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Retrait de l’opposition du dialogue, nouveau chronogramme de la CENI : La mouvance se prononce…

CONAKRY- Comment la mouvance présidentielle a t-elle accueillie la nouvelle portant sur la suspension de la participation de l’opposition guinéenne au dialogue politique? Trouve t-elle les raisons invoquées par l’opposition suffisantes pour justifier son retrait autour de la table du dialogue ?
Pour Alhousseine Makanera, membre du bureau exécutif du “RPG-Arc-en-ciel“ (parti au pouvoir, Ndlr), la raison évoquée par l’opposition républicaine ne constitue qu’un “alibi“ ! Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, M. Makanera exprime aussi la position de la mouvance présidentielle sur d’autres sujets liés à l’actualité nationale, notamment le nouveau chronogramme proposé par la commission électorale nationale indépendante. Exclusif !
AFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. MAKANERA!
ALHOUSSEINE MAKANERA: Bonjour M. SOUARE!
AFRICAGUINEE.COM: Au niveau du RPG arc -en –ciel, quelle a été votre réaction après les violences survenues mercredi au domicile privé de M. Cellou Dalein Diallo ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Franchement, ce sont des actes regrettables que nous avons condamnés, puis qu’en principe, le peuple de Guinée ne mérite pas ça aujourd’hui, surtout que nous venons de sortir d’un dialogue qui semble-t-il devait nous conduire tout droit aux élections législatives dans la paix et la quiétude. Si nous entendons qu’après cela, le cycle de violence a encore repris, ce sont des événements regrettables que nous venons vivre, nous avons vraiment regretté cela. Et nous condamnons ce qui s’est passé.
AFRICAGUINEE.COM: Comme réaction à ces violences, le leader de l’UFDG et toute l’opposition ont annoncé leur retrait du dialogue politique. Votre réaction ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je pense que c’est un simple alibi de la part du leader de l’UFDG de dire que c’est consécutif à ces violences qu’il décide de se retirer du cadre de dialogue. Tout simplement parce que la violence qui a eu lieu, comme dit un adage de ce nous en basse Guinée, qu’au lieu de se focaliser là où vous-êtes tombés, il voudrait bien voir là où vous avez percuté votre pied. La violence elle n’aurait pas due être hier, tout simplement si El hadj Cellou Dalein Diallo en tant que citoyen qui a reçu une convocation, se rendait librement devant le tribunal pour écouter les juges, et répondre éventuellement aux questions qu’on va lui poser. Mais on a préparé l’esprit des gens pendant plus d’une semaine. On a invité les gens à accompagné El hadj Cellou Dalein Diallo. Les militants et les leaders probablement sont allés défier la justice. Lorsque vous défiez la justice dans un pays c’est pour vous dire que vous laissez libre court à l’anarchie et la pagaille.
D’après des informations que nous disposons effectivement une foule nombreuse est allée accompagner El hadj Cellou Dalein Diallo. Et que le procès n’a pas eu lieu, parce qu’entre temps le plaignant avait déjà retiré sa plainte. Chose que moi je n’ai pas apprécié, parce que je pense porter une plainte, pour un citoyen c’est un acte salutaire. Vous avez préféré vous mettre sous l’autorité de la loi, au lieu de vous rendre justice vous-même. Tout le monde devait être satisfait par rapport à cela, mais il parait que sur le chemin de retour, ceux qui accompagnaient le leader de l’UFDG se sont attaqués à tous les riverains, leurs boutiques ont été vandalisées, ceux qui étaient là ont été lapidés. Et les jeunes de Dixinn ont utilisés le droit naturel, c’est-à -dire la légitime défense qui est consacré par toutes les législations du monde. C’est en ce moment que les forces de l’ordre sont intervenues pour s’interposer entre les deux groupes. Parce que leur rôle régalien c’est de faire en sorte que la paix règne dans la cité. Pour le faire, ils sont obligés de fois de l’imposer.
AFRICAGUINEE.COM: A vous entendre, on a comme l’impression que vous estimez que c’est El hadj Cellou Dalein Diallo lui-même qui serait le responsable de ces violences qui sont survenues mercredi dernier ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Pratiquement je le confirme parce qu’aujourd’hui, il est regrettable que ceux qui espèrent commander le pays n’ont aucun respect pour les institutions de la république. Quant on veut la démocratie on ne peut pas affaiblir la justice. Quant on veut la paix on ne doit pas affaiblir la justice. Quant on mobilise les militants pour aller impressionné et influé la justice, ça veut dire que vous ne voulez pas renforcer l’institution judiciaire. Et je crois le problème est venu parce qu’il y avait beaucoup de monde. Ils ne sont pas venus d’une façon spontanée, tout a été préparé. J’ai écouté plusieurs responsables de l’UFDG et plusieurs responsables des autres partis politiques en demandant à tous les leaders présents à Conakry de l’ADP du Collectif du CDR avec leurs militants de les accompagner. Alors qu’il n’avait pas besoin d’être accompagné.
