Detail de la News

Affaire du 19 juillet : Les avocats de la défense menacent…





CONAKRY- Les avocats de la défense dans le dossier de l’attaque du 19 juillet n’excluent pas d’entreprendre des actions judiciaires contre les officiers qui se seraient rendus coupables d’actes de tortures à l’endroit de leurs clients durant l’enquête préliminaire, a appris Africaguinee.com.

Dans ses observations ce matin après avoir fini d’interroger le témoin commandant Gabriel Tamba Diawara, maitre Salifou Béavogui a déclaré que ‘’les enquêtes de flagrance ont été très mal menées dans ce dossier. Elles ont été effectuées sous forme de torture. Or, la torture n’est pas une forme appropriée pour mener des enquêtes’’, a-t-il laissé entendre, ajoutant qu’il n’y a plus de doute que leurs clients ont été victimes d’un traitement inhumain et dégradant.

‘’Cela nous amène à entreprendre par voie de saisine, le moment venu, prendre des dispositions’’, a menacé l’avocat. Avant que cette responsabilité ne soit engagée, poursuit-il, ‘’nous demandons au procureur de retirer l’habilitation du commandant Tamba Gabriel Diawara, parce que, dit-il, il a traumatisé nos clients, il les a mené comme il le veut’’, a-t-il sollicité.

La réaction de la partie civile ne s’est pas fait attendre! Prenant la parole, Maitre Mory Doumbouya a indiqué que ‘’nous estimons que c’est trop de dire que les dossiers que la cour est en train de juger sont fondés sur des tortures, cela est de trop’’, réplique-t-il. ‘’N’acceptons pas que les ennemis de la démocratie utilisent les acquis de la démocratie comme la démocratie’’, ajoute l’avocat allégoriquement.

Selon maitre Doumbouya, la stratégie de la défense vise à polariser l’attention des organisations de défense des droits humains sur ces ‘’tortures’’ et préparer l’opinion pour pouvoir crier au scandale après.

‘’Je ne comprends pas pourquoi en permanence et à tout moment on revient sur les mêmes questions pour discréditer notre justice. Remettre en question tout ce qui est fait par les Officiers de Police Judiciaire. Pour nous le commandant Gabriel est un bel exemple. Aller jusqu’à demander au procureur de retirer au commandant son habilitation, nous estimons que c’est une provocation et à la limite un outrage’’, martèle maitre Mory Doumbouya.

‘’Cette demande parait vexatoire et inutile’’, a renchéri Maitre Maurice Lamey Lamano de la partie civile.

Pour sa part, le Procureur général a accusé les avocats de la défense de vouloir essayer de déplacer le débat. Selon lui, toutes les questions qui ont été posées aujourd’hui, sont toutes des questions de procédure.

Revenant sur la demande formulée par la défense, sa réponse est sans ambigüité. ‘’Qu’on ne me demande pas de retirer l’habilitation du commandant. Son témoignage est édifiant, clair, net. C’est un officier digne, responsable et respectable. Si ça tenait qu’à moi je lui aurais augmenté de grade’’, précise William Fernandez.

Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire de maitre Béavogui. Selon lui, ‘’il y a connivence entre la Direction des Investigations Judiciaires, le ministère public et la partie civile. Cela est une honte !’’, fulmine l’avocat. Avant d’ajouter que ‘’C’est pourquoi ils (la partie civile et le ministère public, ndlr) veulent qu’on passe l’éponge sur les cas de torture’’, estime-t-il.

Affaire à suivre…

Diallo Boubacar 1
Pour AFRICAGUINEE.COM



  Rubrique: Dossier du Jour  date: 06-May-2013 à 19:27:31  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S