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Djekoria Fanta: ''Mon deuxième album sera très apprécié du public''


[IMG1]Très connue du public guinéen, l'artiste Djekoria Fanta est une des nouvelles révélations de la musique moderne guinéenne. Dans un entretien qu'elle a bien voulu nous accorder, la ''coqueluche'' guinéenne revient sur son brillant parcours, ses relations avec les autres artistes et aussi sur la sortie de son prochain opus...

Africaguinee.com : Bonjour, Djekoria Fanta

Djekoria Fanta: Bonjour. Je suis Djekoria Fanta, la fille de Siguiri.

C’est quoi la musique pour vous?

La musique est un art et je l'ai choisie par amour et grâce à ma mère. C’est aussi un don. Ma mère est griotte. Elle chante et danse aussi.

Comment vous avez débuté votre carrière musicale

Au fait c'est quand j’étais petite en 1ère année. Et jusqu’en 3 ème, je chantais souvent devant mes camarades. Comme ma mère chantait aussi, donc j’ai été motivée de plus et j’ai décidé de faire comme elle. Elle m’apprenait à chanter et cela depuis à l’âge de 7 ans à Banankoro, Benko cité plus précisément. De là, on est allé à Mandiana et Kankan avec Mansa Camiobaro. Vous savez ma mère est une personne à laquelle je dois beaucoup. Parce que c’est elle mon enseignante. Tout ce que je fais aujourd’hui vient d’elle. C’est elle qui a mené toutes les démarches pour moi. On a été à Abidjan fin 1995, elle m’a confié a Aïcha Koné. Mais avant, Aïcha s’était déplacée elle-même pour venir me voir parce qu’elle m’avait vu chanter et danser. Donc elle a eu confiance en moi. J’ai fait un donc un temps avec elle. Ensuite avec Nakan Doumbouya. Et beaucoup d’artistes guinéens s'y rendaient à chaque fois et on se côtoyait aussi. En 2001, je suis revenue en Guinée. On m’appelait l’ivoirienne. Mais je me plaisais beaucoup en Guinée. C’est pourquoi j’ai insisté à revenir. Je suis née et grandi à Siguiri. A mon retour, j’ai trouvé que ma mère avait tissé de solides relations avec Mamadi Koïta. Ce dernier a voulu chercher un producteur pour ma mère parce qu’il appréciait bien ce qu’elle faisait dans la musique. Ma mère lui a répondu: ''moi j’ai fini de faire ma vie. Au lieu de m’aider, aide ma fille qui s’est aussi lancée dans la musique. A mon retour, elle m’a fait le compte-rendu. Mais, moi je m’en doutais. Elle m'a dit qu’elle voulait je sois très proche des artistes guinéens parce que je retournerais chanter en Guinée. Mamadi est reparti à Abidjan avant Tatarata et Aïcha Diabaté ''Baya maba'' (paix à son âme). Par amour à ma mère, beaucoup m'ont acceptée et aimée. Mamadi Koïta m'a donné à Djims qui s’est beaucoup occupé de moi. J’ai commencé le studio avec lui. Et j’aimais bien m’approcher des artistes guinéens. Après, j’ai parlé des producteurs guinéens à ma mère qui s'y était intéressée aussi. Après quelqu’un m'a parlé d'Amacif et j’ai expliqué cela à ma mère qui rentrera finalement en contact avec cette maison de production.

Parlez-nous de ce que vous avez ressenti quand vous êtes rentrée pour la 1ère fois dans un studio ?

J’étais très contente. Et surtout curieuse. Car chanter dans la rue et chanter en studio font deux. J’avais l’émotion. Mais vous savez un griot ne doit pas avoir peur de parler ou de chanter. C’est un don. Après tout, Petit Condé a demandé si je pouvais faire le chœur, Djims à répondu oui. Et c’est parti. j’ai fait ça pendant un temps et pour la 1ère fois, j’étais avec Maïmouna Barry. Parce que j'étais sous l'emprise de l’émotion. C'est elle qui m'a beaucoup encouragée et Dieu merci les choses se sont bien passées. Après, mon talent devait se faire valoir. Parce que je me préparais pour mon album aussi dénommé ‘’tönè’’ qui signifie ''jalousie''. J’ai fait deux morceaux que Djims a pris et il a remis à Amacif qui a examiné les dits morceaux. Finalement, j'ai été retenue. J'ajoute que j’ai longtemps traîné avant de sortir mon album.

