
BAMAKO-Les principaux partis politiques maliens ont approuvé mardi le calendrier de l’élection présidentielle. Le premier tour a été fixé au 28 juillet, et un éventuel second tour le 11 août. Encore faut-il que les conditions soient réunies pour que le scrutin puisse se dérouler correctement, ce qui semble loin d’être le cas.
Plusieurs questions restent pour l’heure en suspens: comment faire voter les quelque 174.000 réfugiés? Comment assurer la sécurité du territoire pendant l’élection? Comment permettre aux habitants de Kidal (nord-est) de voter, alors que la ville est contrôlée par la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui refuse la présence de l'armée et de l'administration maliennes? Sans compter les aspects logistique et climatique, difficiles.
Des forces politiques divisées
Outre la faisabilité de l’élection, délicate, se pose la question du jeu politique au Mali. «Les forces politiques sont extrêmement divisées», souligne Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, en charge de l'Afrique. Une quinzaine de candidats se sont d'ores et déjà déclarés, dont les principaux poids lourds de la classe politique malienne, parmi lesquels les anciens Premiers ministres Ibrahim Boubacar Keita et Modibo Sidibé.
La question de l’inclusion du MNLA dans le jeu politique est elle aussi en suspens. «De nombreux Maliens sont réticents à cette idée parce que le MNLA a joué avec le feu», explique Philippe Hugon. C’est en effet ce groupe qui avait déclenché les hostilités dans le nord du Mali en janvier 2012, avant d'être évincé par des djihadistes et des membres affiliés à Al-Qaida. «Or, reprend le chercheur, il n’y aura pas de solution durable à la paix si les touaregs ne sont pas intégrés dans le jeu politique, même s’ils sont minoritaires dans le Nord.»
La France au premier plan pour soutenir le processus
L’approbation mardi de la date de la présidentielle coïncide avec la visite à Bamako du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, venu «faire un point d'étape détaillé» sur le plan démocratique et politique. La France a en effet tenu un rôle de premier plan pour fixer le calendrier de l’élection présidentielle. François Hollande avait déclaré en avril qu’il serait «intraitable» pour que ce scrutin ait lieu en juillet afin que le Mali se dote le plus rapidement possible d'un président légitime. L’actuel chef de l'Etat par intérim, Dioncounda Traoré, a été désigné à la suite du coup d'Etat militaire qui avait renversé le 22 mars 2012 le président élu, Amadou Toumani Touré, et précipité la chute du nord du Mali aux mains des groupes djihadistes.
Pour Paris, la tenue de l’élection présidentielle est une étape capitale pour pouvoir poursuivre le retrait des troupes françaises, qui traquent depuis janvier, aux côtés d'autres pays africains, les groupes islamistes armés liés à Al-Qaida dans le nord du Mali.
Quel que soit le vainqueur, le prochain président aura fort à faire pour remettre le pays sur pied. Il devra en particulier œuvrer à la reconstruction et la réconciliation nationales, reconquérir l’intégralité du territoire, lutter contre les djihadistes et relancer l’économie.
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  Rubrique: News Afrique  date: 29-May-2013 ŕ 09:26:06  Partager:   :  |