuses en Guinée, la confédération nationale des diamantaires et orpailleurs de Guinée (CONADOG), est monté au créneau pour dénoncer cette mesure, a appris Africaguinee.com.

Selon El hadj Alpha 2 Sylla, 1er vice-président de la CONADOG, cette décision a des conséquences ‘’néfastes’’ sur le secteur. « Car, les comptoirs guinéens payent par an, 53 000 dollars pour taxe annuelle et la redevance, à plus trois pour cent du chiffre d’affaire. A toute exportation, on paye 3% à l’Etat », a-t-il entamé.

Et de déplorer : « si aujourd’hui on nous dit de fermer les mines pour une période de trois à quatre mois, alors que, quand l’année finit, on nous demandera encore de payer les mêmes montants, qu’est-ce que nous pouvons gagner si ce n’est pas perdre 4 ou cinq mois de travail dans un an ? Ça, ce n’est pas compatible ».

Le vice-président a précisé que les parcelles sont payées par an, à hauteur 3 millions 500 mille francs guinéens. Selon lui, sur les 12 mois de l’année, ‘’si on ferme pour 4 mois, c’est une perte pour nous ! Il ne faut pas qu’on fasse tomber comme ça des arrêtés sans nous consulter au détriment de notre métier’’, a asséné l’exploitant artisanal de mines.

Poursuivant ses propos, il a lancé un appel au gouvernement guinéen afin qu’il revienne sur sa décision : « Je les invite à revoir cela, et enlever les quatre mois qu’on perd. La conséquence est que beaucoup de comptoirs vont quitter la Guinée et ils vont partir en Sierra Léone et ailleurs pour s’installer. Et c’est la Guinée qui va perdre. Moi, en tant qu’opérateur dans ce secteur, chaque année, je paie au minimum 6O hectares. Maintenant, mon champ est ensemencé. Mais ça n’entrave pas mes travaux d’exploitation de diamant et de l’or », indique-t-il.

Les exploitants artisanaux déplorent l’attitude des autorités d’attendre souvent jusqu’à la saison pluvieuse pour arrêter les travaux des mines. « L’année dernière, on a fermé pendant six mois et cette année encore on veut fermer alors que nous avons sortis des graviers importants qui ne peuvent être lavés qu’en saison des pluies. En saison sèche, l’eau s’éloigne des zones d’exploitation ; il faut avoir des moyens colossaux pour pouvoir exporter les graviers auprès des points d’eau. Actuellement, tu peux laver tout, près de ton gravier. Mais si on nous empêche de laver, qu’est-ce qu’on va devenir ? », s’interroge-t-il.

A la question de leur rencontre avec les autorités en charge de ce secteur, il ne passe pas par quatre chemins:

‘’Nous avons toutes les difficultés de les rencontrer parce qu’ils ont créé une structure fantôme dans notre secteur. Un secteur pourtant bien organisé sur le plan administratif et privé. Mais, ils veulent créer une association parallèle qui est épaulée par un certain groupe de l’administration et qui nous empêche de rencontrer les autorités. On a cherché à rencontrer plusieurs fois le président de la République, on est bloqué. On a écrit, on a été empêché. Et nous ne pouvons pas parler de ce que nous avons comme difficultés ou besoins alors que nous sommes un secteur fournisseur de devises importantes et qui rentrent dans le développement socioéconomique du pays. On nous empêche à cause d’une association fantôme qu’ils ont créé là-bas », a dénoncé l’orpailleur.

Aliou BM Diallo
Pour Africaguinee.com



  Rubrique: Economie  date: 09-Jul-2013 à 01:14:15  Partager:   :

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