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Après l’attaque de son domicile, Cellou Dalein Diallo explique…





CONAKRY- Que s’est t-il passé durant cette journée du mercredi qui a connu de violents accrochages au niveau du domicile privé du leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée ?

Au cours de la visite que le chef du gouvernement guinéen, Mohamed Said Fofana a effectuée cet après midi à son domicile, Cellou Dalein Diallo a expliqué les circonstances de l’attaque de son domicile privé sis à Dixinn. Nous vous livrons l’intégralité de ses propos !

Nous sommes allés. Le trafic était un peu difficile, c’était le matin, on a quitté ici vers 9h40, mais dans la discipline, en essayant de frayer chaque fois que c’était nécessaire, le passage aux usagers de la route. Il n’y a pas eu d’incident, nous sommes allés comme ça avec notre cortège qui grandissait au fur et à mesure. Nous sommes arrivés au tribunal. Les militants, ceux qui m’ont accompagné sont restés au dehors, je suis monté, j’ai trouvé le procureur et les avocats des deux parties. On s’est expliqué, je ne reviens pas sur ces détails. Après je suis redescendu, on a repris le chemin du retour dans une ambiance bon-enfant. Arrivés au niveau de donka, deux pick-up de la police nous ont rejoints. Ils ont essayé de disperser le cortège avec du gaz lacrymogène. Deux pick-up, ils n’étaient pas si nombreux. Les jeunes ont réagi. Il y a eu des jets de pierres. Les policiers aussi ont commencé à jeter des pierres. A un moment donné, les policiers ont disparu et la marche a continué. De là jusqu’au stade on a marché tranquillement. La voiture dans laquelle j’étais roulait doucement. Arrivés au niveau de l’oasis (localité située à moins de 500 mètres de son domicile, Ndlr), ils sont réapparus, renforcés maintenant, ils ont commencé à pulvériser le cortège de gaz lacrymogènes. Il ya eu des jets de pierres de part et d’autre. Le cortège s’est un peu dispersé. Mais à un moment donné, comme on continuait malgré tout à rouler doucement, j’ai dis au chauffeur de s’arrêter, parce qu’ils étaient en face de ma voiture. Le gaz venait et les jets de pierres touchaient beaucoup ma voiture. Je suis descendu, j’ai dis monsieur (…), parce qu’ils étaient tout près, arrêtez, on est arrivé, on n’est pas dans une manifestation. Au moment où je parlais ils ont tiré, automatiquement mes maintiens d’ordre sont venus me prendre, me protéger comme ça (en se courbant, Ndlr), ils m’ont fait courir en me portant, je suis venu, je ne suis même plus remonté dans la voiture, on est arrivé à mon domicile ici. Pour moi tout était terminé, j’étais dans mon domicile. Quelques instants après, les bombes de gaz lacrymogène ont commencé à tomber ici. Heureusement j’étais avec les journalistes ici. Ça peut paraître incroyable. Tout le long du mur aussi il y avait des jets de pierres. Il y avait beaucoup de gens au dehors. Les gens ont été blessés, vous allez voir les traces de sang ici. Pendant 1h40, on était sous le feu des bombes lacrymogènes et des jets de pierres. J’ai appelé M. L’ambassadeur, il m’a envoyé un sms pour me dire qu’il est en réunion, madame a appelé la gendarmerie pour leur dire venez nous sauver, parce qu’à l’époque on avait peur pour notre vie. Mais partout, on nous disait, on va se renseigner. C’était la débandade, chacun cherchait un abri. La cour était plein de gaz lacrymogènes. Il ya quelqu’un qui a reçu une balle, il est à l’hôpital.

Ils ont bastonné des femmes, ils ont arrêtés beaucoup de personnes entre l’oasis et ici. Même quand on a fait appel à la croix rouge pour venir prendre les blessés à l’intérieur, ils ont attaqué l’ambulance. Entre temps il y a eu deux minis bus qui sont venus débarquer des jeunes qui ont participé à l’assaut de la maison avec la police.

Vraiment M. le premier ministre, je pense que je ne méritais pas ça, parce qu’on tout fait pour qu’il y ait la paix dans ce pays, depuis les élections présidentielles, pour le dialogue, à notre corps défendant. Cette agression contre ma famille, on était obligé d’envoyer les bébés dans d’autres familles. Toute la maison là c’était de la fumée, on ne pouvait rien voir.


Propos recueillis par Boubacar 1 Diallo
Pour Africaguinee.com




  Rubrique: Politique  date: 20-Jun-2013 ŕ 00:28:12  Partager:   :

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