
BLANTYRE-Deux anciens ministres du Malawi ont été arrêtés lundi, accusés d'avoir comploté pour empêcher l'actuelle présidente Joyce Banda d'accéder au pouvoir comme le prévoyait la Constitution après le décès du président Bingu wa Mutharika, victime d'un arrêt cardiaque l'an dernier, selon une source policière.
"Je peux confirmer que deux ministres ont été arrêtés à Blantyre et transférés à Lilongwe, la capitale", a indiqué à l'AFP un haut fonctionnaire de police, qui a requis l'anonymat, citant les noms de Henry Mussa, ancien ministre de l'administration locale et Kondwani Nankhumwa, qui était ministre adjoint des Affaires étrangères dans l'équipe de feu le président Mutharika, mort le 5 avril 2012.
"Ils sont susceptibles d'être poursuivis pour trahison (...)", a ajouté cette source policière.
La trahison est un crime passible de la peine de mort au Malawi même si plusieurs affaires du même acabit n'ont jamais été menées à terme. Aucune poursuite pour trahison n'a par ailleurs été engagée depuis les premières élections démocratiques de 1994 dans ce petit pays d'Afrique australe.
Les deux ministres font partie d'un groupe de dirigeants dont la présidente estime qu'ils ont tenté d'organiser un coup d'Etat pour empêcher son accession à la fonction suprême il y a un an, tenant notamment une conférence de presse au soir du 6 avril pour gagner du temps et alimenter les rumeurs selon lesquelles que M. Mutharika était toujours en vie.
Une enquête a conclu récemment que le président était bien décédé le 5 avril au Malawi. Son corps avait été acheminé vers l'Afrique du Sud pour être embaumé et subir une autopsie, et son décès confirmé seulement deux jours plus tard par les autorités.
Mme Banda était vice-présidente au moment où son prédécesseur Mutharika, 78 ans, est décédé. Elle devait constitutionnellement lui succéder mais elle était devenue une figure majeure de l'opposition, et avait été exclue du parti au pouvoir. Son accession à la magistrature suprême a contrecarré les projets de feu Bingu wa Mutharika, désireux de voir son frère, alors ministre des Affaires étrangères, lui succéder.
Les dernières années au pouvoir de M. Mutharika, très populaire lors de son premier mandat notamment pour sa politique agricole, ont été assombries par de nombreuses marches anti-gouvernementales réprimées brutalement et le bain de sang de juillet 2011, quand la police a tiré sur des manifestants faisant 19 morts.
Critiqué pour ses dérives autocratiques et rendu largement responsable de l'effondrement de l'économie du pays, M. Mutharika ne parvenait pas à enrayer les pénuries chroniques de carburant et de devises.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 11-Mar-2013 à 12:06:05  Partager:   :  |