Detail de la News

Affaire 19 juillet : la défense parle d’un “faux dossier“ et de “règlements politiques“ !





CONAKRY- Après la plaidoirie de la partie civile et la réquisition du ministère public ; c’est la défense qui, à son tour a commencé de plaider ce vendredi pour défendre et montrer l’innocence de leur clients, accusés, dans le dossier de l’attaque du domicile privé du président guinéen, Alpha Condé, a assisté sur place Africaguinee.com.

C’est maître Salifou Béavogui qui a ouvert le bal pour la défense. Dès l’entame de sa plaidoirie, il n’a pas manqué de souligner avec véhémence que le fait pour la défense de prendre la parole un vendredi cela n’est pas fortuit. C’est un grand jour, et cela démontre dit-t-il, que c’est la défense qui est sur le chemin de la vérité. ‘’Le mensonge, la haine, les gros montages, les règlements de compte que nous avons consommés dans cette salle, seront démontés par l’éclatement de la vérité’’, a-t-il assuré.

Fidèle à sa verve et sa pugnacité, maître Béa, a soutenu avec insistance que ce sont des innocents qui ont été raflés par-ci, par-là avant d’être placés sous mandat de dépôt au cahot de la maison centrale. Ce dossier est monté de toutes pièces depuis courant mai 2011, affirme-t-il. Selon lui, il y a vingt-une irrégularités accompagnées de mensonge, de montage et de contrevérité, citant comme exemple l’arrêt numéro 21 de la chambre d’accusation. Selon l’avocat, cet arrêt voulait coûte que coûte que le colonel Sambarou Diamankan, accusé d’abstention délictueuse soit dans cette salle d’audience, sinon, il aurait pu être libéré avant. Telle est la physionomie de ce dossier, a-t-il expliqué.

Fidèle à ses diatribes et sa dureté de langage à l’en contre du procureur général, il n’a pas caché de préciser que William Fernandez est le principale adversaire de la défense dans cette affaire. Pour maître Béa, le procureur général a tenu que des insanités à l’endroit de la défense. ‘’Il nous a traité de délateurs, de menteurs. Mais il s’est trompé’’, a-t-il martelé.

Dans la même lancée, il a ajouté que le ministère public a présenté un réquisitoire bidon qui ne renferme absolument rien et qui, dit-il, va s’écrouler parce que a-t-il assuré, il y a quinze avocats qui vont démonter les élucubrations qu’il a faites ici. ‘’J’ai été aplati moralement par les propos du procureur’’, a asséné maître Béavogui.

Dans le même procès qu’il a fait du procureur, il a rappelé que commandant AOB et ses coaccusés ont été renvoyés à la cour d’assises de Conakry pour y être jugés. Le procureur a inventé estime-t-il, des infractions qui ne sont pas dans l’arrêt de renvoi. ‘’Il s’est amusé à distribuer des peines comme des galettes, à des personnes dont il n’existe aucune preuve. La peine de mort n’est plus à la mode. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit prononcé dans cette salle. On n’est plus sous l’ère de Sékou Touré. Je le regrette très sincèrement‘’, s’est désolé maitre Salifou Béavogui.
La défense a toujours qualifié ce dossier de vide, a-t-il rappelé, avant d’ajouter qu’il a été monté par de gros mensonges ayant pour but de neutraliser et anéantir des proches du feu général Lansana Conté, du capitaine Moussa Dadis Camara et du général Sékouba Konaté (tous anciens présidents de la Guinée, Ndlr).

Selon lui toujours, d’autres accusés sont arrêtés parce qu’ils sont proches des partis politiques, à titre d’exemple a-t-il cité, il y a M. Bah Oury vice-président de l’UFDG, ce dernier a-t-il soutenu, c’est à cause de ses vérités, son courage qu’il a été cité dans ce dossier. ‘’Il a pu sortir sinon, il serait parmi les personnes décédées dans ce dossier, tels que Aidor Bah, Tierno Soufiane, qui ont tous trouvé la mort’’ explique-t-il.




