 |
| Detail de la News |
Grande Interview: Cellou Dalein Diallo parle...

CONAKRY-Alors qu'une nouvelle crise s'annonce en Guinée, le chef de l'opposition Cellou Dalein Diallo hausse le ton face au régime du président Alpha Condé.Quelles mesures l'opposition va-t-elle prendre pour exiger la satisfaction de ses revendications?Pourquoi le président Condé a convoqué les électeurs pour les législatives fixées au 30 juin?Autant de questions abordées avec Cellou Dalein Diallo qui dirige l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).Il s'est confié à notre rédaction.Entretien exclusif!
Africaguinee.com: Bonjour M. DIALLO!
Cellou Dalein Diallo : Bonjour M. SOUARE !
Après l’annonce de la date du 30 juin 2013 pour la tenue des élections législatives guinéennes, quelle est votre réaction au niveau de l’opposition?
L’opposition s’est retrouvée dès le lendemain de la publication du décret, et a constaté que monsieur Alpha Condé n’est pas disposé pour le dialogue. Parce que rien ne peut expliquer qu’à la veille de ce dialogue pour lequel on a sollicité une médiation internationale des Nations-Unies, qu’il prenne et valide complètement le choix de waymark et de sabari, et convoque les électeurs pour le 30 juin. Je pense que ça indique clairement qu’il n’avait pas l’intention de discuter avec l’opposition, qui constitue les divergences entre pouvoir et opposition au sein de ce dialogue et il ne veut pas de ce dialogue. Donc nous avons tiré les conséquences, nous avons constaté que le dialogue est devenu sans objet, nous avons décidé de recommencer nos manifestations et d’inviter nos représentants à la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr) de suspendre leur participation au sein de l’institution parce que tenez-vous bien, les commissaires de la CENI n’étaient pas au courant de cette nouvelle date, qui n’a pas été proposée par la CENI ; qui n’a pas élaboré un nouveau chronogramme. C’est donc une décision du gouvernement d’organiser cette élection là sans l’avis de l’institution qui en a la charge.
Selon vous qu’est ce qui aurait prévalu à la prise de cette décision par le chef de l’exécutif guinéen ?
Je pense que M. Alpha Condé n’est pas un homme de dialogue, ce n’est pas un homme d’ouverture. Il a juste estimé qu’il a tout les pouvoirs dans ce pays, il peut prendre toutes les décisions et il a décidé d’organiser ces élections le 30 juin. Cela indique à l’opinion nationale et internationale qu’on ne peut pas compter sur lui pour rapprocher les guinéens, pour ouvrir et favoriser l’ouverture d’un dialogue qui pouvait intéresser les guinéens. Il a le pouvoir, il se donne tous les pouvoirs, il décide en lieu et place de la CENI et il décide seul sans tenir compte de la classe politique.
Cette décision du Président Alpha Condé intervient à un moment où la communauté internationale vient de designer son facilitateur dans le cadre du dialogue politique en Guinée. Est-ce que vous croyez à une suite à ce dialogue ? Est-ce que vous allez prendre part à ce dialogue ?
Non on ne participe pas à ce dialogue ! c’est une perte de temps, c’est de notre droit d’organiser des manifestations pour montrer au Professeur Alpha Condé qu’on ne peut pas accepter ce dictat et nous voulons que ces élections soient organisées de manière équitable, libre, crédible, transparente et inclusive et pour cela nous sommes prêts à nous battre et heureusement le peuple de Guinée aussi.
Le gouvernement par la voix de son porte-parole a expliqué que Way Mark disposerait de matériels performants mais l’opposition continue toujours à récuser cette société. Est-ce qu’on s’achemine vers une impasse sur cette revendication de l’opposition ?
C’est l’impasse déjà ! Le gouvernement avait accepté ou a fait semblant d’accepter, que cette question soit à l’ordre du jour, c’est-à -dire le recrutement d’un nouvel operateur pour la mise à jour du fichier, le vote des guinéens de l’extérieur et le fonctionnement de la CENI. Le gouvernement avait marqué son accord sur le principe de discuter sur ces questions au cour du dialogue. Mais au même moment, le gouvernement prend la décision de manière illégale, dans des conditions opaques et suspectes, le choix de waymark en particulier. Donc à partir de là , ils ne sont prêts à aller au dialogue, l’opposition n’est pas disposée à accepter ce dictat, et comme je l’ai dis nous allons reprendre nos manifestations.
