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Nomination d'Ahmed Tidiane Souaré à la primature: "Nous attendons de voir, pourvu qu'on ne nous ram
[IMG1]L'opposition et les syndicats demeuraient dans l'attente mercredi en Guinée après le limogeage la veille du Premier ministre Lansana Kouyaté, qui témoigne d'une reprise en main du pouvoir par le président Lansana Conté à la faveur de l'impopularité de l'ex-chef du gouvernement.
M. Kouyaté, 58 ans, avait été nommé en février 2007 sur proposition des syndicats et sous la pression de la communauté internationale au terme d'une série de grèves accompagnées d'une contestation populaire de plusieurs semaines contre M. Conté, au pouvoir depuis 1984.
Mardi soir, il a été remplacé par Ahmed Tidiane Souaré, un technocrate discret proche du clan présidentiel.
Son limogeage, qui aurait pu mettre le feu aux poudres il y a quelques mois, semble pour l'instant susciter une quasi-indifférence en Guinée, tant M. Kouyaté a peiné à honorer sa feuille de route qui prévoyait le redressement économique de ce pays enfoncé dans la crise malgré d'importantes ressources minières.
Le calme régnait mercredi dans les rues de Conakry, épicentre de la contestation ayant conduit à la nomination de Kouyaté.
Un petit mouvement de protestation populaire a toutefois été enregistré à Kouroussa (est), ville natale de M. Kouyaté, où quelques centaines de personnes ont manifesté.
De son côté, l'opposition a affiché sa satisfaction après l'éviction de M. Kouyaté, tout en appelant le nouveau Premier ministre à ne pas répéter l'erreur de M. Kouyaté, qui n'avait pas ouvert les portes du gouvernement aux opposants.
Nous sommes satisfaits de cette décision pour laquelle nous nous sommes battus parce que M. Kouyaté représentait un danger pour le processus démocratique en Guinée", a déclaré Amadou Oury Bah secrétaire général de l'Union des Forces Démocratique de Guinée (UFDG), un des principaux partis de l'opposition.[IMG2]
"Il faut maintenant que le Premier ministre songe à élargir son gouvernement", a exhorté de son côté Jean-Marie Doré, secrétaire général de l'Union pour le Progrès de la Guinée (UPG, opposition).
De leur côté, les syndicats qui avaient orchestré la contestation en janvier-février 2007 ont annoncé qu'ils attendaient de connaître la composition du gouvernement pour se prononcer.
"Nous attendons de voir, pourvu qu'on ne nous ramène pas les anciens prédateurs", a déclaré Rabiatou Sérah Diallo, la secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG).
De plus en plus accusé d'ambitions présidentielles, M. Kouyaté s'est trouvé fragilisé au moment où la Guinée s'enfonce dans une profonde crise économique et sociale aggravée par la hausse des prix des denrées de première nécessité.
"Le découragement s'est emparé des Guinéens. Le Premier ministre de consensus a considérablement déçu les populations et son gouvernement n'avait pas de légitimité en l'absence de consultation des acteurs politiques au moment de former de son gouvernement", explique Gilles Yabi, expert du International Crisis Group (ICG).
En outre, le clan présidentiel s'est appliqué ces derniers mois à l'affaiblir, profitant des insuffisances juridiques des accords du 27 janvier 2007 encadrant sa nomination.
"La question n'est pas de savoir s'il allait durer mais quelle forme allait prendre le départ de M. Kouyaté, car on sentait bien qu'il y avait une crise entre les clans du gouvernement et de la présidence. M. Kouyaté aurait dû démissionner pour rester crédible", explique M. Yabi.
"C'était le bon moment pour Conté, car personne n'a envie de défendre Kouyaté. On entre à nouveau dans une période d'incertitude, mais au fond on a une forme de normalisation. M. Conté récupère la plénitude de ses pouvoirs avec un Premier ministre plus proche", observe l'analyste.
Africaguinee.com
Source:AFP |
  Rubrique: Politique  date: 21-May-2008 ŕ 17:25:18  Partager:   :  |
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