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Abdoulaye Dima Dabo,secétaire général du CNP-Guinée:" Mamadou Sylla, n'eût été le respect qu'on vou


[IMG1]Après l'intervention virulente de Elhadj Mamadou Sylla contre les syndicalistes et le gouvernement, le secrétaire général du CNP-Guinée,Abdoulaye Dima Dabo contre-attaque.Dans cet entretien exclusif, il lève un coin du voile sur l'élection de Mamadou Sylla à la tête du patronat,la position du gouvernement de Lansana Kouyaté dans cette lutte intestine qui oppose El-hadj Youssouf Diallo et Elhadj Mamadou Sylla...

L'Observateur : Par un communiqué de Elhadj Mamadou Sylla, nous avons appris que les termes Conseil national du patronat guinéen CNP-Guinée , ainsi que le logo y afférant, ne pourraient dorénavant être utilisés que par le patronat dirigé par lui. Qu'en est-il et à quoi peut-on s'attendre exactement ?

Abdoulaye Dima Dabo : Je suis très peiné de vous répondre sur cette question, eu égard au fait que j'ai eu personnellement à expliquer au président du tribunal ce que c'est qu'un syndicat des employeurs et le fait que Mamadou Sylla bloque l'affaire du logo à son niveau n'est pas légal en vertu des dispositions de la Loi Fondamentale qui donne l'indépendance aux structures syndicales et de ceux de la Convention 87 de l'OIT ratifiée par la Guinée.


Pourriez-vous revenir sur les termes de cette convention ?



La Convention 87 de 1948 en son article 2 dit ceci : ''les travailleurs et les employeurs sans distinction d'aucune sorte, ont le droit, sans autorisation préalable, de constituer l'organisation de leur choix ainsi que celui s'affilier à ces organisations, à la seule condition de se conformer aux statuts de ces derniers''.

Nous, ce sont nos statuts qui sont nos lois. Et, l'article 3 de la Convention 87 dit : « les organisations des travailleurs et d'employeurs ont le droit d'élaborer leurs statuts et règlements administratifs, d'élire librement leurs représentants, d'organiser leur gestion, leurs activités et de formuler leur programme d'action''. L'alinéa 2 de cet article dit que les autorités publiques doivent s'abstenir de toute intervention de nature à limiter ce droit ou à entraver l'exercice légal. Les organisations des travailleurs et d'employeurs se sont pas sujettes à dissolution ou à suspension par voie administrative ou judiciaire. C'est une loi internationale. C'est une convention ratifiée par tous les pays membres de l'OIT, Organisation internationale du travail. C'est la plus vielle structure du système des Nations Unies. Elle date de 1919 et l'ONU a été créée après la guerre pour protéger l'intérêt des industries de l'Amérique du nord et d'Europe. Elle a changé de physionomie au fur et à mesure que les membres augmentaient. C'est quand nous avons obtenu notre indépendance que nous avons élit notre appartenance à cette structure. Et aucun acte de justice ne pourra nous faire renoncer au logo. Ça appartient à la majorité absolue des membres.

Justement, nous avons appris que Mamadou Sylla et son équipe estiment que son éviction était en violation des statuts et des règlements intérieurs. Et voilà, pourquoi il a esté en justice...

Mais, c'est un syndicat ; vous vous réclamez président, si une partie vous a évincé illégalement, faites une assemblée générale contradictoire !

Récemment au cours d'une assemblée générale, Mamadou Sylla et son équipe ont pourvu les postes vacants. Aujourd'hui, il est reconnu par le gouvernement comme digne représentant du secteur privé et, de ce fait, ce 10 avril, il a obtenu du gouvernement, les pleins pouvoirs de diriger la délégation guinéenne à la 97è session de la conférence de l'OIT à Genève…

Où ? En tous cas, pas la Guinée. Qui a signé les accords de sortie de crise avec les syndicats, la société civile, les institutions républicaines, le gouvernement, les confessions religieuses et les coordinations régionales ? Alors ! si Yousouf Diallo a été le signataire des accords, c'est parce qu'il a le pouvoir que la majorité des membres du CNP-Guinée lui a donné. Ici, Mamadou Sylla se prévaut de ses relations personnelles avec le chef de l'État pour empoisonner le monde. Moi, je suis leader de l'UDR, un parti de la mouvance présidentielle mais je suis viscéralement opposé au mensonge et à l'injustice. Mamadou Sylla ne peut pas dire qu'il est président du patronat. On ne s'autoproclame pas président d'un patronat… Lui a été élu face au président sortant. Il n'est pas membre fondateur du patronat, c'est nous qui sommes les fondateurs du patronat guinéen. Il ne faut pas se réclamer être propriétaire du logo qui est syndical, qui n'est pas une société privé. La CNTG a été créée par le premier président de la République. Depuis sa création, il y a eu combien de secrétaires généraux qui se sont succédés à la tête de la CNTG jusqu'à Raby ? Si Raby part aujourd'hui, partira-t-elle avec le logo de la CNTG ? Yousouf Diallo partira au bout de 4 ans, ce sont d'autres qui prendront la relève avec toujours le même logo.

