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Impasse politique en Guinée: L'OGDH de Thierno Madjou Sow se dit "inquiète et préoccupée"...

CONAKRY-A quelques jours d'une nouvelle manifestation de l'opposition en Guinée, l’Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH)de Thierno Madjou Sow a exprimé vendredi sa "préoccupation" et son "inquiétude" face à la situation "de blocage, de déchirure du tissu social, de violence, d'insécurité, que traverse le pays actuellement", a appris Africaguinee.com.A ce propos, voici une déclaration de cette organisation...
L'Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l'Homme et du Citoyen - OGDH - est fortement préoccupée et grandement inquiète au sujet de la situation de blocage, de déchirure du tissu social, de violence, d'insécurité, que traverse le pays actuellement. Ce qui a conduit à une crise aiguë, à la fois politique, économique et sociale, à un déficit grave de confiance entre acteurs politiques. Cette situation s'explique par:
1.En politique, traditionnellement, une gouvernance ethnostratégique d'une violence physique et verbale très marquée.
2. Une administration comprenant des activistes partisans formés dans les régimes à parti unique ou du Parti-Etat qui exigent de tous les cadres qui gèrent une parcelle de pouvoir à militer dans le parti au pouvoir, ce qui conduit à de graves contradictions (cf dernier cas de Guéckédougou)
3. Une gestion économique patrimoniale sans vision pratique et scientifique générant une crise économique dans tous les domaines de la vie (ralentissement ou extinction des activités économiques dans les domaines les plus porteurs de progrès)
4. Dans le domaine social, l'effet de cette politique est la frustration du citoyen à cause de la corruption, de la violence impunie, sélective, de la pauvreté, du chômage étendu et l'insécurité généralisée.
Dans l'ensemble, la conception d'un pouvoir fort, l'ethnostratégie, la gestion patrimoniale, le tout avec une vision de parti unique où on rêve à "la mort de l'opposition" avec le chef unique qui est l'exécutif (où le législatif et le judiciaire ne sont rien en réalité!) ne favorisent pas le vrai dialogue qui doit se fonder sur la compréhension, la tolérance, l'égalité, le respect de la dignité, la participation
citoyenne à la vie du pays.
Car:"Le dialogue est une coopération entre égaux pour rendre la démocratie possible. C'est une participation à un type particulier d'interaction. Il est, s'il est bien mené, source de raison. Pour cela, il faut qu'il soit un rapport social dans lequel n'intervient aucun élément d'autorité, de prestige ou de
coercition. Le dialogue suppose la décision mûrie et volontaire des parties au dialogue de résoudre les problèmes par la discussion plutôt que par les affrontements.
C'est une réglementation de l'interdépendance afin d'arriver à une paix acceptable sur des fondements voulus par tous.
On doit, pendant le dialogue, éviter toute conduite coercitive, l'utilisation du bâton et de la carotte, c'est-à -dire la violence et la corruption."
Dans ce pays, on vit avec la crispation des acteurs politiques sur leur position et des querelles internes dans toutes les institutions républicaines les empêchant de travailler sereinement (cf cas de la CENI).
Au vu de cette situation, l'0GDH en appelle:
-Au Chef de l'Etat, premier Magistrat du pays, garant de la constitution, pour qu'il respecte et fasse respecter la constitution et toutes les normes des droits de l'homme et de la bonne gouvernance.
Pour reconnaître et accepter que le seul et unique souverain est le peuple. Le chef de I'Etat a un mandat de ce peuple.
-Que particulièrement, I 'État respecte les ethnies éléments constitutifs de la nation naissante, garantisse leur égalité dans tous les domaines de la vie et assure la vraie démocratie politique et économique entre tous les fils du pays. c'est là le seul remède à l'ethocentrisme. Il faut aussi lutter contre l'impunité qui ne favorise pas la réconciliation nationale.
-Que les forces de défense et de sécurité ainsi que l'administration soient républicaines. Ainsi, elles ne doivent pas être au service d'un individu, d'un groupe ou d'un parti politique, mais uniquement du peuple.
-Aux partis politiques, pour qu'ils procèdent à l'éducation civique et politique deleurs militants afin qu'ils soient de vrais citoyens car le guinéen est loin d'être citoyen.
Pour qu'ils soient toujours pour le dialogue franc, les actions politiques légales.
-Aux acteurs de la société civile: leaders religieux, dirigeants syndicaux, ONG pour qu'ils participent effectivement à la lutte pour et la formation d'un citoyen conscient sans s'aligner de façon aveugle
Dans l'ensemble, pour une gestion harmonieuse du pays, il faut que chaque composante nationale joue son rôle dans le cadre et les limites reconnues par la loi. Et cela n'est possible que dans un dialogue franc reconnu comme moyen de résoudre de façon paisible, tous les problèmes du pays.
-A la Communauté Internationale pour qu'elle parte toujours des réalités reconnues du pays pour être efficace et ne se laisse pas distraire par des discours distillés çà et là .
Conakry, le 22 février 2013
Le Président
Dr Sow Thierno Maadjou |
  Rubrique: A vous la parole  date: 23-Feb-2013 à 17:43:35  Partager:   :  |
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