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Affaire du 19 juillet : Le film de la comparution de l’aide de camp du président Alpha Condé !





CONAKRY- Le Commandant de la garde rapprochée du président de la République, Mory Kourouma a été auditionné ce vendredi à la Cour d’assises de Conakry. Lors de sa comparution l’aide de camp du chef de l’Etat est revenu sur les circonstances de l’attaque dont le domicile du Chef de l’Etat a été victime dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011 à Kipé, a assisté sur place Africaguinee.com.

Dès l’entame de sont audition, commandant Mory Kourouma aide de camp du président de la République a annoncé à la cour qu’il a été condamné à la peine capitale, il y a 27 ans sans jugement, mais que par la suite il a bénéficié d’une amnistie.
Suite à cette annonce, la partie civile se fondant sur le code pénal, a fait remarquer à la Cour que l’amnistie efface la condamnation, elle efface les effets de la sanction pénale annoncée. Sur ce, elle a demandé au président de la Cour de recevoir les dépositions du commandant sous serment.
La défense quant à elle a indiqué que nonobstant le fait que le témoin dit qu’il a bénéficié d’une amnistie, mais cela n’est pas soutenu par un acte, ‘’ Nous n’avons pas la preuve qu’il a bénéficié d’une amnistie. Lui-même a dit que l’amnistie n’a pas été appliquée. Nous voulons qu’il soit entendu au titre de simple renseignement sans prêter serment’’, a sollicité maitre Amadou Oury Diallo.

Au finish, le président de la Cour M. Fodé Bangoura a ordonné au témoin de prêter serment et faire sa déposition.
Revenant sur les circonstances de cette attaque commandant Mory Kourouma explique que c’est aux environs de 3h 10mn du matin, qu’il a entendu deux coups de feu à l’arme automatique. Entre temps le chef de poste a pris l’initiative d’appuyer deux ou trois fois sur son Talkie-walkie, une manière d’attirer de plus son attention. ‘’Parce c’était le code que je leur avais donné’’, dit-il.

Ces eux tirs de sommation lui ont fait comprendre qu’il y avait un danger, ajoute-t-il. Pendant ce temps, les tirs avait repris. C’est ainsi dit-il, qu’il est allé trouver le président. Il a tapé à sa porte et il a dit ‘’ M. le président il y a des coups de feu, il se peut que nous soyons attaqués’’. En réponse le président de la république lui dit ‘’Mory ne m’embête pas, descend pour vérifier si effectivement ce sont des tirs’’, explique le témoin.
Ensuite, ajoute l’aide de camp du président, il a insisté pour dire au chef de l’Etat qu’ils sont réellement attaqués. Le chef de l’Etat lui a dit ‘’ ce n’est pas vrai, qui peut m’attaquer et pour quelle raison ?’’. C’est ainsi poursuit le témoin, qu’il à forcé la porte, il est renté pour sortir le président de sa chambre pour le mettre dans un lieu sûr. ‘’ Je l’ai sorti, je l’ai mis en lieu sûr’’, a-t-il expliqué dans sa narration des faits.

Aussitôt qu’ils sont sortis de la chambre, révèle l’aide de camp du Pr Alpha Condé, il y a une roquette RPG 7 qui est tombée juste aux côtés de la chambre presque sur le lit du président qu’ils venaient à peine de quitter. C’était aux environs de 3 heures 8’ à 3 heures 10’, a-t-il précisé.

Plus loin commandant Mory Kourouma dira que le président de la République n’aimait pas trop qu’il soit toujours encombré par des gardes. ‘’Jusqu’au jour de cette attaque, il était dans son esprit de président démocratiquement élu…’’, avance l’aide de camp.

A la question de savoir quelles sont les dispositions qu’il a prises pour faire face à cette attaque, le commandant de la garde rapprochée du président de la République précise que lorsqu’il y a des coups de feu, il a apprécié la situation, pour savoir la nature de celui qui est en face. Après cela, il ya le terrain. ‘’J’ai établi une défense circulaire, dans un périmètre réduit’’, a-t-il indiqué.

A la question de savoir s’il a appelé de renfort, il a répondu que pratiquement il n’a pas eu de contact avec quelqu’un pour demander des renforts, parce qu’il s’occupait de son devoir, c'est-à-dire, la sécurité du président. Cependant précise-t-il, il donnait des instructions au sous-lieutenant Donzo.
‘’Nous avons évolué dans une structure globale. Chacun dans son secteur précis savait ce qui lui revenait comme mission. J’ai dit à Donzo, restez sur vos postes parce que les assaillants étaient plus nombreux que nous. Nous étions à la défensive et eux à l’offensive’’, soutient le témoin.

