Detail de la News

Massacre de septembre 2009 en Guinée: premiÚre inculpation pour viol





CONAKRY-Un gendarme guinĂ©en a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et inculpĂ© pour viol en 2009 dans un stade de Conakry oĂč une centaine de femmes avaient Ă©tĂ© violĂ©es par des forces de sĂ©curitĂ©, ont annoncĂ© mardi deux ONG, se fĂ©licitant de ce "signal fort" de la justice.

Le gendarme a été inculpé et placé sous mandat de dépÎt le 30 avril à Conakry et entendu mardi sur le fond par les juges, indiquent dans un communiqué la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH).

"Nos organisations se félicitent de cette décision judiciaire qui constitue une avancée importante dans ce dossier, s'agissant du premier acte judiciaire de cette nature concernant un auteur des violences sexuelles commises massivement au stade de Conakry le 28 septembre 2009", indiquent les deux ONG.

Selon un rapport de la Commission internationale d'enquĂȘte de l'ONU, au moins 109 femmes avaient Ă©tĂ© violĂ©es au stade ou dans les environs. Certaines avaient Ă©tĂ© emmenĂ©es de force dans des camps militaires ou des rĂ©sidences privĂ©es pour ĂȘtre soumises Ă  l'esclavage sexuel pendant plusieurs jours, selon ce rapport.

Le gendarme, soupçonnĂ© d'avoir "avec deux autres Ă©lĂ©ments de la gendarmerie, violĂ© une femme dans l'enceinte du stade", a pu ĂȘtre arrĂȘtĂ© grĂące au tĂ©moignage de la victime.

CitĂ©e dans le communiquĂ© de la FIDH et de l'OGDH, elle dit espĂ©rer "que la justice ira au bout, pour que toutes celles qui ont subi le mĂȘme sort puissent sortir du silence et ĂȘtre enfin reconnues dans leurs droits".

"Aujourd'hui, grùce au courage d'une femme qui est allée dire aux juges ce qu'elle avait subi au stade, et à l'action du collectif d'avocats des victimes qui l'a accompagnée, un signal fort est envoyé par la justice à ceux qui ont commis ces crimes", a déclaré Thierno Sow, président de l'OGDH.

Selon Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, "un pas important" a été franchi "qui ne peut qu'encourager les victimes en attente de justice".

Les Ă©vĂšnements du 28 septembre dans le stade de Conakry oĂč Ă©taient rassemblĂ©s des milliers d'opposants avaient eu lieu alors que la GuinĂ©e Ă©tait dirigĂ©e par une junte militaire menĂ©e par le capitaine Moussa Dadis Camara, contraint de quitter le pouvoir deux mois plus tard.

Outre les viols, au moins 157 peronnes avaient été tuées et 84 sont portées disparues.

Un comitĂ© national de juges a Ă©tĂ© nommĂ© pour enquĂȘter sur le massacre et six militaires ont Ă©tĂ© inculpĂ©s pour des crimes autres que les viols, mais il n'y a pas encore eu de procĂšs.

La FIDH et l'OGDH, parties civiles dans cette affaire, encouragent "les autorités guinéennes, judiciaires et politiques, à poursuivre leurs efforts engagés dans la lutte contre l'impunité et à soutenir les magistrats instructeurs en charge de ce dossier".

"Le jugement de tous les responsables des crimes perpétrés le 28 septembre 2009 constitue un élément crucial pour l'établissement de la vérité et de la justice pour les victimes, mais aussi pour combattre le fléaux de la violence politique, récurrente en Guinée", selon les deux organisations.

Elles "demeurent ainsi trÚs préoccupées par la situation qui prévaut à Conakry, à quelques semaines des élections législatives prévues le 30 juin, et du regain de violence qui a marqué les manifestations 'de l'opposition) des derniÚres semaines" qui ont donné lieu à des violences meurtriÚres.

AFP

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 08-May-2013 à 09:38:11  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S