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Affaire BSGR-Etat guinéen : Vers la traduction de la Guinée devant les juridictions sous-régionales

CONAKRY- Les avocats de lieutenant Issiagha Bangoura et Ibrahima Sory Touré, tous arrêtés dans l’affaire BSGR-Etat guinéen, ont lors d’une conférence de presse animée dans l’après-midi de ce vendredi, menacé de traduire la République de Guinée devant les juridictions supranationales, a constaté sur place Africaguinee.com.
‘’Pour ce qui nous concerne, face à ce constat, nous allons être amenés à saisir d’autres instances supranationales, sur la situation de nos clients pour qu’elles puissent faire l’examen qui s’y est, pour prendre une décision à laquelle, la Guinée va être obligée de respecter, parce qu’ayant souscrit à la mise en place de ces instances. Nous pensons à la cour de la Communauté Economique pour le Développement des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Parce que la réalité du dossier de monsieur Touré et de monsieur Bangoura, va aboutir à une décision pareille. Si jusqu’ici, l’autorité judiciaire traine les pas, c’est à défaut de motifs, de preuves et de décider dans un sens ou dans l’autre. Généralement lorsqu’un juge n’a pas de motif, ou preuve, il doit relaxer. Dans le cas espèce, jusque maintenant aucune charge n’est justifiée à l’encontre de nos clients’’, a expliqué maître Dina Sampil avocat de monsieur Bangoura et de Monsieur Touré.
Le constat amer qu’ils ont fait, poursuit-il, c’est que leurs clients, lieutenant Issiagha Bangoura et Ibrahima Sory Touré font l’objet d’une incarcération qui dure depuis deux mois. Pour ça, précise l’avocat, leurs accusations vont contre les autorités guinéennes, puisque, dit-il, cette incarcération viole littéralement la constitution guinéenne et toutes les lois internationales qui sont ratifiées par la République de guinée. ‘’Nous accusons également les autorités judiciaires pour déni de justice. Le fait que le magistrat est saisi d’un dossier, il est resté sans y apporter une décision de ce déni de justice, constitue à nos yeux un baffouement des droits de nos clients et des droits de la défense’’, a déclaré l’ancien bâtonnier du barreau guinéen.
A l’en croire, le pouvoir exécutif fait montre d’une indifférence manifeste à cet état de fait. ‘’Depuis deux mois, aucun élément n’existe dans le dossier concernant nos clients pouvant fonder leur interpellation, leur incarcération et leur maintient en prison. Alors qu’il s’agit des poursuites engagées pour corruption passive’’, a-t-il enchainé.
La question que l’on se pose est de savoir, poursuit t-il, c’est de savoir pourquoi Ibrahima Sory Touré pouvait se rendre auteur d’une corruption passive ? Pour faire quoi et prendre quelle décision qui serait préjudiciable à l’Etat ou à une entité ? Cette question, affirme Me Sampil, restera sans réponse. ‘’Nous pensons que, c’est ce qui explique largement le fait que les autorités qui ont interpelé M. Ibrahima Sory Touré ne soient pas encore parvenues, à montrer une quelconque pièce attestant ou prouvant sa culpabilité pour corruption passive’’, a-t-il asséné.
Abordant dans le même sens, maître Eddy Arneton a soutenu que : ‘’ Nos clients sont des otages dans cette histoire, et aussi des victimes d’une guerre économique. Il n’y a rien qui démontre qu’il y a de la corruption passive’’, a-t-il martelé, ajoutant qu’il s’agit de deux personnes qui sont incarcérées sans la moindre preuve. ‘’Cette affaire ressemble à une mascarade. Il y a des violations flagrantes aux droits de l’Homme et du droit pénal guinéen ainsi que des textes internationaux ratifiés par la Guinée. Depuis le début de cette affaire, nous avons eu sans cesse de dire, présentez nous les pièces. Mais il est impossible !’’, s’est-il exclamé.
Dans cette affaire, renchéri maître Rachel Lindon, la Guinée n’a pas respecter les dispositions de son code de procédure pénale. C’est pourquoi explique-t-elle, ‘’ si la Guinée ne respectait pas une décision de la cour de justice de la CEDEAO, elle ne respecte pas déjà son code de procédure pénal, alors si même au niveau supranational, elle se permettrait de le faire, à la Guinée qui se dit Etat démocratique d’en assumer les conséquences’’, a-t-elle soutenu.
Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com.
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  Rubrique: Politique  date: 07-Jun-2013 à 21:10:29  Partager:   :  |
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