[IMG1]En marge de la 8 ème session des droits de l’Homme, une conférence débat a eu lieu jeudi au Palais des Nations Unies à Genève sur la situation des droits de l’homme au Sahara. Plusieurs représentants sahraouis ont participé à cette conférence dont le modérateur Dr Charles Graves, secrétaire général de l’ONG Interfaith International, a souligné les enjeux liés au Sahara pour la communauté internationale.
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Dans son introduction, Dr Charles Graves, secrétaire général de l’ONG Interfaith International, a fait l’historique des négociations entre le gouvernement marocain et le Polisario de puis le début du conflit en 1975, tout en soulignant que toutes se sont soldées par un échec. Il a par ailleurs rappelé la conclusion de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général de l’ONU, M. Peter Van Walsum qui est favorable au projet d’autonomie proposé par le gouvernement marocain sur le Sahara occidental. « De par mon expérience, l’indépendance totale du Sahara voulue par le Polisario est irréaliste ».Il a par ailleurs rappelé la préoccupation de la communauté internationale sur le problème du Sahara et exhorté les parties à poursuivre les négociations. »La dernière résolution 1813 du conseil de sécurité exhorte les parties à poursuivre les négociations. La résolution a salué le projet de large autonomie proposé par le Maroc pour les populations sahraouis » a conclu Graves.
Pour Sidati El Ghallaoui, (Ndlr :ex représentant du Polisario à Rome) a rappelé les enjeux liés au problème du Sahara notamment pour la stabilité de la région du Maghreb. »Depuis plus de 30 ans ce conflit fait souffrir les populations sahraouis, et contribue à déstabiliser la région du Maghreb » a –t-il souligné. L’ex représentant du Polisario à Rome a mis l’accent sur les conséquences dramatiques lié au problème du Sahara dont les répercussions dépassent les frontières maghrébines. « Avec ce problème du Sahara, c’est la stabilité du Maghreb qui est menacée. Ce qui facilité le problème de contrebande entre le sud Algérien, le nord du Mali et de la Mauritanie. A cela s’ajoute le problème de l’immigration clandestine dans la région qui devient aussi un nid pour le terrorisme. Autant de facteurs qui empêchent la création d’une Union pour la Méditerranée qui regroupe des pays africains aux pays européens. » a déclaré El Ghallaoui.
Quand à l’implication de l’Algérie sur le problème sahraoui, l’ex représentant du Polisario a lancé un appel au gouvernement algérien pour mettre fin à ce conflit qui empoisonne les relations maroco-algériennes. « Nous lançons un appel à l’Algérie pour qu’elle arrête de soutenir le Polisario qui fait souffrir son peuple et accepte le projet de large autonomie proposé par le gouvernement marocain. Sur l’implication des organisations internationales pour la résolution du conflit sahraoui, El-Ghaloui estimé qu’elles doivent mettre la pression sur l’Algérie qui soutient le Polisario. « Depuis 1975, il n’y a pas eu de recensement de la population sahraouie. Le Polisario donne des chiffres non vérifiables pour détourner les aides humanitaires » a ajouté l’ex représentant du Polisario. Il a ensuite précisé que l’Union africaine doit prendre une position claire sur la question du Sahara. « La position de l’Union africaine est ambiguë. Ella soutenue la République Arabe Sahraouie à cause de la pression diplomatique de l’Algérie. Mais il faut dire que ni la ligue arabe, ni l’Union européenne ne reconnaît cette république fantôme » a conclu Al Ghalloui.
Ensuite Mme Hajbouha Zoubir, présidente de l'Association marocaine des femmes entrepreneurs pour le développement (AMFED) et représentante au Maroc de l'organisation international "Business and Professional Women BPW" a rappelé les souffrances du peuple sahraouie, suite au départ forcé de milliers de familles dans les camps de Tindouf.. « Il est vrai qu’après le départ de milliers de familles dans les camps de Tindouf après la guerre froide a déchirée toutes les familles sahraouies. Plusieurs membres de ma famille sont partis dans les camps : deux oncles paternels, un oncle maternel, une tante maternelle laissant une fille(…).Ces départs ont laissé des séquelles intraitables dans les familles. ».
Ella a rappelé les acquis obtenus au Sahara depuis son intégration sous la souveraineté marocaine. « Certes la majorité des sahraouis ont choisi de vivre dans son pays côte à côte avec les concitoyens du Nord. Nous avons obtenu la stabilité et l’appartenance à un pays qui en résulte l’émergence de bons citoyens, conscients de leurs droits et respectueux de leurs devoirs. » a déclaré la représentante au Maroc de Business and Professional Women.« Dans les provinces du sud avec le gouvernement marocain, beaucoup d’infrastructures et des institutions ont été faites pour les populations sahraouies. Le taux d’inscription des filles scolarisées atteint 100% au Sahara et dépasse la moyenne nationale du Maroc » a estimé Mme Zoubir.
Sur la situation des femmes dans les provinces du sud, Mme Zoubir a déclaré que leur situation s’est beaucoup améliorée. « Nous avons beaucoup de femmes dans les associations et sont représentées dans tous secteurs professionnels. Avant l’arrivée du Maroc, le taux de scolarisation des filles était de zéro, aujourd’hui les populations au Sahara ont accès à tous les services et à tous les secteurs » a précisé Zoubir.
Avant de terminer, elle a rappelé l’importance du projet d’autonomie pour le peuple sahraouie. « Ce projet est applicable au Sahara qui a connu toutes ces mutations et développement grâce aux efforts de l’Etat marocain .Tous les partenaires au Sahara font tout pour que nos frères et sœurs qui sont à Tindouf reviennent dans un pays démocratique dont nous sommes fiers d’appartenir» a conclu Mme Zoubir.
Mlle Saadani Maailinine, ex-déportée à Cuba a témoigné sur les souffrances vécues par des milliers de familles sahraouies dont les enfants ont été déportés. « Je représente ceux qui ont souffert et qui continue de souffrir dans les camps de Tindouf. Le Polisario a déporté des enfants à Cuba pour séparer les familles et endoctriner les enfants à leur idéologie » a déclaré Mlle Maailinine. Elle a dénoncé les conditions de vie précaires des femmes et des enfants dans les camps de Tindouf contrôlés par le Polisario : « A Tindouf, il n’ y a pas de liberté d’expression et de circulation. Les camps sont contrôlés militairement par les dirigeants du Polisario. Je suis choquée que ces dirigeants qui ont commis des crimes continuent de réprimer les sahraouies à Tindouf »
Enfin c’est Moulay Ahmed M’ghizlate, membre du conseil royal consultatif des affaires sahariennes( CORCAS) a souligné la bonne volonté du gouvernement marocain dans son projet de large autonomie pour le Sahara. »Le Corcas qui est le représentant légitime du peuple sahraouie a établi une feuille de route qui reconnaît les trois pouvoirs de toute démocratie, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire. ».Par ailleurs le représentant du CORCAS a lancé un appel au Polisario pour résoudre ce conflit. « Le Polisario doit revenir à la raison et saisir cette opportunité historique proposée par le gouvernement marocain. Le Polisario peut cesse d’être une épine dans le pied du gouvernement marocain » a conclu M. Ahmed M’ghizlate.
Mamadou Kaba Souaré
Directeur de Publication
D’Africaguinee.com
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  Rubrique: News Afrique  date: 06-Jun-2008 ŕ 10:21:57  Partager:   :  |