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Affaire du 19 juillet : la dernière phase du procès a commencé…





CONAKRY- La dernière ligne droite du procès des présumés auteurs de l’attaque qui a visé le domicile privé du Chef de l’Etat le 19 Juillet 2011 à Kipé, a été entamé ce lundi avec les plaidoiries de la partie civile, a assisté sur place Africaguinee.com.

Dans un long exposé qui a duré plus de 3 heures chrono, maitre Mory Doumbouya de la partie civile a touché du doigt le cas de chaque accusé dans ce dossier. Il a commencé sa plaidoirie en rendant tout d’abord un hommage aux hommes tombés le jour de l’attaque. Il a aussi remercie au nom du Chef de l’Etat, la communauté nationale et internationale pour la solidarité exprimé à l’endroit du président dans les heures qui ont suivi cette rocambolesque entreprise de déstabilisation des institutions républicaines, a-t-il dit.

L’avocat estime que dans ce dossier, la justice guinéenne a montré son indépendance, son impartialité, sa neutralité, mais aussi toute sa fermeté. Les accusés jouissant de la totalité de leur droit, ils n’ont pas été traités comme des damnés de la terre ou dans un goulag tropical. ‘’C’est ça les progrès de notre système judiciaire’’, s’est il réjouit, avant d’ajouter que ‘’certains accusés ont utilisé des gros mensonges comme le mont Kakoulima pour dire qu’on aurait violé certains de leur droit’’.

Selon maître Mory Doumbouya, les accusés savent qu’ils sont soumis au jugement du peuple, c’est pourquoi certains ont préféré dire tout sauf la vérité. ‘’La félonie a toujours été un art de défense des hommes criminels. Les accusés ont voulu joué à l’école de la dénégation systématique des faits’’, martèle-t-il dans un ton menaçant.

Poursuivant, il a déclaré que ‘’Ceux qui parlent de montage dans ce dossier, c’est parce que le Pr Alpha Condé n’est pas mort sur le coup. Ils voulaient qu’il reste sur le coup. Vous voyez cette façon et machiavélique de voir les choses ! il est évident qu’il y a eu complot et il est établi qu’il y a eu une grave tentative d’assassinat’’, indique-t-il.

Poursuivant il a évoqué le cas des accusés qui sont morts, il s’agit du lieutenant Amadou Diallo, Colonel Ablye Bah, Colonel Issiagha Camara, Thierno Soufiane Diallo.

L’avocat n’a pas oublié de rappeler qu’il y a des accusés en fuite, selon lui, ceux qui ont pris la poudre d’escampette pour franchir les rayons savent pourquoi ils ont fuit ; ‘’qu’ils reviennent, nous allons les cribler de charges redoutables, parce que nous avons la puissance du verbe’’, a-t-il menacé. Il s’agit de : lieutenant Mamadou Bobo Diallo, Emile Guilavogui, Lamine Diallo, Bah Oury vice-président de l’UFDG, Ablaye Manè. Maitre Doumbouya explique que ‘’la fuite est une présomption de culpabilité’’, dit-il. Pour ces derniers, il a demandé à la cour d’appliquer les dispositions de l’article 564 et suivant du code de procédure pénale traitant de la procédure de contumace.

Pour les accusés qui sont poursuivis d’attentat contre l’autorité de l’Etat, assassinat, tentative d’assassinat, coups et blessures volontaire, destruction de biens mobiliers privés, ethnocentrisme et complicité. Eux, ce sont les articles 269 et suivant, 282 et suivants, 295 et suivants ; 487 ; 138 et suivants du code pénale qui traite de la question. Selon lui, il y a une panoplie de faits répréhensibles imputés aux accusés.

Pour maitre Mory, il y a les acteurs principaux présents, ils étaient dans la fumée et le crépitement des armes. Il s’agit du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo et Jean Guilavogui. Avant de poursuivre, il a fait lecture de l’article 6 du code pénale qui dispose qu’ ‘’en cas de conviction de plusieurs crimes ou délits, la peine la plus forte est prononcée’’. L’article 86 du code pénale alinéas 3 ‘’l’attentat dont le but aura été de détruire pour changer le régime constitutionnel soit d’obtenir par des moyens illégaux le remplacement des autorités, ou à faire violence contre l’autorité de l’Etat, soit à porter atteinte à l’intégrité du territoire national, sera puni de la réclusion criminelle à perpétuité’’, a cité Me Mory, avant de poursuivre, l’article 91 du même code dispose que ‘’lors que l’une des infractions prévues dans l’article 86, 88, 89 et 90 ou à moitié exécuté simplement avec usage d’arme, la peine sera la mort’’. c’est pourquoi explique l’avocat, en matière de coup d’Etat, c’est la peine de mort, parce que celui qu’on vise c’est pour l’assassiner.