Il en est de même que pour le cas de Lamine Diallo, Thierno Sadou Diallo, Baba Alimou, ces derniers aussi, il fallait coûte que coûte les impliquer dans cette affaire croyant que l’axe Hamdallaye Bambéto allait retrouver la paix, a-t-il poursuivit. ‘’Ces jeunes ont été humiliés, embastillés pour des raisons politiques’’, martèle-t-il.

‘’Ce dossier est vide. Il n’y a que des charges qui ont été parachutées de gauche à droite, il ne contient absolument rien et il manque d’intérêts. C’est du faux et de l’archi faux ! C’est du gros mensonge comme le mont Kilimandjaro’’, a déclaré l’avocat sur fond de colère.

Expliquant la genèse de cette affaire, maître Béavogui a soutenu que ce dossier a été monté de toutes pièces depuis la phase appelée de filature.

C’est le commissaire Fabou Camara qui en est le concepteur, le maçon et le manœuvre. Cet officier, déclare l’avocat, incarne le mal. ‘’Il s’est battu pour créer un service afin de faire du mal aux guinéens. C’est lui qui devait être là, c’est lui qui est à la base de l’amertume de nos clients. Je le dis, advienne que pourra. Il est venu témoigner ici avec un sourire qui cache mal une méchanceté mortelle’’, a indiqué maître Béa, avant d’enchainer ‘’c’est lui qui devait être arrêté dans cette affaire. C’est lui qui a monté ce faux dossier. Lorsqu’il l’a monté, il l’a fait parachuter au PM3. Une bonne partie de nos clients ont été arrêtés avant les faits’’, ajoute-t-il.

Il a dit ici que ‘’courant mai 2011, il a reçu des informations selon lesquelles, des militaires tiennent des réunions au domicile de dame Fatou Badiar qui était dans le veuvage. Cette commission extrajudiciaire qu’il a installée au camp Samory Touré, n’a pas pris soin d’alerter aucun juge, il s’est lancé dans la filature secrète au domicile de dame Diallo. Coincé ici, il n’a pas pu apporter des preuves’’, a laissé entendre l’avocat avant d’ajouter qu’ ‘’on ne peut pas construire le pays par des règlements de compte et en sacrifiant la vie des innocents’’.

Parlant toujours du commissaire Fabou, l’avocat rappelle qu’il a présenté des photos, des images à la barre, prises selon lui au domicile du Dame Diallo, mais le hic, fait remarquer maître Béa, aucune image de Mme Diallo, n’apparaît. ‘’ C’est du faux qu’il a mené, c’est lui qui a secrété ce dossier-là, et je regrette qu’il soit soutenu dans cette fausseté par le procureur général. Le général Kéléfa était l’une des personnes les plus régulières au domicile de Madame Fatou Badiar. Il fallait passer par là pour arrêter Commandant AOB et ses coaccusés’’, explique-t-il.

C’est un témoin qui est venu induire la cour en erreur, parce que c’est un témoin orienté et conditionné, dixit l’avocat.

