
CONAKRY- Pendant que l'opposition et le pouvoir continuent leur bras de fer, la population guinéenne est partagée entre l'amertume et l'espoir, c'est du moins ce qui ressort de notre micro-trottoir réalisé ce dimanche.
S'il est vrai que la crise politique est au centre des discussions, il n'en demeure pas moins que la principale préoccupation des guinéens reste la satisfaction de leurs besoins les plus élémentaires.
Ainsi, en parcourant certains quartiers de la capitale Conakry, nous avons discuté avec quelques citoyens principalement des jeunes. Nonobstant les considérations politiques, la plupart de nos interlocuteurs se posaient la question de savoir " à quand la fin de cette crise à répétition" à peu près dans les mêmes termes.
Entre deux gorgées de thé, T.M estime que les politiques sont entrain d'afficher leur incapacité à transcender leurs divergences pour trouver ensemble des solutions pour le pays: " Ces politiciens sont entrain de nous prendre en otage ici, comme si ce pays n'appartenait qu'à eux-seuls" lance -t-il très révolté. Même son de cloche chez M.C "franchement, on en a marre, on pensait que le pire était derrière nous, mais là on ne sait plus quoi dire" glisse désolément ce père de deux enfants au chômage.
Autre quartier, même ambiance morose, cette fois-ci, c'est une enseignante, la quarantaine à vue d'œil qui attira notre attention: « à dire qu'ils ont tous fait des études, ils auraient pu discuter en intellectuel (...) un civil ne doit pas agir comme un militaire" dit-elle pendant qu'elle fait des tresses pour une fillette. Dans la même logique, un gérant de cybercafé exprime ses inquiétudes sur les dangers qui planeraient sur la Guinée: " à cette allure, on craint une immixtion de l'armée dans le débat public, si les acteurs politiques ne trouvent pas un compromis, en ce moment on reviendrait à la case départ" déplore ce diplômé en Administration des affaires" à l'Université de Nongo-Conakry.
Par ailleurs Monsieur T, ingénieur agronome à la retraite est plutôt optimiste quant au dénouement heureux de cette crise politique: " vous savez, en politique, c'est comme dans un foyer ou dans une famille, on peut se disputer mais on finira toujours par s'entendre" nous dit-il avant de commencer ses ablutions pour la prière du crépuscule.
Ahmed Tounkara
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 22-Apr-2013 ŕ 01:02:19  Partager:   :  |