[IMG1]Après la grogne des militaires, les enseignants aussi veulent aller en grève pour l'amélioration de leurs conditions de vie. De source syndicale, une rencontre est prévue ce lundi entre les syndicats et les enseignants pour confirmer ou non cette grève. En attendant l'issue de cette rencontre, notre reporter a tendu le micro à certains enseignants de la capitale sur les motifs de cette grève...
Mamadou Saliou Diaby, enseignant à l'école Motassimi
"C'est parce que les examens nationaux constituent la seule arme pour nous enseignants. Si on fait une comparaison, bien qu'on dit que comparaison n'est pas raison mais ce n'est pas à tous les niveaux. Nous savons que les militaires viennent de sortir d'une grève, ils ont réclamé leur argent qui a été bloqué depuis 1996 lors de la mutinerie au camp Alpha Yaya Diallo. C'est pourquoi on parle de bulletin rouge aujourd'hui. Il paraît qu'il s'agit de 5 000 000 FG et nous avons tous vu et vécu ce qui c'était passé en Guinée: des pertes en vies humaines, des dégâts matériels importants entre autres. Et solution a rapidement été trouvée. Donc, c'est à l'image de tout ça que nous voulons vraiment qu'une solution soit trouvée pour nous enseignants parce que nos revendications sont là depuis un an, rien n'est fait. Pourquoi? Et vous savez que si nous ne participons pas aux examens, ils ne seront pas crédibles sans oublier que nous avons nos propres enfants dans le système éducatif. Donc, on souhaite qu'il y ait une entente et que le gouvernement réfléchisse et trouve au moins une solution à 95% à nos revendications. Sinon, on aura pas le choix."
Alpha Oumar Bah, Enseignant à l'école primaire de Sangoyah Cité
"Je trouve normale qu'il y ait une grève en cours. Car nous souffrons. On a plus de 200 000 FG à la fin du mois et je peux dire que nos chefs gagnent 500 000 FG. Et vous savez combien de fois la vie est chère. Mais comme une rencontre est prévue entre le syndicat et les enseignants, certes la décision va tomber: un préavis d’abord et si rien n'est fait on sera obligé d'aller en grève etles examens seront perturbés. Donc, cette perte ne sera pas seulement au niveau de l'Etat mais pour tout le peuple guinéen."
Youssouf Camara : Enseignant au Lycée Yimbayah.
Moi je suis pour la grève. Car on a trop parlé. Les enseignants en Guinée sont les moins payés alors que ce qu'ils font est plus grand que ce qu'ils gagnent à la fin du mois. Et parfois tardivement d'ailleurs. Moi, j'ai plus de 10 personnes à nourrir et je n'ai pas plus de 300 000 FG à la fin du mois. Vous voyez ce que cela fait. Ils n'ont qu'à se concerter et trouver une solution. Sinon, on risque d'avoir une année blanche en Guinéen, on ne le souhaite pas. Mais, on a des dirigeants qui n'ont pas pitié de nous enseignants. On verra. Ils vont voir qu'on est décidés à aller jusqu'au bout incha Allahou. »
Propos recueillis par Aminata Tounkara
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
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  Rubrique: A vous la parole  date: 08-Jun-2008 ŕ 23:52:46  Partager:   :  |