Quelques heures seulement après l’annonce de cette date, la CENI a annoncé elle aussi la reprise de ses activités à travers l’opération de révision des listes électorales. Quelles solutions préconisez-vous à part vos manifestations ?
La décision de la CENI de reprendre justement la révision, ça confirme encore que le gouvernement ne veut pas dialoguer, parce que les conditions de dialogue qui avait été posées par l’opposition, c’était d’abord le gèle des opérations de révision des listes électorales, la libération des jeunes et puis la présence du pouvoir et de l’opposition au dialogue. Mais malheureusement le gouvernement a décidé de renoncer à toutes ces concessions qu’il avait faites en disant qu’on est d’accord , on va geler les activités de CENI, on va libérer les enfants et on va faire appel à un médiateur international. Aujourd’hui ils ont demandé de reprendre les activités de la CENI en ce qui concerne la révision de la liste, ils ont condamné à des peines de prison ferme ceux qui étaient détenus, donc ils ne veulent pas du dialogue d’où l’impasse.
Justement après la condamnation de vos militants que comptez-vous faire au niveau de votre parti, l’UFDG ?
Au niveau de l’UFDG, pour l’instant le parti ne peut pas prendre des décisions solitaires, nous sommes au sein de l’opposition qui est républicaine, qui est unie et forte. Nous allons prendre des dispositions à ce niveau et nous allons continuer nos manifestations et non seulement exiger la libération des jeunes, mais aussi pour que les conditions d’un scrutin libre, équitable et transparent soit réunies, pour que le peuple de guinée puisse choisir librement ses candidats.
Avant dernière question M. Diallo, croyez-vous concrètement à la tenue de ces élections législatives avant la fin du mandat du professeur Alpha Condé avec cette impasse politique que nous vivons ?
En tout cas l’opposition se battra pour que les élections aient lieu, pour que ces élections soient libres, équitables, transparentes et inclusives, et ça nous comptons sur la détermination et l’engagement du peuple de Guinée. Je crois que les guinéens ne souhaitent pas avoir un pays dirigé par la dictature et un parlement sous ordre. On souhaite plutôt un parlement représentatif par la volonté de notre peuple, et le peuple est prêt justement à se battre pour faire prévaloir cette revendication légitime.
Finalement, est-ce que l'opposition bénéficie du soutien de la communauté internationale dans cette crise guinéenne ?
La communauté internationale doit appuyer nos jeunes Etats à instaurer le droit, à respecter les principes de droits. Je pense qu’il n’y a pas de raison que la communauté internationale ne soutienne pas les revendications légales et légitimes de l’opposition guinéenne. Nous avons dit qu’il faut que les guinéens de l’extérieur votent, ce n’est pas nous, c’est la constitution guinéenne qui dit clairement que les guinéens de l’étranger participent aux élections législatives. Or, dans les législatives, il y a un volet national et local. Nous voulons que ces guinéens de l’étranger participent au volet national des élections législatives. Un accord politique s’était déjà dégagé en 2008 pour que les guinéens participent aux élections législatives que le président de la république Général Lansana Conté était entrain d’organiser en 2008, déjà un accord politique avait retenu 17 pays dans les quels on avait supposé qu’il y avait une forte communauté guinéenne pour organiser le scrutin là . Je rappel qu’en ce temps c’était pour remplacer le parlement dont le mandat était terminé depuis juin 2007. C’est dans ce cadre là que le recensement a été lancé dans les 17 pays là dont les ressortissants ou résidants guinéens devaient participer pour les législatives.
Interview réalisée par SOUARE Mamadou Hassimiou
En collaboration avec BAH Aissatou
Pour AFRICAGUINEE.COM
Tél. : (224) 622 657 574/ 664 953 633
|
  Rubrique: Interview  date: 16-Apr-2013 ŕ 13:27:46  Partager:   :  |
|
|
|
The Nun'S copyright -- design by Nun'S