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Affaire du 19 juillet : Un officier de la présidence de nouveau à la barre !





CONAKRY- Après une semaine de suspension, les audiences dans l’affaire de l’attaque de la résidence privée du président de la République ont repris ce matin à la cour d’assises de Conakry. C’est le commandant des investigations judiciaires, Tamba Gabriel Diawara qui a été entendu de nouveau par la cour, a assisté sur place Africaguinee.com.

En effet cet officier de la gendarmerie comparait à titre de témoin dans cette affaire. Ce matin, il s’est prêté aux questions des avocats de la défense. Répondant aux observations faites par Maitre Traoré, qui a souligné que ‘’Les déclarations faites à la barre par les accusés sont complètement différentes de celles contenues dans les Procès Verbaux établis lors de l’enquête préliminaire’’, le commandant Gabriel affirme que son ‘’service a fait son travail et a rendu compte au procureur. C’est lui qui a l’opportunité des poursuites’’. Selon lui, les accusés ont eu tout le temps de dire le contraire de ce qu’ils ont dit lors de l’enquête préliminaire.

Maitre Salifou Béavogui, un autre avocat de la défense a relevé quant à lui, que leurs clients ont subi des scènes de tortures, des menaces et des violences durant les enquêtes. “C’est dans des conditions difficiles que les aveux ont été extorqués à leurs clients“ a-t-il lancé.
Revenant sur le cas spécifique de Baba Alimou, l’avocat a demandé au témoin dans quel état était-il lorsqu’il l’a reçu ? Face à cette question, le témoin a indiqué qu’il n’a pas de réponse à donner.
Par rapport aux actes de torture, le commandant des services d’investigation judiciaire souligne que ni son éducation, ni sa formation religieuse ne lui permet d’infliger des actes abominables, dégradants à quelqu’un. ‘’Ce n’est pas ça ma mission’’, a-t-il déclaré.

En réaction à cette réponse apportée par le témoin, l’avocat rappelle que son client, Baba Alimou a été arrêté, blessé, et que c’est dans ces conditions que commandant Gabriel l’a reçu et attaché à un poteau durant des jours.

Le témoin n’a pas voulu commenté cette accusation de l’avocat, toutefois, il a confirmé que Baba Alimou était porteur de sept armes, et il a reconnu les faits.

Selon Maitre Béavogui ‘’Tout ce qui a été fait durant l’enquête préliminaire a été irrégulièrement établi. C’est une contrevérité de dire que Baba Aliou était en possession d’armes. Baba Alimou a été auditionné dans des conditions inhumaines et dégradantes pendant deux mois’’, a martelé l’avocat.

Revenant sur le cas du commandant Alpha Oumar Boffa Diallo alias AOB, le témoin a indiqué que ce dernier a été interrogé à sa présence, et qu’il détient les cassettes de son audition. Version qu’a réfuté, l’avocat qui a soutenu que ‘’le commandant AOB est resté deux semaines dans le coma, il n’a jamais été entendu par la gendarmerie. Et il n’y a jamais eu d’enquête de flagrance, il a été plutôt entendu par le juge d’instruction et même là-bas, son client n’était pas en bon état’’ tempête-t-il.

En réaction à cette déclaration, le témoin a balayé d’un revers de la main les affirmations de maitre Béa. Commandant Tamba Gabriel a persisté et signé que le commandant AOB a été bel et bien entendu par son service.

Interrogé sur les 983.000 francs guinéens qu’il aurait retiré des mains de Mme Fatou Badiar, le directeur des investigations judiciaires souligne qu’il a été ulcéré quand il a entendu cette accusation portée à son encontre. ‘’j’ai été ulcéré, diffamé. Cette dame, m’a demandé de l’argent. Ces 100.000 gnf que je lui ai donné, c’est gratuit, l’argent qu’elle réclame haut, je m’inscris en faux’’, répond le témoin. Qui ajoute qu’il ne tomberait aussi bas pour huit cent mille ou neuf cent mille francs guinéens.

Poursuivant son interrogatoire, l’avocat fait d’abord remarquer au témoin et à la cour qu’il y a une dizaine de dossiers qui n’ont pas été signés par les personnes entendues. Face à ce disfonctionnement dit-il, il a déduit que les droits des présumés accusés n’ont pas été respectés durant leurs auditions. Mme Fatou Badiar n’a jamais financé cette attaque, a poursuivit Me Béa.

D’après lui, le témoin ne peut simplement se limiter à des déclarations, il faut fournir les preuves, ne serait-ce qu’un compte bancaire a-t-il lancé. ‘’Un enquêteur ne peut pas s’abriter derrière une cassette. Elle est nulle est non effet. C’est trop banal de brandir une cassette comme preuve au 21ème siècle’’, estime Maitre Salifou Béavogui.

Les audiences se poursuivront demain mardi à 9 heures.

Diallo Boubacar 1
Pour AFRICAGUINEE.COM

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 06-May-2013 à 20:26:20  Partager:   :

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