Detail de la News

Situation politique en Guinée : Jean Marie Doré parle…





CONAKRY-Médiation dans la crise guinéenne, cas de Waymark, présence des Donzos à Conakry, position du Centre dans le jeu politique, autant de sujets abordés dans cet entretien avec M.Jean-Marie Doré.Dans un ton direct et tranché, l’ancien Premier ministre de la transition a touché, plusieurs points qui marquent actuellement l’actualité nationale.

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Doré !

Jean Marie Doré :
Bonjour M. Souaré !

AFRICAGUINEE.COM : Le gouvernement guinéen a finalement accepté que l’un des des facilitateurs dans le cadre du dialogue vienne de la Communauté Internationale. Quelle est votre réaction par rapport à ça M. Doré ?

Avant la marche du 27 février l’UPG a fait une déclaration écrite pour demander une médiation internationale en appelant au secrétaire général des nations unies. L’idée a fait son chemin, beaucoup de partis se sont emparés de l’idée, parce qu’il ya beaucoup de problèmes avec les facilitateurs internes. La Guinée est si divisée que ce n’est pas facile d’avoir quelqu’un qui émette une opinion libre. Donc c’est pourquoi on a eu recourt à la communauté internationale pour ne pas continuer à tourner en rond pour une affaire qui a besoin d’une solution immédiate. On ne peut pas faire avec Waymark parce que la suspicion va en grandissant. Dès lors que les consommateurs de la production de Waymark n’en veulent pas, je ne vois pas pourquoi le gouvernement s’entête à vouloir imposer Waymark !
Les gains qui vont venir de Waymark est insignifiant par rapport aux inconvénients majeurs qui vont affectés la vie nationale.

AFRICAGUINEE.COM : est ce que vous pensez qu’avec cette autre concession du gouvernement la situation sociopolitique pourrait être décrispée?

On ne peut pas anticiper, une médiation n’est pas la solution. C’est un instrument de solution. Si l’instrument est adapté, on aura une solution de compromis acceptable de part et d’autre. Si l’instrument se révèle ne pas être adapté alors vous comprenez que ce ne sera pas la solution. Mais il faut remarquer que le diktat se substitue à la démocratie, on ne construit pas un pays démocratique avec le diktat d’où qu’il vienne. Il y a trop de suspicions révélées par les différentes expertises concernant waymark. Le gouvernement aurait pu prendre des initiatives pour renoncer à Waymark ou de lui affecter pour établir le fichier de la fonction publique ou le recensement général de la population.

Vous savez que les partis vont débourser beaucoup d’argent pour les élections, alors si on doute de la transparence personne ne peut risquer de faire des dépenses comme ça. C’est tellement terre à terre que je me demande pourquoi on parle de ça tout le temps.

AFRICAGUINEE.COM : Que pensez-vous des accusations et contre-accusations entre l’opposition et la mouvance présidentielle. Récemment, l’opposition avait indexé quatre hauts responsables de l’administration, d’avoir utilisé les chasseurs donzo pour la répression de ses manifestations ?

La loi guinéenne interdit formellement le recrutement des militaires aussi de la part des partis politiques que de la part de l’Etat. L’Etat est défendu par la police, la gendarmerie, et les services de l’armée. Ça doit être suffisant pour garantir la sécurité de l’Etat. Il est interdit à l’Etat de recruter des miliciens comme il est interdit à tout parti politique de le faire. Les donzos sont des gens qui se forment pour chasser la biche, l’antilope ou le sanglier. Ils n’ont à voir dans le jeu politique. Je condamne cela sévèrement et sans appel. Cela est une violation grave des instruments de notre Etat républicain. Il faut qu’on retire les donzo parce qu’ils vont attirer aussi des contre donzo, et la Guinée risque de devenir invivable.

AFRICAGUINEE.COM : Quelle la position du centre que vous défendez malgré que constitutionnellement le centre n’est pas reconnu ?

La constitution peut disposer ce qu’elle veut, mais elle n’a pas le droit de porter atteinte au droit des gens. Je ne suis pas obligé d’être membre de la mouvance ou d’être membre de l’opposition. Je ne suis redevable de personne, ni du président de la république, ni de l’opposition, ni du diable, ni de Satan de me dire d’être dans l’un ou l’autre camp. Je suis au centre parce que mes opinions se situent au centre.

Si nos revendications se recoupent avec celles de l’opposition ou vice-versa, on fait avec. Si ça recoupe indépendamment de partie pris les opinions de la mouvance, on fait avec. Parce que personne ne détient la vérité absolue. On fait des analyses indépendamment des aprioris. Nos analyses prennent en compte tout ce qui contribue aux intérêts de la Guinée. Par exemple nous pensons que recruter un opérateur de saisie pour alimenter la fraude, c’est porter atteinte à la démocratie et au droit.

AFRICAGUINEE.COM : certains estiment qu’aujourd’hui vous êtes seul au centre vu que M. Kassory, Boubacar Barry ont quitté !

Non ! Nous sommes nombreux au centre ! Le Centre comme la mouvance, il y a une question de degré… donc ne prenez pas ça dans un sens absolu, le centre existe par la qualité des analyses, nous sommes là et notre contribution est importante pour que notre pays puisse vivre en équilibre.

Entretien réalisé par Mamadou Hassimiou Souaré
Pour Africaguinee.com

  Rubrique: Interview  date: 21-Mar-2013 ŕ 09:02:39  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S