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Attaque du 19 juillet: le long réquisitoire du procureur William Fernandez





CONAKRY-Le procureur général, William Fernandez a terminé son réquisitoire ce jeudi dans le dossier de l’attaque dont le domicile privé du président de la République le 19 juillet, 2011, à Kipé, a ssisté sur place Africaguinee.com.

Après son impitoyable réquisition d’hier contre Madame Fatou Badiar Diallo et le Commandant AOB, le procureur général a poursuivi son réquisitoire pour chacun des accusés.

Attaquant le cas de lieutenant Mohamed Komara dit Rambo, William Fernandez explique que ce dernier était constamment au domicile de dame Fatou Badiar. Poursuivant, il a souligné que l’accusé s’est empêtré dans des contrevérités en niant ses relations avec dame Fatou Badiar à la barre. ‘’Il a participé aux activités de préparation de l’attaque. Il a été montré dans une chambre de dame Fatou Badiar’’, rappelle le procureur.

Selon lui toujours, une fois M. Bah Oury vice-président de l’UFDG est venu avec des cartons de cigarettes au domicile de dame Fatou Badiar. Ces cartons, précise le procureur contenaient de l’argent. Toute cette équipe qui venait au domicile de dame Fatou Badiar a eu une partie de cet argent. Après cette explication, le procureur a demandé à la cour de retenir contre cet accusé, les faits de complicité, attentat contre l’autorité de l’Etat , assassinat, tentative d’assassinat, coups et blessures volontaires, détention illégale d’armes de guerre , destruction de biens privés, ethnocentrisme et régionalisme.

En suite, il y a Mamadou Aliou Barry interpelé le 18 janvier 2012 qui, selon le procureur a déclaré avoir été mis en contact avec une femme dont il ignorait qui est logée en ville auprès du Buffet de la gare. Dans l’entretien qu’il a eu avec cette dame, elle lui aurait dit qu’elle cherche des pickups parce qu’elle voulait changer le régime. D’après le procureur, cet accusé a reconnu devant les officiers enquêteurs, avoir rencontré la dame qu’il nomme X, deux fois en présence d’Ibrahima Idiatou. A en croire William Fernandez, l’avocat de M. Barry a reconnu en enquête de flagrance, que son client a avoué avoir eu des entretiens avec dame Fatou Badiar.
Mais devant la cour, poursuit le procureur, il a nié en disant que c’est le commissaire Tamba Diawara qui lui a fait un bourrage de crâne. Notamment en lui dictant des leçons à réciter devant le juge d’instruction. [IMG2]

Depuis que ce procès a commencé, les accusés n’ont fait que mentir, ajoutant que M. Barry a un petit nom enchaine l’avocat général, il s’appelle Badras, précise-t-il. Il aurait confié à un de ses codétenu qu’il sait, c’est vrai qu’ il a bien aidé Dame Fatou Badiar. Le jour de l’attaque, tout le groupe est parti à Kountia où ils ont mangé avant de quitter pour venir au domicile du président. Mais avant, précise le procureur, ils ont fait escale à Cimenterie, en laissant un groupe pour attendre le colonel Claude PIVI qui avait passé la nuit chez sa 2ème femme à Kountia, pour que si toutefois ce denier apprenait l’attaque, qu’ils puissent lui bloquer la route. Effectivement poursuit le procureur, quand il y a eu l’attaque, en quittant chez lui, PIVI a eu le flair ce jour, il a bifurqué en évitant le carrefour. Le procureur explique que c’est un codétenu de Mamadou Aliou Barry qui lui a confié cela. William Fernandez a demandé à la cour de retenir contre cet accusé les charges de complicité des faits reprochés à commandant AOB et dame Fatou Badiar, conformément aux dispositions de l’article 54 du code pénal.
Ensuite, il y a Alpha Alimou Barry, qui dit avoir accompagné ses amis Almamy Aguibou Diallo, Ibrahima et Mamadou Alpha chez une dame. Il a aussi déclaré avoir envoyé des condiments à Kountia pour les préparatifs de l’attaque. Selon le procureur, celui-ci également a contribué activement aux préparatifs de l’attaque, il a vu plusieurs fois dame Fatou Badiar et ses amis, déclare l’avocat général. Le procureur requiert de le retenir pour les faits de complicité, d’association de malfaiteurs, attentat contre l’autorité de l’Etat, assassinat, tentative d’assassinat, coups et blessures volontaires, destruction d’édifices privé , détention illégale d’armes de guerre, ethnocentrisme et régionalisme.

A côté, il y a aussi Ousmane Diallo, arrêté le 11 novembre 2011 suite à la dénonciation de Baba Alimou. Celui-là aussi, a, selon le procureur, reconnu devant les juges d’instructions appartenir à la même association que Baba Alimou. Cette association dénommée ‘’Touche pas à ma Constitution’’ elle a un but insurrectionnel. Cette association était armée, ‘’c’est une milice, une armée qui a été formée pour s’opposer à l’armée quand le coup d’Etat aura été perpétré. Il y a eu des listes de jeunes qui ont été recrutés sur l’axe Hamdallaye-Cimenterie à cet effet’’, a révélé le procureur. Comme ses prédécesseurs, William Fernandez a demandé à la cour de le retenir pour les faits de complicité, association de malfaiteurs, attentat contre l’autorité de l’Etat, assassinat, tentative d’assassinat, coups et blessures volontaires, détentions illégales d’armes de guerre.

