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Marche du 25 avril : Cellou Dalein lance un appel à la communauté internationale…





En marge de leur manifestation, le chef de file de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle regarde la dimension politique de la crise guinéenne, et de veiller à ce que le dialogue s’ouvre dans les conditions initialement prévues, a suivi sur place Africaguinee.com

Voici l’intégralité de son message…


…Je voudrais lancer un appel à la communauté internationale pour lui demander de cesser de s'emmurer derrière des questions politiques pour voir toute la dimension politique de la crise guinéenne, de veiller à ce qu'un dialogue s'ouvre dans les conditions initialement acceptées par le pouvoir et l'opposition. C'est autour de la table que nous allons décider de l'opérateur qui fera la révision. C'est autour de la table qu'on se mettra d'accord des conditions de fonctionnement de la CENI (commission électorale nationale indépendante, Ndlr) parce qu'elle fonctionne mal. C'est autour de la table qu'on se mettra d'accord sur un chronogramme fixant la date des élections. On ne peut pas, de manière unilatérale et souvent illégale, décider et imposer au peuple de Guinée le diktat de M. Alpha Condé. Le peuple de Guinée a montré aujourd'hui que cela est inacceptable.

Nous n'avons pas demandé l'impossible mais nous avons demandé le dialogue pour qu'on confronte nos points de vue et les arguments qui soutiennent nos positions respectives afin qu'en guinéens, en frères et en toute responsabilité qu'on trouve le consensus et qu'on puisse consolider l'unité nationale pour promouvoir la fraternité.

…je voudrais vous féliciter pour cette grandiose mobilisation de ce matin qui est un message fort adressé à l’opinion nationale et internationale. Mais c’est surtout un message adressé à monsieur Alpha Condé, et je garde l’espoir qu’il va pouvoir le déchiffrer, le comprendre et prendre les dispositions qui s’imposent.
Le peuple de Guinée a montré aujourd’hui encore qu’il est déterminé à mener le combat pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays, vous avez montré encore que vous êtes déterminés à vous battre pour la préservation de la paix dans notre pays. Vous avez montré encore que vous êtes attachés à l’unité nationale. Une nation qui reconnait les citoyens guinéens, qui va œuvrer pour le respect de leur dignité et pour l’instauration d’une véritable fraternité. Je me réjouis d’autant plus qu’on m’avait dit que les jeunes de Ratoma étaient achetés, j’ai appris que des montants importants leur avaient été remis. Ecoutez, on m’adit que ces jeunes ont été achetés parce que l’Etat investit beaucoup de milliards, des ministres ont fait le tour des quartiers, mais les jeunes de Ratoma m’ont rassuré que même s’ils reçoivent de l’argent, ils le boufferont, mais ils resteront toujours avec l’opposition. Vous m’avez rassuré que vous ne combattez pas pour l’argent, mais pour un certain nombre de valeurs qui sont chères : la démocratie, la citoyenneté, la dignité et la sécurité. Nous voulons d’un pays normal. Un pays où l’Etat reconnait ses citoyens, et garantis sa sécurité et sa dignité. Mais malheureusement depuis que Alpha est au pouvoir, le pays est divisé, la Guinée est divisée…par la politique d’exclusion de son gouvernement. Malheureusement depuis que M. Alpha Condé est au pouvoir, la Guinée est divisée par la politique d'exclusion quotidiennement pratiquée par son gouvernement. Aujourd'hui, les citoyens, pour jouir de leur droit, il faut être militant du RPG-Arc-en-ciel. Ce n'est pas normal. Je sollicite les jeunes de Bambéto en particulier et les jeunes de Ratoma en général parce que j'avais quelques inquiétudes malgré les assurances.

Je sais que vous avez été démarchés et intimidés. On a essayé de vous corrompre, mais vous avez dit non. L'opposition républicaine est fière de vous. L'Afrique est fière de vous parce que vous êtes dans tous les combats pour l'instauration de la démocratie et de l'Etat de droit en Guinée. N'acceptez pas les intimidations et la corruption. M. Alpha Condé nous impose un combat qui n'était pas utile parce qu'il y avait des solutions, c'est de rassembler tous les fils de ce pays, se montrer comme le président de tous les guinéens par le dialogue et la concertation, aplanir les divergences, aller à des élections inclusives, libres et transparentes dans un climat impossible. Je pense que ceci n'est pas une chose impossible.

Nous avions défini déjà avec le gouvernement un cadre qui met en présence le pouvoir et l'opposition. Nous avons déjà accepté de réduire le dialogue à deux groupes, le pouvoir et l'opposition qui ont des divergences. Nous avons défini le cadre. Nous avons sollicité et accepté la communauté internationale à travers le secrétaire général des Nations Unies pour qu'il nous aide à trouver une équipe de médiation en vue d'aplanir nos divergences et d'aller à des élections libres et transparentes dans un climat apaisé, dans la fraternité et la convivialité. Nous avions tout réuni. M. Ban-Ki-Moon, Sidya l'a rappelé, a désigné une équipe dirigée par M. Saïd Djinnit pour venir aider les guinéens à quitter la rue et l'affrontement, qu'ils soient à la table des négociations, pour trouver solution aux problèmes qui les divisent afin que les guinéens aillent aux élections dans la paix, dans l'unité, dans la convivialité.

Alors que toutes les conditions étaient réunies, M. Alpha Condé, au lendemain de la désignation du facilitateur des Nations Unies, à la veille de l'ouverture du dialogue, il a dit qu'il ne veut pas de dialogue, il a pris un acte. Il dit que c'est lui qui décide de tout, de l'opérateur, du vote des guinéens de l'extérieur, de la date des élections. Qu'il ne discute avec personne. Est-ce acceptable ?

La semaine prochaine, tout Conakry sera sur l'Autoroute. Alors, je voudrais profiter de cette opportunité. Aujourd'hui, nous avons mobilisé près d'un million de manifestants. La semaine prochaine, tout Conakry sera dans la rue parce que nous n'accepterons pas. Il faut que cela soit clair. J'ai dit tout à l'heure au nom de l'opposition guinéenne, qui regroupe plus de 80 pour cent de l'électorat guinéen.

Ils (le pouvoir ndlr) ont choisi Bambéto parce qu'ils étaient sûrs de vous avoir achetés, alors, je vous lance un appel. Soyez prêts, parce que la semaine prochaine, la prochaine marche, il faut que l'effectif d'aujourd'hui soit redoublé. On est arrivé à près d'un millions de manifestants aujourd'hui. Parce que tant que le dialogue ne s'ouvrira pas, pour qu'ensemble nous décidions, il faut que vous soyez prêts. Encore une fois, je félicite la jeunesse, les femmes, vous avez tout donné. Vous avez marché 15 kilomètres pour montrer à quel point vous êtes attachés à nos valeurs. Et la prochaine marche sera sur l'Autoroute. Savez-vous pourquoi ils ont dit Bambéto ? Parce qu'ils étaient sûrs d'avoir acheté les jeunes de Bambéto et qu'il n'y aurait personne dans la rue. Mais aujourd'hui, je pense qu'ils ont compris que tel n'est pas le cas. La prochaine marche sera sur l'Autoroute. Et ils nous laisseront marcher…

Propos recueillis par Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Politique  date: 25-Apr-2013 ŕ 19:57:16  Partager:   :

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