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Après l'affaire Cahuzac, un proche de Hollande cité dans une affaire de paradis fiscal





PARIS - Un homme d'affaires français, proche du président François Hollande, a admis jeudi être actionnaire de sociétés offshore aux îles Caïmans tout en niant en avoir tiré un avantage fiscal, des informations qui pourraient affaiblir le chef de l'Etat déjà plombé par l'affaire Cahuzac.

Jean-Jacques Augier, 59 ans, ancien inspecteur des Finances et homme d'affaires discret qui fut le trésorier de M. Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, est actionnaire de deux sociétés dans les îles Caïmans, un paradis fiscal, par le biais de son holding financier Eurane.

Dans un communiqué de sa holding, il assure n'en avoir tiré aucun avantage fiscal. Ces deux prises de participation n'ont entraîné aucun avantage fiscal particulier ni en France, ni ailleurs, selon un communiqué d'Eurane, dans lequel l'homme d'affaires précise également ne détenir aucun actif, compte ou participation à titre personnel à l'extérieur du territoire français.

Ces informations entrent dans le cadre de la publication d'une longue enquête sur les paradis fiscaux. Plus de trente médias internationaux ont eu accès, grâce au consortium indépendant de journalisme d'investigation ICIJ, basé à Washington, à une fuite majeure en provenance de deux sociétés offrant des services offshore: l'une basée à Singapour, l'autre dans les Iles vierges britanniques. Ces données ont fait apparaître la cartographie et le fonctionnement de milliers de sociétés basées dans des paradis fiscaux.

Interrogé par le Monde, M. Augier a indiqué avoir constitué en 2005 et 2008-2009 deux entités offshore aux Caïmans, paradis fiscal des Caraïbes sous souveraineté britannique, à la demande de ses partenaires en affaires.

Rien n'est illégal, a déclaré M. Augier au Monde, affirmant n'avoir ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans ni investissement personnel direct dans ce territoire.

Il affirme également que le chef de l'Etat français n'était pas au courant de ses affaires.

La première société, International Bookstores, a été créée en 2005 à la demande d'un de ses associés chinois, un certain Xi Shu, propriétaire d'un réseau de librairies, a indiqué l'homme d'affaires français, propriétaire du magazine Books et, depuis janvier 2013, de Têtu, le premier magazine de la communauté homosexuelle française.

J'ai investi dans cette société par l'intermédiaire de la filiale d'Eurane en Chine, Capital Concorde Limited, un holding qui gère toutes mes affaires chinoises, a précisé l'homme d'affaires au Monde. L'investissement dans Internationale Bookstores apparaît au bilan de cette filiale. Rien n'est illégal, insiste ce proche du président.

La deuxième entité offshore, constituée en 2008-2009 avec des voyagistes de plusieurs pays, a également été créée à la demande de ses partenaires, a affirmé M. Augier au Monde, ajoutant qu'elle aurait été depuis rapatriée à Hongkong.

M. Augier reconnaît toutefois qu'il a peut-être manqué de prudence en participant à la création de ces entités offshore, mais il souligne que ces opérations ont été faites à la demande de ses partenaires, dont un important homme d'affaires chinois.

Etre actionnaire d'une société offshore n'est pas en soi une infraction, mais ces révélations pourraient embarrasser encore plus le président socialiste français pris dans la tourmente du scandale de la fraude fiscale de son ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

Même si ces opérations sont légales, fallait-il qu'un inspecteur des finances, membre de l'un des grands corps de l'Etat, et porteur des valeurs de la République, participe à de tels montages, cautionnant ainsi l'opacité financière des territoires offshore ?, s'interroge le quotidien Le Monde.

AFP

  Rubrique: International  date: 04-Apr-2013 à 16:57:25  Partager:   :

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