Selon maitre Mory Doumbouya, AOB est Bob-Dinar du complot contre le Président de la République. ‘’Même en le voyant, on sent qu’il est plus dangereux qu’on ne le croit. Cette attaque n’est que le plan écourté de ses velléités subversives’’, accuse-t-il, avant d’enchaîner en indiquant qu’AOB voulait préparer une rébellion contre le pays, car précise-t-il, AOB avait des projets de commande d’Avions A32, des fusils auto projetables, des véhicule de combats, des véhicules de transports blindés avec des prix exprimés en dollars. Pour maitre Doumbouya, cet accusé a toujours abreuvé la cour de contrevérités. Pour preuve, selon lui ‘’ au cours du transport, il a changé de version à une vitesse volcanique de 18000km à l’heure. Personne ne peut me dire que le Cdt AOB n’avait pas de velléités subversives. Il a trahi la nation, c’est une haute trahison en tant que militaire. Sa participation dans les faits incriminés est avéré’’, rapporte l’avocat.

Pour le cas de Jean Guilavogui, l’avocat soutient que les habits qu’il portait montrent qu’il allait dans des activités criminelles. Il a été gravement blessé dans le champ de bataille, laisse-t-il entendre. Son frère Emile Guilavogui qui l’aurait contacté est en fuite. ‘’Vous avez voulu détruire l’Etat, la participation de Jean aux faits incriminés est suffisamment établi’’, explique-t-il.

La deuxième catégorie est celle des complices. La complicité rappelle-t-il résulte des dispositions 150 du code pénale.

Il s’agit de Madame Fatou Badiar Diallo, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo, sous-lieutenant Youssouf Diallo, Alpha Alimou Barry, sous lieutenant Mohamed Komara dit Rambo.
Selon l’avocat, Mme Fatou Badiar est la reine du complot, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo, Alpha Alimou Barry sont les ouvrières, sous lieutenant Mohamed Komara (Rambo) est le faux bourdon. ‘’La reine a toujours été protégée et escortée par les ouvrières et le faux bourdon. Nous avons beaucoup de respect pour les femmes, mais en Guinée, elle est la seule à s’être enrôlée dans de complots de ce genre. Comment pouvez-vous accepter d’organiser des complots pour aller tuer les enfants des autres. C’est criminel !’’, déclare-t-il.

Almamy Aguibou qui a fait louer des pickups au compte de Mme Fatou Badiar, fait-il remarquer, avant d’ajouter que ‘’Mirandji, c’est le langage codé des armes en Poular’’, soutient-il. Mamadou Alpha a effectué des voyages sur Boffa au compte de Mme Fatou Badiar pour contrôler les activités du Commandant AOB.

La deuxième catégorie de complices poursuit maître Doumbouya, est le Capitaine Abdoulaye Diallo dit Koto Dalein, colonel Mohamed Sow, capitaine Amadou Sadio Diallo, lieutenant Mamadou Yéro Diallo. Pour ces derniers, l’avocat a plaidé pour leur relaxe ‘’ leur responsabilité est si moindre qu’il n’y a pas lieu de les retenir davantage’’, a-t-il lancé à l’endroit de la Cour.

La troisième catégorie concerne, Capitaine Mamadou Adama Mara, directeur du sanctuaire des assaillants, il tait si introduit dans cette bande de criminel qu’il savait même ceux qui étaient prédestinés à être président si le coup réussissait. La quatrième catégorie est spécialisée dans la vente et la distribution d’armes de guerre fulmine maitre Mory Doumbouya. Il s’agit de : Baba Alimou Barry, Tierno Sadou Diallo ; Mamadou Makka Bah, pour ceux-ci, l’avocat n’a pas plaidé de peine, il dit laisser à l’appréciation de la cour. Pour le cas Souleymane Bah dit général, l’avocat, a demandé la clémence de la cour en sa faveur.

Ceux qui sont poursuivis pour abstention délictueuse, lieutenant Mamadou Lamarana Diallo, lieutenant Ibrahima Sory Diallo, Alpha Saliou Wann, Mamadou Aliou Barry, il a plaidé aussi pour leur relaxe. Il en est de même pour Lancinet Doumbouya, colonel Alghassimou Barry, Mamadou Sadialiou Baldé, colonel Sambarou Diamankan. ‘’Nous pensons qu’il n’y a pas lieu de les retenir davantage’’, a-t-il lancé.

En ce qui concerne le commandant Aboubacar Sidiki Camara dit dé-gaulle poursuivit pour consommation de chanvre indien, il a demandé à la cour de statuer sur son cas en vertu de 377 du code pénale sur les cas de drogue.

El hadj Boubacar Diallo poursuivit pour Rébellion dans cette affaire, l’avocat a déclaré que son interpellation est liée aux activités criminelles de son beau frère Baba Alimou. ‘’il vous appartiendra de voir sur la base d’une condamnation ou d’une exemption de peine selon votre propre conviction’’, a-t-il déclaré. Affaire à suivre !

Les audiences se poursuivront demain à partir de 9 heures à la cour d’appel de Conakry.

Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com.

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 27-May-2013 à 21:15:39  Partager:   :

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