Est-ce que les autres artistes vous acceptent avec tous vos talents...

Cela n’engage qu’eux. Moi je ne suis contre personne. Nous avons un métier qui n’est pas facile. Beaucoup m’aiment et d’autres non. Mais moi j’aime tout le monde. Je suis la plus jeune parmi les artistes guinéens. Donc je respecte tout le monde et je fais de mon mieux pour ne pas les contredire. Parce qu’ils sont mes aînés. A dire vrai, c’est mon travail et le public qui me préoccupent.

Parlons maintenant de vos tournées...

Vous savez c’est pourquoi on dit qu'en Guinée, si tu es artiste et que tu ne sors pas, tu n’es pas artiste. C'est quant on sort, on voit beaucoup de choses. J’ai été en Amérique avec deux vedettes qui sont mes aînés dans la musique. Au finish, seul le travail paye. Vous savez, moi j’étais avec Nabé Oumar, mon manager, qui est tout pour moi aujourd’hui. C'est lui mon bras droit et c'est encore mon guide. Et c’était ma première fois de voyager dans des grands pays. Je ne connais personne et personne ne me connaît. J’ai fait Philadelphie, Atlanta, Chicago, Washington, San Francisco, Los Angeles, Indiana etc. Dieu merci, partout où je suis passée, on m'a accueillie à bras ouvert. C’était vraiment beau et bon.

Quel genre de relation tissez-vous avec les autres artistes ?

Lors de ma sortie, des gens m'ont dit, '' tu es comme sayon Camara.'' Il font une comparaison. D’autres sont allés dire à Sayon que Djekoria Fanta est venue et elle veut se comparer à toi. Certains viennent me dire que je joue plus que Sayon. [IMG2]Je leur ai répondu que sayon est une maman, une tante, une sœur. Et d’ailleurs, quand elle commençait à chanter, je n’étais pas encore née. Donc, je suis loin d’être comme elle. Mais, je me suis aussi dit que si tu vois qu’on me compare à une grande artiste, c’est peut-être parce que je fais bien aussi. Ce n’est pas aussi mauvais et moi cela m'a encouragé. J’aime tous les artistes sans distinction. Moi, je vais chanter... Je vais vous raconter une histoire. Quand j’étais bébé et étant sur les pieds de mon grand père, un petit morceau de la cola que croquait un grand griot du manding est tombé dans ma bouche et j’ai avalé. Donc, c’est pour vous dire que moi je ne peux pas abandonner ce métier. C’est dans mon sang. J'invite les artistes à l’union et à combattre la haine.

Ton 1er album est sorti en quelle année et il compte combien de titres ?

Mon 1er album ''M'bademalou" est sorti en 2005 et comportait 8 titres.

Le 2ème c’est pour quand ?

C’est dans 2 ou 3 mois, si Dieu le veut bien. C'est pour cette raison que je suis rentrée en Guinée. Sinon, j’allais rester un peu...

Etes-vous sûre que le 2ème connaîtra un succès retentissant...

Mon deuxième album sera très apprécié du public. Peut-être qu’il va dépasser le premier. Je ne dis à personne de me faire confiance. Mon travail le dira.

Il aura combien de titres ?

12 titres

Le titre de ce nouvel opus...

Je préfère surprendre les gens.

Etes-vous convaincue que ce sera une surprise pour le public ?

Oui, une très grande surprise. Je n’ai pas à juger ce que je fais. Je laisse les autres le faire à ma place. Tout ce que je peux dire aux gens, c'est qu’ils doivent s’attendre à une surprise... Incha Allahou.

Entretien réalisé par Aminata Tounkara
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tél. +224 60360503





  Rubrique: Interview  date: 09-Jun-2008 à 16:38:14  Partager:   :

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