En tenant compte tenu de l'évolution de l'économie nationale, les membres peuvent décider de changer. En ce moment, il peut s'appeler Conseil, confédération, mouvement, etc. Ils peuvent changer d'appellation, ça ne regarde qu'eux et à la majorité absolue des membres seulement.

Alors, pourquoi vous tenez tant à utilisez le logo du CNP-Guinée si vous pouvez le changer et dire par exemple mouvement des employeurs ?



Pourquoi nous allons céder et pas Sylla étant donné que nous sommes majoritaires dans le choix des membres ? Puisqu'il est minoritaire, c'est à lui qu'il faut demander pourquoi il ne change pas.

Ne pensez-vous pas que vous ĂŞtes en perte de vitesse par rapport Ă  l'acte que vient de poser le gouvernement ?



Mais, dis donc ! Le 26 février 2008 au Palais du peuple, en pleine session du Comité de veille, le porte-parole du gouvernement a officiellement transmis à Elhadj Youssouf Diallo et à son équipe, la reconnaissance officielle du gouvernement guinéen. Parce que nous avons posé la question quand nous nous sommes rendu compte que le gouvernement est entrain de faire la navette entre nous et Mamadou Sylla. On leur a dit :''aujourd'hui, il faut définir votre position ; où nous sommes signataires des accords sur lesquelles nous travaillons, ou, si tel n'est pas le cas, nous nous retirons. En ce moment, le Comité de veille tombe parce que c'est tripartite. Et ils ont défini clairement leur position et, depuis 2006, c'est Elhadj Youssouf Diallo qui siège au nom du patronat. Où était Sylla pendant ce temps ? Pourquoi le Comité de veille ne lui a pas fait appel s'il est l'authentique président du Patronat ? Mamadou Sylla ne fait que monnayer son argent. Il corrompt l'administration. Je le dis, c'est officiel. Je l'ai dit au tribunal. Au titre du logo, je leur ai dit que ça c'est une affaire qui ne concerne pas la justice, je m'excuse ! Problème du logo d'une structure syndicale ne concerne pas la justice. Ce sont les employeurs immatriculés à la Caisse nationale de sécurité sociale qui décident. C'est-à-dire les vrais patrons, ceux qui sécurisent les travailleurs guinéens, qui préparent leur mise à la retraite. Même en voyant la liste du 28 décembre, sa soi-disant assemblée générale, c'est la rigolade. On se moque de qui ?



La Guinée est une République, il faut qu'on l'aime, qu'on la respecte. Et, c'est la justice, seulement la justice, qui peut encourager les investissements privés ici. Tant qu'il n'y aura pas une justice transparente, aucun bailleur de fonds sérieux ne viendra chez nous. C'est aussi évident que toutes les rencontres internationales auxquelles nous assistons, les partenaires ont insisté sur le fait que notre justice est corrompue.

Vous voulez dire que la décision accordée à Mamadou Sylla est caduque ?


Nous avons choisi ce logo sans la justice, et pourquoi aujourd'hui la justice va s'en mêler ? C'est la convention qui dit que seuls nos statuts sont nos points de référence. Regardez quand le tribunal dit : '' Par ces motifs, au principal, renvoyons les parties à se pourvoir devant le tribunal du travail de Conakry quant au litige portant sur la représentation du CNP-Guinée pour lequel nous nous déclarons incompétent''. C'est la justice qui le dit.

Vous avez fait appel ?

