 |
| Detail de la News |
Zimbabwe: diplomates occidentaux retenus, tempête diplomatique...
[IMG1]Un groupe de diplomates américains et britanniques a été retenu plusieurs heures jeudi à un barrage routier par la police zimbabwéenne, ce qui a suscité une tempête diplomatique à moins d'un mois du second tour de l'élection présidentielle dans ce pays.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a "exprimé sa préoccupation" concernant cet incident et a appelé au "respect de la Convention de Vienne, en particulier du principe de protection des diplomates et de leurs équipements", a rapporté un diplomate américain à l'issue de consultations.
Jeff DeLaurentis, ministre conseiller à la mission des Etats-Unis auprès de l'ONU, a ajouté que le Conseil, dont les Etats-Unis assument ce mois-ci la présidence tournante, continuerait à suivre cette affaire dans les prochains jours.
Londres avait qualifié l'événement d'"incident grave qui doit être pris au sérieux", tandis que la Maison Blanche a averti qu'elle "n'oublierait pas l'incident".
Vers 10H30 (08h30 GMT), un convoi diplomatique composé d'un véhicule américain et de deux voitures britanniques a été arrêté par la police aux environs de Bindura, à moins de 100 km au nord-est de la capitale.
"La police les a obligés à quitter la route (...), a bloqué les véhicules avec des clous et tailladé les pneus" d'une des voitures, a raconté l'ambassadeur des Etats-Unis à Harare, James Mc Gee.
"Les militaires sont alors arrivés, ainsi que les anciens combattants (de la guerre d'indépendance), et ils ont menacés de brûler mon équipe", a-t-il poursuivi.
Tous les diplomates ont été relâchés sains et saufs. Le chauffeur des Américains, un citoyen zimbabwéen, a été passé à tabac, a précisé l'ambassadeur.
Le gouvernement zimbabwéen a reconnu que les diplomates avaient été stoppés par la police mais les a accusés d'avoir pris la fuite après avoir participé à un rassemblement de l'opposition.
Mais pour le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband, les diplomates "ne faisaient que leur travail" et étaient en mission d'observation pour faire un rapport sur la situation au Zimbabwe à l'approche du second tour.
Parallèlement, le gouvernement zimbabwéen a décidé de suspendre les activités de toutes les organisations humanitaires "jusqu'à nouvel ordre", a indiqué jeudi, sous couvert d'anonymat, une source proche de l'Association nationale des Organisations non-gouvernementales (ONG). L'ONG Care avait indiqué au début de la semaine qu'après avoir été accusée de faire campagne pour l'opposition, elle avait reçu l'ordre de cesser ses activités tout comme 30 autres organisations. De très nombreux Zimbabwéens, surtout dans les campagnes dépendant de l'aide alimentaire fournie par les ONG.
Alors que la campagne pour les élections générales du 29 mars avait été plutôt pacifique, les violences et intimidations se sont multipliées depuis la défaite du régime au scrutin.
Selon l'ONU, la responsabilité des violences incombe essentiellement aux partisans du pouvoir en place depuis l'indépendance en 1980. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) assure qu'une soixantaine de ses partisans ont été tués et des dizaines de milliers déplacés.
Dans ce contexte, le leader du MDC, Morgan Tsvangirai, qui est arrivé devant le président Mugabe au premier tour mais sans atteindre la majorité absolue, peine à se faire entendre.
Dernier obstacle à sa campagne: il a été retenu mercredi dans un commissariat pendant neuf heures. L'incident, dû selon la police à un problème de papiers pour une voiture, "n'a pas ébranlé notre résolution à tout faire pour un nouveau départ, pour un nouveau Zimbabwe", a-t-il assuré jeudi.
"Je trouve que Tsvangirai est extrêmement courageux de se battre pour cette élection", a commenté l'ambassadeur McGee, en estimant que "dans les campagnes, le scrutin ne pourrait pas être équitable".
"Ce pays n'a plus de loi", a poursuivi McGee, que le président Mugabe a menacé d'expulser en l'accusant de s'immiscer dans les affaires du pays.
Les relations entre Harare et Washington ou Londres sont tendues depuis que les Etats-Unis et l'Union européenne, ont imposé des sanctions aux membres du régime après la réélection controversée de Mugabe en 2002.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 06-Jun-2008 à 11:45:04  Partager:   :  |
|
|
|
The Nun'S copyright -- design by Nun'S