Pour ceux qui sont poursuivit pour abstention délictueuse, le procureur demande l’application de l’article 102 du code pénal guinéen, des peines allant 5 à 10 ans. Il s’agit en premier lieu d’Alpha Saliou Wann qui selon le procureur, s’est inscrit dans la logique de négation des faits et de banalisation.

Or, précise l’avocat général, ce monsieur a déclaré devant les Officier de Police Judiciaire (OPJ) qu’il a rencontré une dame veuve par l’intermédiaire d’un certain Ibrahima. Cette dame aurait dit à M. Wann ‘’je ne suis pas satisfaite de la gestion actuelle du pays. Pour moi la solution possible est la prise du pouvoir’’, en réponse M Wann aurait dit ‘’ je pense que toute prise de pouvoir par la force sera condamnée et combattue par la communauté internationale. Je ne rentre pas dans une affaire qui sera condamné par la communauté internationale’’, a expliqué le procureur, qui ajoute que cette affaire est une histoire cousue de fils blancs, assure l’avocat général. ‘’Pourquoi nier ça aujourd’hui ? s’interroge-t-il en ajoutant que les accusés se sont trompés, car ‘’il (William Fernandez) tirera les conséquences de droit’’, tout en demandant à la cour de le retenir pour le délit d’Abstention délictueuse.
Dans ce groupe, il y a aussi lieutenant Lamarana Diallo. Rappelant les faits, le procureur indique ce dernier a reconnu devant les officiers enquêteurs que lieutenant Amadou l’a appelé, lui parlant d’un projet de coup d’Etat. Mais qu’il lui aurait répondu que ça ne l’intéressait pas. Il aurait ensuite informé capitaine Chérif Baldé qui commandait le Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées (BATA) . Pour le procureur, lieutenant Lamarana Diallo avait personnellement l’obligation d’informer les autorités. Pour cet accusé aussi, il a invité la cour de le retenir dans les liens d’abstention délictueuse.

Dans cette même catégorie, Il y a en outre capitaine Chérif Baldé, Ibrahima Sory Diallo, le procureur a demandé à la cour de les retenir tous pour le délit d’abstention délictueuse.

Après ce groupe, suivent ceux qui sont poursuivis pour détention illégale d’armes de guerre et de munitions. Il s’agit en premier lieu Thierno Sadou Bah qui a reconnu devant le pool des juges d’instruction avoir vendu trois armes à feu à Thierno Sadou Diallo, souligne le procureur. Mais à la barre, poursuit M. Fernandez, il a entretenu la confusion en disant que ce sont des fusils de chasse qu’il a vendu. ‘’Indubitablement, Tierno Sadou Diallo et Baba Alimou étaient informés de la finalité des armes, par contre Thierno Sadou Bah et Mamadou lamine Barry n’étaient guidés que par la recherche effrénée de gain illicite’’, a-t-il déclaré avant de requérir pour que cet accusé soit retenu pour le délit de détention illégale d’armes de guerre et de munitions, il en est de même pour Mamadou lamine Barry (marabout, ndlr) et Mamadou Makka Bah (forgeron handicapé).

Pour Souleymane Bah (assistant au cabinet de la présidente du CNT, ndlr), le procureur a indiqué que ce dernier a reconnu qu’il a été pris en possession avec un PA qu’il a acquis en 2007 pour sa propre protection. ‘’Je lui reproche de détenir une telle arme sans autorisation. Les débats ont prouvé qu’il n’a rien de commun avec Baba Alimou. Il s’est comporté dignement, il a été fidèle’’, fait remarquer le procureur tout en invitant à la cour de le retenir pour le délit de détentions illégale d’armes de guerre.

En ce qui concerne le Commandant Aboubacar Sidiki Camara alias Dé-Galle, (ancien aide de camp du général Sékouba Konaté, ndlr), William Fernandez a demandé à la cour de le retenir pour le délit de Détention et consommation de chanvre indien.

El Boubacar Diallo poursuivit pour rébellion. Selon le procureur, cet accusé a effectivement reconnu avoir vu un certain nombre d’armes dans le véhicule de Baba Alimou lors de son interpellation, rappelle le procureur. Il a nié les faits de rébellion en précisant que ce dernier aurait devant les OPJ qu’il voulait juste s’assurer qu’il s’agissait réellement des gendarmes qui étaient à la porte de sa cour, explique l’avocat général, tout en demandant à la cour de le retenir pour les faits de rébellion.

Il y a une catégorie contre laquelle, indique le représentant du ministère public qu’il n’a retenu aucune infraction. Il s’agit de : Colonel Sambarou Diamankan poursuivi pour abstention délictueuse, Capitaine Abdoulaye Diallo, accusé d’avoir saboter un char à PK40, Capitaine Amadou Sadio Diallo poursuivit pour abstention, Lieutenant colonel Mohamed Sow poursuivit pour complicité, Lieutenant Mamadou Yéro Diallo en service au BATA, Sous-lieutenant Mamadou Sadialiou Barry reproché d’avoir communiquer six fois avec lieutenant Amadou Diallo (tombé sur le terrain),Colonel Lancinet Doumbouya et le colonel Boubacar Alghassimou Barry. Pour ces accusés, William Fernandez a demandé à la cour, leur acquittement pur et simple.

Nous reviendrons sur les peines requises par le procureur pour chacun des accusés !

Diallo Boubacar 1
pour Africaguinee.com.


  Rubrique: Dossier du Jour  date: 30-May-2013 à 20:23:51  Partager:   :

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