AFRICAGUINEE.COM: Quel avenir donnez-vous au dialogue politique maintenant que l’opposition a décidé de suspendre sa participation ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Bon ! Je pense que le dialogue politique en Guinée est un dialogue de sourds depuis un certain temps. Ma conviction est qu’au sortir du dialogue qui a duré 45 jours où toutes les questions posées par l’opposition qui avaient en rapport avec les élections ont été satisfaites, il n’y avait aucune raison maintenant pour que nous allions à un autre dialogue sans aller aux élections. Mais l’opposition avait une stratégie, cette stratégie elle continue à la maintenir. C’est de faire un semblant de dialogue tout en gardant sa logique d’utiliser des manœuvres dilatoires pour faire perdurer la transition.
AFRICAGUINEE.COM: Mais l’opposition dit que ses recommandations n’avaient pas été prises en compte par le pouvoir en place et qu’aucune suite n’avait été donnée au rapport dudit dialogue...
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je suis bien placé pour le dire cher frère parce que j’ai participé à tout ce dialogue, j’en ai été le porte-parole de la mouvance. Le seul point qui n’a pas été satisfait c’était le retour des conseils communaux, le reste le départ de Loucény, la mise en place d’une nouvelle CENI paritaire et l’accès des partis politiques de l’opposition aux médias d’Etat, la neutralité, toutes ces questions avaient trouvé leur solution. Le second dialogue était des nouvelles revendications qu’on avait en face, que nous avons examinés favorablement parce que l’important, ce n’est ni Waymark ni Sabari Technologie ou Sagem, l’important c’est de faire en sorte que les élections soient sécurisées, transparentes et crédibles. L’union Européenne, l’Ambassade des Etats-Unis et la CEDEAO se sont engagés à sécuriser les élections. Le problème d’operateur technique n’était plus un problème. Le seul problème c’est la réouverture des CARLE (commission administratives de révision des listes électorales). Et même ça c’est n’est pas un problème. Si vous prenez aujourd’hui le nombre total d’enrôlés en Guinée qui dépasse les deux millions cinq mille personnes par rapport à la population guinéenne, on dira que la Guinée a été suffisamment présentes cette fois-ci, comparativement à ce qui était dans l’ordre de trois millions huit cent lors de la dernière élection.
AFRICAGUINEE.COM: L’opposition parle aussi de nombreux cas de fraude liés à ces opérations d’enrôlement, notamment en haute guinée…
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je voudrais que vous intéressiez un peu sur les résultats, parce que les résultats sont disponibles. Je suis allé les voir si tel est le cas ont dit que c’est la mouvance qui est recensée, je crois que l’opposition peut jeter l’éponge, au Foutah j’ai vu comment ça gonflé, notamment à Mamou, Pita et Labé. Je suis sûre que nous sommes au Foutah aujourd’hui, que le président de la république a réussit à séduire les guinéens, mais aller jusqu’à ce degré cela me surprend d’une manière agréable si tel était la vérité. Cela veut tout simplement dire que même si on reprenait aujourd’hui les CARLE, l’opposition ne pouvait même pas avoir le nombre de militants qui pourraient l’aider à avoir même deux députés. Le compteur est déjà plein parce qu’on a cinq millions deux cents cinquante mille environ ; normalement tous les calculs faits, on doit être dans l’ordre de cinq millions cinq cents mille guinéens sur le fichier, en tenant compte de la courbe. C'est-à -dire le nombre total de la population par rapport à ceux qui ont 18 ans révolus.
