
CONAKRY- La délégation de l’opposition guinéenne a boudé cet-après-midi la rencontre que le gouvernement avait conviée les acteurs politiques au palais du peuple, ce après avoir constaté une présence massive de partis politiques dans la salle de concertation, a appris Africaguinee.com.
Après le discours d’ouverture du ministre de l’administration Alhassane Condé, le porte-parole de l’opposition Aboubacar Sylla a pris la parole pour rappeler les accords que l’opposition avait passés avec le gouvernement dans la perspective d’ouverture de ce dialogue. Accords qui, selon le porte-parole ont tous été violés, rendant ainsi selon lui, le dialogue ‘’sans objet’’. Après ce rappel donc, la délégation de l’opposition a claqué la porte.
A sa sortie de la salle à peine 10 minutes après l’ouverture, Aboubacar Sylla a déclaré qu’ ‘’aucune des conditions n’a été respecté, nous avons estimé que le dialogue tel que nous l’avons souhaité et tel que nous l’avons arrêté avec le gouvernement n’était pas encore susceptible de commencer. Le cadre que nous avons vu est un cadre qui viole nos accords, la facilitation viole nos accords, le représentant de la communauté internationale viole nos accords, la libération de nos militants viole nos accords. Nous avons dit que nous ne participons pas à cela, car ce n’est pas un dialogue, c’est forum de partis politiques’’, a fustigé le porte-parole de l’opposition.
Puis d’ajouter que ‘’Nous nous sommes rendus comptes que le cadre de dialogue qu’on nous a proposé était exactement le même que celui qu’on a eu à l’ouverture de toutes les sessions de préparation de dialogue. Toutes les avancées que nous avons eues à enregistrer ont été complètement anihilées. Parce qu’on a décidé de remettre en place le cadre de dialogue initial autour duquel nous avions longuement discuté. Nous nous étions mis d’accord que le dialogue allait mettre face à face le gouvernement et l’opposition avec au milieu un facilitateur. C’est cet accord qui a été formalisé par des courriers que nous avons formalisé et avec le ministre de l’administration et avec le Premier Ministre. On nous a ramené à la case de départ avec un cadre de concertation élargi à tous les partis politiques contrairement à ce qui était convenu’’, a-t-il assené.
Or, rappelle-t-il, ils (gouvernement-opposition Ndlr) s’étaient entendus sur un comité de facilitation composé de trois personnes. ‘’Une personne désignée par le gouvernement, une par la mouvance et une par l’opposition et un facilitateur international. Nous nous rendons compte qu’on a décidé de mettre en place un cadre de concertation de quatre personnes de la façon la plus unilatérale, sans se concerter avec nous. Le gouvernement a proposé deux facilitateurs alors qu’il s’était engagé à n’en proposer qu’un’’, déplore-t-il.
Contrairement à ce que l’opposition avait demandé poursuit le leader de l’UFC, pour qu’il y ait un facilitateur international qui disposerait d’un mandat d’une institution internationale, malheureusement, regrette M. Sylla, le gouvernement leur a présenté le Général Lamine Cissé qui réside en Guinée, selon lui, depuis trois ans dans le cadre de la reforme des forces de défense et de sécurité.
‘’A notre avis il ne dispose pas d’un mandat de la communauté internationale même s’il a été envoyé en Guinée dans le cadre d’un mandat international. Nous avons dit que nous voulons être informés de la requête que le gouvernement aurait adressé à la communauté internationale et la réponse de celle-ci quant à la désignation de ce facilitateur’’, relève-t-il.
A en croire le porte-parole de l’opposition, il n’a pas manqué de rappeler dans son discours, des problèmes de la CENI qui avait gelé ses activités à cause de l’ouverture du dialogue ; mais dont la période de gèle a expiré avant que ce dialogue ne commence effectivement.
‘’Nous avons donc demandé à ce que ce gèle du processus électoral soit prorogé par un acte formel. A ce jour tel n’est pas le cas. C’est ce qui a amené certains démembrements de la CENI à recommencer la révision du fichier électoral. Ce qui rend le dialogue sans objet’’, a-t-il soutenu.
La libération de ce qu’il a qualifié de leurs détenus politiques est un autre gage pour que le dialogue puisse se dérouler dans des conditions d’apaisement, a-t-il conclu.
Nous y reviendrons.
Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com.
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  Rubrique: Politique  date: 25-Mar-2013 à 19:04:57  Partager:   :  |