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Crise à Friguia : 92% des travailleurs reconnaissent leur “responsabilité“…





CONAKRY- En début de cette semaine une forte délégation des travailleurs de l'usine Friguia est venue à Conakry pour faire leur mea–culpa devant la direction générale de Rusal-Guinée, a-t-on appris mercredi de source fiable.

D’entrée de jeu David Camara DGA de Friguia à la tête de la délégation a expliqué le but de leur présence dans les locaux de Rusal. « Nous sommes venus au nom des travailleurs de Friguia et du Port Friguia pour vous dire que nous avons tiré les leçons de cette crise et nous avons reconnu notre passivité dans le déclanchement de cette grève illégale. A cet effet nous venons vous présenter les excuses et vous rassurer de notre ferme détermination à ne plus replongée l’usine et la ville de Fria dans une situation semblable à celle que nous vivons depuis plus d’un an maintenant ».

Pour lier l’acte à la parole, la délégation est venue avec une pétition signée par 92% des travailleurs de Rusal-Friguia dont la teneur est la suivante:
« Nous travailleurs de RUSAL/FRIGUIA prenant acte de tout ce qui précède et conscient du fait que notre indifférence et notre attentisme ont contribué a faire perdurer la crise malgré quelque bonne volonté manifestée çà et là notamment par la commission de l’encadrement, les femmes travailleuses, les associations féminines, les religieux et les coordinations régionales de FRIA.C’est pourquoi nous saisissons cette opportunité pour solliciter de notre employeur TOLÉRANCE ET PARDON pour tout le manquement fait au cours de cette crise. En conséquence, nous travailleurs de RUSAL/FRIGUIA, nous nous engageons à observer avec rigueur le règlement intérieur, les règles de disciplines générales au sein de l’entreprise, à contribuer au maintien d’un climat de paix et de quiétude à tous égards au sein de l’usine et dans la cité»

Parlant de l’état actuel de l’usine David Camara poursuivra en ces termes « Nous comprenons bien la situation difficile, l’usine est vieille, elle est agonisante pour ne pas dire morte, moi j’ai même peur quand je pense à ce qu’ il faut faire pour la sauver et la réanimer ».

Abondant dans le même sens, Jo Niankoi d’ajouter : « La crise de Friguia perdure pendant un an, un an est largement suffisant pour bien réfléchir et comprendre la situation réelle, nous avons désormais une nouvelle lecture de la gestion de l’usine».

L’on se souvient qu`en 2011-12, les autorités de Rusal ont fait des efforts pour amener le collège syndical à la raison et sauver l’entreprise. D’explications en explications avec tableaux à l’appui elles ont tenté de démontrer que le secteur traverse une crise. L’usine qui est vieille n’enregistre que des pertes et que le moment est mal choisit pour une quelconque réclamation.
Cette prise illégale de la gestion de l`usine par le collège syndical en avril 2012 a fait subir à la compagnie d’énormes pertes matérielles et financières et plongé les travailleurs et la population dans une situation difficile.

Aujourd’hui les travailleurs de Friguia ont tiré toutes les conséquences, ils ont compris que l’essentiel est de sauver d’abord le travail et l’usine en maintenant un climat de dialogue et de paix dans la cité.

Après un arrêt de plus d’un an de l’usine Friguia, Rusal compte auditer techniquement et financièrement l’usine afin d’évaluer la situation réelle et éviter des conséquences imprévisibles. Le rapport final de l’audit permettra d’examiner les possibilités de relance de Friguia.

Faut-il rappeler que même pendant cette période d’arrêt de fonctionnement de l’usine, Rusal a toujours continué à débloquer des fonds pour assurer la fourniture de l’électricité et de l’eau aux populations de Fria.

L’usine étant non productive actuellement il est point question de parler de salaire, mais toujours est-il que les autorités de Rusal feront une fois encore preuve d’humanisme à part égal à l’endroit des travailleurs de Friguia en leur apportant une assistance financière en attendant d’examiner les possibilités de relance de l’usine.

En somme la délégation des travailleurs de l’usine Friguia et les autorités de Rusal se sont parlées sans langue de bois. Aujourd`hui, tout porte à croire selon les représentants des travailleurs qu’ une autre grêve ne paralysera à jamais les activités de l’entreprise dont les 120 mille habitants de la ville de Fria dépendent.

AFRICAGUINEE.COM



  Rubrique: SociĂ©tĂ©  date: 24-Apr-2013 ŕ 17:03:16  Partager:   :

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