Notre avocat a fait appel immédiatement. Tout ce qu'il a dit là c'est du blabla. Devant le chef de l'État, devant le gouvernement, les partenaires au développement, je dis haut et fort (…) que nous n'obéirons pas. Cela n'engage que moi, entant que Secrétaire général. Même pas le chef de l'État, même pas son gouvernement, même pas les forces vives du pays ne peuvent nous intimer à abandonner ce logo en faveur de Mamadou Sylla. Seule l'assemblée générale qui est notre instance suprême décide de notre comportement…

Pourquoi nous ne voulons pas lâcher ce logo ? Mamadou Sylla a détourné 1 million 600 mille dollars, l'argent de la SGS que le gouvernement a mis en place pour servir de fonds de développement du patronat. C'est moi, Abdoulaye Dabo, qui ai amené ça en Guinée au terme d'une mission d'études auprès des autres structures patronales mieux organisées que nous. Comme au Sénégal, au Mali, le patronat est impliqué dans la mobilisation des recettes de l'État puisque tous les grands importateurs sont membres du patronat. Ce contrat a été signé et, lui entant que président du patronat guinéen a signé au nom du patronat guinéen… Il a détourné ces fonds. Ils les a mis sur son compte en Suisse. Quand un journaliste lui a posé la question, il a dit : ''ah, s'ils veulent ils n'ont qu'à porter plainte''. Nous avons le compte rendu financier qu'il nous fait en 2004, où il reconnaît effectivement cette somme.

Si nous changeons de logo, ce qui est possible, nous pouvons le poser en assemblée générale, nous changeons, on prend une autre appellation. Mais, si nous le faisons à l'heure où il nous doit cet argent, nous perdons, puisque nous n'avons plus l'étiquette du CNP-Guinée pour le réclamer.

C'est pourquoi vous n'avez pas changé ?

Initialement, nous voulions changer. Mais les avocats nous ont dit attention, il a signé au nom du CNP-Guinée, il a détourné votre argent, si vous changez de logo alors que vous êtes majoritaires, c'est vous qui perdez. Parce que vous n'aurez plus le pouvoir de l'attaquer puisque vous aurez eu une autre appellation. Si vous faites un autre statut enregistré au nom d'un autre patronat, vous ne pourrez plus réclamer le 1million 600.

Si on vous comprend bien toute cette bataille tourne autour de cet argent ?

Non seulement ça, mais aussi la personnalité même de Mamadou Sylla. Moi, personnellement, de lui à moi, je n'ai rien contre lui. C'est moi qui ai fait de lui président.

Comment ?


J'étais président de la Commission de restructuration du patronat en 1999.

Donc vous l'avez favorisé ?



Je ne l'ai pas favorisé. J'ai été complaisant face à sa candidature alors que le gouvernement m'avait intimé qu'il ne voulait plus d'un analphabète à la tête d'une structure patronale, parce que le patronat se gère scientifiquement. Et, il (Mamadou Sylla) n'a pas fait d'école.

Vous êtes responsable de ce qui est arrivé…


Non, non ! Les circonstances…, attendez je vais vous expliquer. Quand il venait chez moi pour poser sa candidature avec mes amis personnels qui me connaissent, lui, je ne le connaissais pas en 1999 quand il a fait son mea-culpa, je ne l'ai rien promis, il a tourné le dos, ma pauvre mère qui était sur la véranda ma demandé :



- Qui c'est ?

- J'ai dit, c'est un jeune Diakhanka qui vient faire sa publicité, il veut être président du patronat.

Ma maman m'a dit : ah, mon fils, il faut l'aider. C'est une petite minorité, ils sont à Boké là-bas. Ton père, pendant la guerre, les a beaucoup aider. Tout passait par la poste, il n'y avait pas de banques à l'époque. Ton père était receveur là-bas. C'est la poste qui était le pivot de toute l'administration coloniale. (…).

Hé Dieu ! Voilà comment je me suis détourné des recommandations du gouvernement, parce que ma pauvre maman me l'a demandé. Mais, je ne l'ai pas monnayé ! C'est pourquoi aujourd'hui je l'affronte. Il ne m'a rien donné, je ne lui ai rien demandé !

Il a pourtant affirmé que tous ceux qui l'ont évincé lui doivent, lui restent redevables…

Il n'a qu'à le prouver, puisqu'il a la justice ! Il a porté plainte contre les Finances pour ce qui est entre lui et les Finances; il avait fait arrêter beaucoup de membres de son personnel pour les mettre en prison parce qu'ils auraient fait des détournement chez lui ; mais il n'a qu'à porter plainte contre ceux qui le doivent.