AFRICAGUINEE.COM: Parlant toujours de ce dialogue, quelle a été la suite que vous avez donnée aux différents conditions posées par cette opposition pour le maintien de Waymark ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Malheureusement, je n’ai pas vu le courrier, j’étais à Kankan en mission. Mais je sais que nous avons proposé des solutions vraiment pratiques. Nous avons dit que par rapport à l’operateur technique Waymark nous sommes près que l’opposition puisse recruter de deux spécialistes en informatique et qu’on puisse mettre une commission qui sera présidée par un juge de la cour suprême composée de l’opposition, de la mouvance. Donc, qui doit suivre non seulement le processus tant sur le plan technique que sur le plan du fonctionnement de la CENI. Nous avions aussi accédé à la possibilité de vote des guinéens vivants à l’étranger. Nous avons estimé que toutes les questions étaient réglées. C’était simplement le problème de la date du scrutin. Mais j’ai été étonné quand j’ai lu heureusement sur votre site la lettre de l’opposition où il y avait beaucoup d’incohérence, d’une part on parle de compromis. Vous ne verrez nulle part dans le code électoral que les partis politiques doivent être associés par rapport à sa tenue, l’article 30 est clair, c’est le décret du président de la république qui réglemente. Au niveau du chronogramme, vous ne verrez nulle part que les partis politiques soient associés. La CENI propose un chronogramme au président de la république, il prend un décret.
AFRICAGUINEE.COM: Quelle impression ça vous donne quand le président de la république dit que c’est à la CENI de tout mettre en œuvre pour s’assurer de la possibilité de la réalisation de ce chronogramme !
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je suis d’accord, compte tenu de la situation actuelle le président de la république est obligé de savoir est-ce que techniquement la CENI est prête pour qu’il puisse convoquer. Dans les conditions normale ni le fichier électoral encore moins le chronogramme et le choix de l’operateur technique, les partis ne doivent être associés. S’ils ont été associés cette fois-ci, c’est parce qu’on avait privilégié le compromis.
Mais ce qui est regrettable dans leur déclaration, ils acceptent partout où on a parlé de compromis, mais par rapport au chronogramme, ils se focalisent sur un article qui ne correspond pas à la réalité. Parce qu’ils disent que l’article 162 du code électoral dit qu’en cas d’annulation du scrutin, il faut 60 jours, alors qu’aujourd’hui on n’est pas dans un cadre de figure d’annulation du scrutin. On ne peut pas annuler un scrutin qui n’a pas eu lieu. On est dans un cas de figure où le scrutin est à reporter. Mais très malheureusement ce code est mieux là -dessus. Donc aujourd’hui, ils ne peuvent pas se fonder sur une base juridique pour parler d’un délai légal.
AFRICAGUINEE.COM: Quelle lecture faites-vous du nouveau chronogramme proposé par la CENI ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je pense que ce nouveau chronogramme est réaliste et réalisable, si nous avons tous la volonté aujourd’hui de faire en sorte que les élections se tiennent rapidement. Ce n’est pas que la Guinée qui a besoin de ces élections, tous nos partenaires. On exige au gouvernement guinéen que les élections se tiennent avant le 31 octobre, sinon, nous perdons les cent trente neuf millions d’euro ! Aujourd’hui tout patriote guinéen a l’obligation de tout mettre en œuvre pour ne pas qu’on perde cet argent à cause de la non tenue de ces élections.
AFRICAGUINEE.COM: Est-ce que l’on peut dire alors que la mouvance présidentielle est en train d’exercer une certaine influence à la CENI pour ce qui est de la proposition de la date ?
ALHOUSSEINE MAKANERA: Notre position est claire, c’est n’est même pas tranché nous voulons maintenant aller rapidement aux élections. Nous voulons des élections vite et bien. Autant que c’est vite si cela peut répondre aux normes standards, nous sommes favorables. Seulement ce que nous exigeons de la CENI, c’est des élections de référence en Afrique et pourquoi pas dans le monde entier.
AFRICAGUINEE.COM: Entre temps l’Union Européenne menace de suspendre son aide à la CENI…
ALHOUSSEINE MAKANERA: Je ne peux pas me prononcer sur l’authenticité, mais je crois quand on travaille on est obligé parce que l’union européenne ne met pas en doute la sincérité ni la réalisation possible, mais elle ne peut pas qu’a même signer en blanc lorsqu’elle n’est pas associée. Je demande à la CENI si tel est le cas de les associer en tenant compte des contraintes du temps, pour la Guinée pas pour la classe politique guinéenne, surtout pour celui qui va à l’intérieur, il voit un besoin urgent pour le décaissement de ces 139 millions d’euro qui devraient en principe servir pour faire les routes. Ces routes là ne sont pas empruntées seulement par les militants de la mouvance mais plutôt par tous les citoyens guinéens.
AFRICAGUINEE.COM: Merci M. Makanera !
ALHOUSSEINE MAKANERA: Tout le plaisir a été pour moi.
Entretien réalisé par SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour Africaguinee.com
Tel. : (00224) 664 93 38 93 / 656 93 38 93
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  Rubrique: Interview  date: 24-Jun-2013 ŕ 12:08:09  Partager:   :  |
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