
CONAKRY-Le leader de l'Union des forces républicaines (UFR ) Sidya TOURE, s'est indigné récemment de la situation dans laquelle se trouve la Guinée par rapport aux élections législatives a appris Africaguinee.com.
"Nous sommes dans une situation extrêmement difficile pour notre pays" avoue-t-il, avant de s'interroger sur les perpétuels annonces et reports de ces élections : "quelqu'un peut-il me dire combien de fois, on a annoncé des dates ? » Ce qui selon lui, n'est qu'un signe d'un « Etat totalement en dehors des canaux ».
Le leader de l'UFR a dans la foulée remis en doute l'indépendance de la CENI, qui, d'après lui aurait reçu "une lettre du ministère de l'administration du territoire lui demandant ipso-facto d'arrêter toutes ses activités". A en croire, l'ancien premier ministre, tous ces facteurs réunis n'augurent pas une bonne suite: "la seule chose qu'on ne peut pas mesurer, ce sont les conséquences de ces agissements" déplore-t-il.
Pour lui manifester étant un droit, on se saurait accuser l'opposition à la place des milices et des forces de l'ordre pour les tueries perpétrées lors des dernières manifestations, tout en rappelant que le gouvernement organise de son côté des manifestations tant à l'intérieur du pays qu'à Conakry " à coût de centaines de millions". Par contre il a dénoncé la façon par laquelle s'y prendrait le gouvernement pour mobiliser les populations : "on a envoyé des lettres à tous les lycées et collèges, à tous les établissements publics pour demander que demain, ils chôment pour se rendre au palais du peuple et démontrer l'attachement de nos compatriotes à l'organisation rapide des élections » ; des pratiques qui remontreraient aux années "40" d'après l'ancien premier ministre.
Sidya TOURE estime par ailleurs que le cadre de concertation mise en place n'est que de "la poudre aux yeux", avant de déclarer non sans ironie "le point nodal sur lequel nous ne céderons jamais, qu'un fichier électoral tronqué nous soit présenté pour permettre à Aladji professeur de nommer les députés. ils ont déjà leurs chiffres, il paraît qu'il y aura 100 d'un côté et 14 de l'autre (respectivement mouvance et opposition NDRL). Il faut prendre très au sérieux cette période que nous sommes en train de traverser, elle est extrêmement dangereuse » souligne-t-il sur un ton plus ferme.
D'après le président de l'UFR, la Guinée est en plein déclin économique, social et économique parce que le "RPG n'a pas préparé son arrivée au pouvoir", de même il a apporté une réponse à peine dissimulée à ses accusateurs dans l'affaire Electricité De Guinée (EDG) :" tout est lié aujourd'hui à l'opposition, s'il n'y a pas d'électricité on dit que c'est Sidya qui n' a pas acheté des groupes électrogènes il y a 15 ans." Dans une autre métaphore Sidya Touré propose donc "sa" solution : " tout est en train de s'affaiblir en Guinée, qui est responsable? on a mis quelqu'un à la tête pour s'occuper de tout ça. Quand une équipe échoue, on limoge l'entraineur et on change de capitaine" ironise-t-il.
Avant de finir, l'ancien premier ministre a réaffirmé toute la détermination de l'opposition à continuer le combat. " Nous allons continuer la lutte, nous n'accepterons pas qu'on nous nomme nos députés. Nous avons accepté des élections présidentielles tronquées, nous n'allons pas accepter que les élections législatives se passent dans les mêmes conditions .Il faut que cela soit clair pour tout un chacun" prévient –il.
A noter que l’opposition projette d’organiser de nouvelles manifestations la semaine prochaine à Conakry après l’échec d’une reprise du dialogue avec le pouvoir du président Alpha Condé.
Vendredi, le ministre de l’administration du territoire, Alhassane Condé, a réaffirmé l’intention du gouvernement d’organiser les élections législatives d’ici la fin de l’année 2013 « avec ou sans la participation » de l’opposition.
Nous y reviendrons.
Ahmed Tounkara
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 30-Mar-2013 ŕ 12:33:31  Partager:   :  |