Et, continue commandant Mory Kourouma, en dehors des attaques terrestres, il y avait un groupe de soutient aérien qui les surplombais avec des obus qui les ont pilonné jusqu’à 6heures.

A en croire le commandant, ‘’les RPG 7 font des tirs directs avec une vitesse de 835 mètres à la seconde. C’est un missile’’, révèle-t-il à la barre.
Est-ce que les assaillants ont franchi la barrière ? demande le président de la Cour. En réponse le témoin déclare qu’il était à l’intérieur avec le président.

A une autre question de savoir s’il n’a pas personnellement appelé de renfort, commandant Mory a soutenu qu’il ne pouvait pas jouer deux rôles et qu’il n’avait pas par devers lui de téléphone.

Il dit avoir tout de même estimé que puisque les coups de feu ont éclaté au domicile du président, tout le monde était au courant. C’est quelques instants après que le président lui a demandé s’il a appelé de renfort, et il a répondu qu’il n’avait pas besoin de renfort tout en lui expliquant les dispositions qu’il avait prises. ‘’ J’estime que les renforts arriveront bientôt’’, aurait-il dit au chef de l’Etat.

Est-ce que les éléments du BATA (Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées, Ndlr) étaient venus ? Il (sous-lieutenant Donzo) m’a dit que les renforts étaient venus mais ils étaient stationnés à Bambéto, parce qu’il y a avait des tirs, ils ne pouvaient pas arriver comme ça. Mais on dit que les renforts sont arrivés aux environs de 5h 30’ 6 heures.

Avant le 18 juillet, Avez-vous été informé par le président de la République ou par les autorités militaires d’une éventuelle attaque contre la personne du Chef de l’Etat ?, a interrogé le ministère public.

‘’Si j’ai repris l’armée, c’est grâce au Général Sékouba Konaté. Je voudrais le remercier d’abord pour ça… Il faut dissocier les rumeurs, les informations et les renseignements… Si le président me dit qu’il faut être vigilent parce qu’il y a trop de rumeurs. C’est une démarche pour me mettre devant ma responsabilité… ceux qui l’ont appris, ils l’ont appris, parce qu’il semble que dans certaines familles, on avait même acheté des condiments pour dire que le lundi 19, quelque chose allait se passer. On est resté vigilent, cependant on n’a pas voulu le président sous tension’’, a explique analogiquement l’aide de camp du président.
La nuit là comme toujours après le rassemblement avance-t-il, il a donné des consignes, mais pas des consignes particulières. Toutefois précise le commandant, il a appris que le président allait être attaqué, mais il a pris cela comme de simples rumeurs.

Ce jour là, combien d’hommes aviez sous ordre? Interroge M. William Fernandez, en réponse, le témoin déclare que c’est environs 35 à 39 hommes.

Avez-vous renforcé le dispositif d’armement au niveau des hommes ? poursuit le procureur général ‘’non, on avait d’armement proprement-dite’’ lasse-t-il entendre.

Comment avez-vous organisez votre défense bien que vous n’aviez pas d’armement ? demande à nouveau l’avocat général ‘’Cela est un secret. Mais on s’est organisé’’, indique le témoin, ajoutant que le président de la République était allergique d’avoir beaucoup d’armes chez lui, ou de voir beaucoup de militaires.
A quelle heure les premiers secours sont arrivés ? Insiste le procureur.
‘’Cela est un peu compliqué, mais vers 6 heures Donzo est venu me dire que les renforts commencent à arriver. J’ai dit si tu ouvres, je tire sur toi. Occupe-toi de la défense terrestre en attendant de voir clair’’, a-t-il souligné.

Le témoin a rapporté que le général Idy Amine (chef de cabinet au ministère délégué à la défense, Ndlr) a été le premier général à y arriver sur les lieux. Quelques minutes après la venue du général Idy Amine, il dit avoir eu une communication avec général Kéléfa (ancien chef d’état major des armées, Ndlr), qui lui aurait dit ‘’Mory, il faut résister, on arrive’’.

Selon le commandant Mory, celui qui s’est présenté à 3 heures pour alerter la garde, est venue en éclaireur, précise l’aide de camp du président.

Les audiences ont été renvoyées pour le mercredi 03 avril à la Cour d’appel de Conakry.

Affaire à suivre…

Diallo Boubacar 1
Pour AFRICAGUINEE.COM

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 29-Mar-2013 à 21:09:39  Partager:   :

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