Lieutenant Ousmane Koulibaly a été joint au téléphone par cette fameuse commission alors qu’il revenait de Mamou, il était l’un des proches du général Sékouba Konaté. C’est entre les mains de cette fameuse commission qu’il a trouvé la mort, s’est indigné l’avocat. Ajoutant que les armes présentées à la barre sont des armes recyclées, cherchées de gauche à droite pour mettre sur le dos de leurs clients.
Le second concepteur de ce dossier, est le commandant Abdoul Karim Barry (AKB), soutient-il. Expliquant les circonstances de la nomination de ce dernier à l’Eco 18 de Cosa, l’avocat révèle que c’est le général Ibrahima Baldé qui avait décidé de nettoyer la zone, c’est pourquoi commandant AKB a été nommé dans cette zone. Celui-ci, déclare maitre Béavogui, est un témoin qui est en train de sévir dans cette zone là. ‘’AKB est l’un de ceux qui ont monté ce dossier, il est l’un des violeurs de tous les droits de la défense et appuyé par le procureur’’, a accusé maître Béavogui, précisant que ‘’C’est AKB et ses hommes qui ont apporté les armes au domicile de Baba Alimou en escaladant le mur à 2 heures du matin. Baba Alimou a été attaché au poteau, les mains brisées, et il lui a été demandé de dénoncer AOB, madame Fatou Badiar. Tous ceux-ci étaient déjà dans le collimateur. Qu’il y ait eu attaque ou pas, ils allaient être arrêtés’’, dit-il sur un ton ferme. Puisque, pendant que Baba Alimou était au PM3, Almamy Aguibou, Mamadou Alpha, lieutenant Rambo, et Ousmane Koulibaly étaient au camp Samory. Dans ces contrefaits, il fallait trouver une situation pour trouver une jonction, a-t-il avancé.

Parlant de Jean Guilavogui, maître Salifou Béavogui a affirmé que le procureur général a lancé un mot à l’endroit de cet accusé, qui l’a blessé. William Fernandez aurait dit dans son réquisitoire, ‘’Jean Guilavogui est resté toujours dans son patois’’. En le disant, souligne l’avocat, il a blessé toute une communauté. ‘’Le Toma n’est pas une langue patoise, le procureur ne devait pas dire cela, ce sont des propos ethnocentriques, le procureur aurait du être poursuivit pour ethnocentrisme’’, déclare-t-il.

Attaquant la deuxième partie de sa plaidoirie, il a indiqué que les mêmes concepteurs de ce ‘’faux dossier’’ ont passé leur démarche en direction de M. Alpha Saliou Wann (poursuivit pour abstention délictueuse, ndlr) membre fondateur de l’Organisation Guinéenne pour les droits de l’Homme (OGDH) et de l’Union des Forces Démocratiques(UFD) en 1990. Ce sont eux qui ont informé M. Alpha Saliou Wann qu’un coup d’Etat se préparait. ‘’Pourquoi eux, n’ont pas été arrêtés ? S’interroge-t-il, ajoutant qu’il y a du deux poids deux mesures’’.

Il a été dit, poursuit-t-il, à la chambre d’accusation que le Chef de l’Etat a informé à la hiérarchie militaire notamment Général Kéléfa Diallo, qu’une attaque se préparait contre lui. Général Kéléfa avait aussi informé Général Boundouka, mais regrette-t-il, le procureur général n’a jamais voulu orienter les enquêtes vers eux.

Selon maître Salifou Béavogui, ‘’ce sont entre autres les méandres de cette histoire. Des personnes avaient été ciblées. Les arrestations n’ont été faites que pour des règlements de compte’’, souligne l’avocat, puis de rappeler certains des propos d’un de ses confrères qui a dit ‘’cette affaire est une purge ethnique. Comment comprendre le fait qu’il y ait parmi les accusés que des Diallo, Bah, Barry etc ?’’, s’est interrogé l’avocat.

Il a poursuivit en clamant l’innocence de ses clients, en s’appuyant sur le témoignage de l’équipe soignant d’AOB. ‘’ Le corps médical a confirmé que ce sont des éclats de grenades qui ont été extraits sur le corps d’AOB’’, a-t-il assuré. Puis de rapporter qu’on s’est acharné contre Dame Fatou Badiar Diallo. Parlant des supports sonores apportés par les témoins, il a estimé que ‘’ce sont des voix qui ont été colmatées ça et là contre nos clients. La voix qui a été entendu sur cassette, est contraire au contenu de son procès verbal’’, a-t-il affirmé.

Les audiences se poursuivront lundi prochain.

Affaire à suivre !

Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 31-May-2013 à 22:51:11  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S