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Affaire du 19 juillet : un nouvel accusé entendu par la Cour…





CONAKRY- Poursuit par la cour pour ‘’abstention délictueuse’’ dans l’attentat qui a visé le domicile privé du Chef de l’Etat le 19 juillet 2011 à Kipé, Capitaine Cherif Baldé a rejeté toutes les charges qui pèsent contre lui, a-t-on constaté sur place.

Chargé de la gestion des ressources humaines au Bataillon Autonome des Troupes Aéroportées (BATA) au camp Alpha Yaya, l’accusé a expliqué au président de la Cour M. Fodé Bangoura qu’il a été interpelé le 9 Aout 2011 alors qu’il était parti au PM3 pour faire un témoignage sur l’obtention d’un titre de congé qu’il aurait accordé au Lieutenant Lamarana, également accusé dans cette affaire.

Interrogé par le juge sur l’entretien qu’il a eu avec Lieutenant Lamarana à propos du Lieutenant Amadou sur les préparatifs de l’attaque du 19 juillet, capitaine Chérif souligne qu’il n’a jamais rencontré le nommé lieutenant Amadou et que le lieutenant Lamarana ne lui a jamais dit qu’il a eu un entretien avec le lieutenant Amadou.
Toujours dans ses explications, l’accusé soutient que quand il est arrivé à la gendarmerie où il y avait le bureau d’enquête, les officiers de police judiciaire (OPJ) lui ont demandé s’il connait Mme Fatou Badiar, le lieutenant Amadou, le Lieutenant Bobo. En réponse à ces questions, il aurait déclaré ‘’non’’ devant les OPJ. Toujours dans son interrogatoire, il lui a été demandé s’il connaissait le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), face à cette question, il a répondu à l’affirmatif. ‘’ J’ai vécu avec AOB pendant 22 ans, ce sont des liens de services qui existent entre lui et moi’’, martèle-t-il.

Ses ennuis auraient commencé à partir de cet instant, a-t-il ajouté. Selon l’acte d’accusation, précise le président de la Cour, lieutenant Lamarana a informé l’accusé Capitaine Abdoulaye Cherif Baldé de l’imminence d’une attaque contre le Chef de l’Etat. Mais celui-ci aurait refusé de remonter l’information à sa hiérarchie. Ces allégations ont été rejetées en bloc par l’accusé qui ajoute d’ailleurs que la signature apposée sur son procès verbal présenté à la cour, n’est pas la sienne.

En réaction à cette réponse, M. Fodé Bangoura dira que ‘’la cour appréciera’’, déclare le président de la cour.
Le ministère Public rappelle que l’accusé est présent à la barre parce le lieutenant Lamarana a parlé de lui. Selon M. William Fernandez, l’accusé aurait dit dans l’enquête préliminaire qu’il a effectivement été informé par le lieutenant Lamarana d’une préparation d’un coup d’Etat. Et que celui-ci l’aurait intimé de rendre compte à ses supérieurs hiérarchiques.

‘’Cela ne s’est jamais passé’’, a rétorqué l’accusé. Qui ajoute ‘’Il ne m’a jamais parlé de coup d’Etat. S’il m’aurait dit cela, immédiatement que je l’aurais mis aux arrêts. En plus un lieutenant ne peu pas dire ça à un capitaine’’, a expliqué capitaine Cherif Baldé.

‘’Il s’avère contrairement à votre affirmation que le lieutenant Lamarana vous a parlé d’une tentative de coup d’Etat. Le lieutenant Lamarana vous aurait même dit de rendre fidèlement compte de la tentative de coup d’Etat qui se tramait’’ persiste le procureur. ‘’Il ne m’a jamais dit cela’’ rejette le prévenu.
Selon maitre William Fernandez, le prévenu aurait déclaré dans son Procès verbal qu’il n’a pas pris cette information en compte parce qu’il avait auparavant entendu beaucoup de rumeur. D’ailleurs continue le procureur l’accusé a dit dans son PV : ‘’je reconnais le délit d’abstention délictueuse que j’ai commis. Et pour cela je demande la clémence’’.

Chose que capitaine Cherif nie en bloc ‘’ je n’ai jamais parlé de cela. Ce que vous dites est nul et non avenu. Je suis fait pour sécuriser un président, on est fait pour sécuriser un titre. Pendant mes 22 ans de service’’, s’est il défendu.

‘’Ce que vous dites n’est pas en harmonie avec le procès verbal’’ a fait observer le procureur général.

Interrogé par la défense, le prévenu rapporte ‘’C’est le comandant de BATA qui a dit lors du rassemblement que le président à été victime d’une attaque. Après, toutes les issues qui donnent accès au domicile du président a été sécurisée. Chaque carrefour, on a mis une équipe de 12 personnes. Moi j’étais chargé de faire des contrôles inopinés des hommes mise en place (…) Je n’ai jamais été associé à un mouvement subversive. Mon rôle c’est de satisfaire les familles en pensions et les personnels. Je suis le seul gestionnaire du personnel. Je marche avec les veuves de bureau en bureau jusqu’à ce qu’elle touche leur pension. Lieutenant Lamarana ne m’a jamais parlé d’Amadou’’, a expliqué M. Baldé.

Avez-vous remonté ces informations d’ordre criminel à la hiérarchie ? interroge Maitre Mory Doumbouya ; en réponse, il déclare ‘’l’information dont vous faites cas ne m’a jamais été transmise’’.
Puis de poursuivre ‘’Le militaire n’agi que sur instruction et sur ordre. Je jure que si c’est le BATA qui était sur place, toute la Guinée allait avoir les échos… je suis là tout simplement parce que j’ai témoigné qu’un élément a gagné un titre de congé. Ce qui me fait mal, j’ai été appelé pour faire un témoignage, on m’a emprisonné pendant deux ans. Je n’ai pas vu le corps de celui qui incorporé dans l’armée.’’ Lance-t-il en sanglot.

A la question de savoir dans quelle circonstance il a appris l’attaque, il a répondu ceci : ‘’ je l’ai appris au rassemblement devant tout le personnel militaire. Le commandant du BATA qui a donné l‘information…Je n’ai aucun intérêt à vous mentir devant cette barre. Mais ce qui ne m’a pas été dit je ne le reconnaitrais pas’’
A l gendarmerie, l’accusé déclare n’avoir pas été assisté par un avocat, on ne lui aurait même pas donné le temps. ‘’J’étais dans la cellule, il sont attendu au moment où on devait quitter la gendarmerie pou Dixxin pour m’obliger à signer mon Procès Verbal’’.

Après avoir rappelé les chefs d’accusations qui pèsent sur le prévenu, maitre Salif Béavogui de la défense a posé la question de s’avoir si l’accusé confirme n’avoir jamais été informé de cette attaque, ‘’je le confirme’’ répond-il.

‘’C’est en information du personnel que j’ai appris cette attaque’’, ajoute-t-il. Plus loin, il dira être arrivé de lui-même avec sa convocation du camp Alpha Yaya à la gendarmerie de Matam (PM3).

Du camp Alpha Yaya au PM3, il y a combien de bifurcations ? interroge Me Salif Béavogui ‘’je ne peux le compter. C’est moi qui suis venu de moi-même parce que je ne me reproche de rien’’, a indiqué capitaine Cherif Baldé.

Les audiences rendront lundi 04 mars à la Cour d’appel de Conakry.

Affaire à suivre…

Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com.

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 02-Mar-2013 à 12:32:20  Partager:   :

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