
CONAKRY-Les chasseurs dozos sont-ils impliqués dans les violences qui ont fait des dizaines de morts ces dernières semaines à Conakry?Le président guinéen Alpha Condé vient de lever un coin du voile sur ces accusations de l'opposition contre ces chasseurs traditionnels.Pour le chef de l'Etat, les vrais coupables sont ailleurs.
"Laissez les Dozos là où ils sont: en Haute Guinée.Personne n'en a vu à Conakry au cours des manifestations.En revanche, oui, la police a trouvé lors de perquisitions dans le quartier de Bambeto des fusils de chasse, des cartouches, des grandes offensives et même une kalachnikov cahcée sous un toit.", a affirmé le président Alpha Condé dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique.
"Des individus mal intentionnés venus de Guinée-Bissau ont été arrêtés avec des munitions, et tout le monde sait que certains marcheurs utilisent des frondes et des armes blanches contre les forces de l'ordre.Ils le font de nuit, en général après la fin des manifestations, ce qui est évidemment intolérable dans n'importe quelle démocratie.", a ajouté M. Condé.
Si l'opposition affiche un bilan d'une cinquantaine de manifestants tués depuis dix mois, le chef de l'Etat conteste cette accusation :
"(...)Beaucoup de gens ont été tués par des armes blanches, à la suite de jets de pierre ou par balle de calibre 12.Or ni la police, ni la gendarmerie n'utilisent des machettes, des frondes ou des fusils de chasse(...)", poursuit le président Condé qui précise que parmi les victimes, "il y a des malinkés, soussous, forestiers et peulhs".
Cette sortie médiatique du président Alpha Condé intervient alors qu'un climat de détente a soufflé à Conakry après la reprise du dialogue entre le pouvoir et l'opposition sous l'égide du facilitateur international, Said Djinnit.
Jeudi, après des incidents au domicile de l'opposant Cellou Dalein Diallo, l'opposition a décidé de "suspendre" sa participation à ce dialogue pour exprimer son "indignation devant les violations répétées dont sont victimes régulièrement les leaders politiques parfois même jusque dans leur propre famille et leur résidence respective".
Pour l'instant, aucune réaction de la mouvance présidentielle suite à cette décision de l'opposition.
Nous y reviendrons.
Ahmed Tounkara
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Politique  date: 21-Jun-2013 à 11:51:06  Partager:   :  |