
CONAKRY- Pourquoi les autorités guinéennes à travers le gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resko Camara ont exigé de l’opposition un changement d’itinéraire de sa marche de ce jeudi 18 avril 2013 ? Y’avait t-il un risque réel d’affrontements entre les manifestants et certains groupes de jeunes ?
De l’avis de plusieurs responsables au niveau de la sécurité, cette décision du pouvoir de Conakry est hautement salutaire compte tenu des violences qu’on a connues lors de la dernière marche de l’opposition sur ce même axe. Selon le commandant Mamadou Alpha Barry, officier de communication du haut commandement de la gendarmerie nationale, direction de la justice militaire, il y avait des “ risques très élevés d'affrontements entre les manifestants et les riverains sur l'autoroute fidel catro“. Le commandant Barry a ensuite évoqué le “non respect de la consigne donnée aux marcheurs, à savoir, rester sur un seul côté de l’autoroute pour permettre aux autres usagers de circuler librement sur la seconde voie“.
A cela il faut rajouter, la possibilité de pillages et d'actes de vandalisme au grand marché de Madina. L’on se rappelle que les derniers évènements violents qui avaient été enregistrés à Conakry ont causé d’énormes pertes au marché de madina. Selon un communiqué récemment publié par le “Groupe Organisé des Hommes d’Affaires“, les pertes subies par les commerçants s’évalueraient à plus de 20 milliards de francs guinéens.
L’autre risque de dérapage c’était aussi qu’à seulement quelques mètres du point de ralliement de la marche (pont du 8 novembre), se trouve l’esplanade du palais du peuple où se déroule en ce moment même la foire internationale de Conakry. Cet espace est un lieu de rendez-vous de plusieurs opérateurs économiques venus quelques fois de l’étranger. Une foule “incontrôlée“ aurait pu causer d’énormes dégâts à ce niveau.
Un autre point souligné par l’officier de communication de la gendarmerie nationale c’est aussi la proximité du point de ralliement de la marche au siège de l’Union Européenne. Le chef de la délégation de cette institution est aujourd’hui la “bête noire“ de l’opposition qui ne cesse de l’accuser d’impartialité dans le processus électoral guinéen.
A rappeler que selon un bilan provisoire fourni par le gouvernement guinéen, ces violences ont enregistré au moins 15 blessés et des dégâts matériels considérables.
Ahmed Tounkara
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 19-Apr-2013 ŕ 11:02:11  Partager:   :  |