Mamadou Sylla, n'eût été le respect qu'on voue au Président le général Lansana Conté, il ne pouvait pas oser nous affronter. C'est à cause des ses relations qu'il respire même de deux narines aujourd'hui en République de Guinée. Parce que tout le monde sait que les événements douloureux que nous avons connus, tout est parti de son comportement. Aujourd'hui, je mets la main au feu, il ne peut inviter chez lui aucun employeur sérieux, aucun chef d'entreprise immatriculée légalement, et qu'il réponde. Il n'y en a pas. Tout le monde vient chez Youssouf Diallo, parce que c'est lui qui est légal. C'est une élection. Quand on t'évince, tu t'en vas, c'est la démocratie ! Si tu vois qu'il s'accroche, c'est parce qu'il y a quelqu'un, un fonctionnaire complice derrière. Évidemment, ce n'est pas fortuit. Tout le monde connaît son goût très prononcé pour la corruption. L'argent qu'il dépense pour les voyages à l'extérieur, l'argent qu'il dépense pour se faire inviter par-ci, par-là … ça ne vaut pas la peine pour un président d'une structure patronale. Tu as autre chose à faire que cette publicité personnelle. Tu dois réfléchir : comment aider les membres du secteur privé de ton pays ; comment faire leur promotion ? Comment créer des emplois pour les jeunes ; comment lutter contre le Sida dans les milieux du travail ? Comment sécuriser les travailleurs pour qu'ils aient une retraite décente etc. C'est ça le rôle d'un président de patronat.

C'est un conseil d'ami Ă  Mamadou Sylla ?

Il n'a ni l'étoffe, ni la semelle qu'il faut pour ça. C'est dommage !



Il y a quand même des structures nationales et internationales qui l'invitent, mais partout où il va vous vous le suivez de près ?



Non ! Avant que Monsieur Sylla ne soit suspendu et remplacé à la tête du Patronat, ces événements se passaient en dehors de nos frontières, mais il n'y allait pas. Aujourd'hui, il se fait inviter partout, même dans les ambassades ici. Parce qu'il y a ça (… ?) qui manque. Sinon comment vous pouvez comprendre qu'un président de patronat d'une zone monétaire donnée, se fait inviter par le gouverneur d'une Banque centrale d'une autre zone qui n'est la vôtre. Qu'est-ce qu'il va y chercher, il n'est pas concerné ? L'autre utilise le CFA et vous le Franc Guinéen…


Il se fait inviter à l'OCI (Organisation de la conférence islamique), l'OCI est une affaire des États islamiques, pas des patronats. D'ailleurs tout ce que cette structure finance dans nos État, c'est avec le gouvernement, ce n'est jamais avec le secteur privé. Tu va cherche quoi là-bas ?

Avant lui il y avait Elhadj Gallé Hann, qui est président fondateur. Le jour des élections en 1999, il était là en compétition avec ce dernier. C'est lui qui a remporté. Pourquoi le fondateur n'a pas dit : ah, c'est le logo, c'est pour moi ? C'est Elhadj Gallé Hann qui est le président fondateur du patronat guinéen. Et Dieu seul sait combien de millions il a investi pour le Patronat étant donné qu'à l'époque, il n'y avait pas de cotisations. Tout était financé de sa poche. Pourquoi ce dernier n'a pas dit : tu m'as battu pendant les élections, je garde le logo, c'est pour moi. Pourquoi lui qui est le deuxième président veut avoir le logo pour lui ? Il déclare que le logo est une marque de fabrique. Mais, qui est aveugle ? C'est la justice guinéenne seulement qui peut écouter cela. Au Sénégal à côté, il y a 24 patronats. Chaque patronat a son appellation. Et pourtant au début, il n'y avait qu'un seul patronat. Au fur et à mesure qu'ils se disputaient sur le programme d'activités, chaque mouvement a créé son patronat. Eux n'ont pas fait d'histoires, ils n'ont pas été à la justice.



Mamadou Sylla, au lieu de se mettre à corrompre l'administration, n'a qu'à créer un autre patronat avec un autre logo. Personne ne l'en empêchera, en tous cas, pas nous. Parce que tous les employeurs guinéens ne sont pas membres du patronat. C'est tous les travailleurs ne sont pas membres d'une seule centrale syndicale. Il y en 10 mais vous voyez combien ? C'est sur le terrain que vous vous affirmez. Et le gouvernement n'a pas de choix à faire, il travaille avec les structures les plus représentatives.


Ah, bon ?

Oui. Les pleins pouvoirs dont vous avez parlé tantôt, du Ministre des Affaires étrangères, c'est dommage ! je ne voulais pas en parler. (…). Je ne le condamne pas, je condamne ses fonctionnaires qui sont autour de lui. Lui, il vient d'arriver aux AE, il ne connaît pas, il n'a jamais été diplomate. Ce sont ses structures techniques des AE qui font ces pouvoirs pour qu'il signe et puis après ils diront il y a vice de forme…. Toi, tu ne peux pas signer ça tant que le Ministre en charge du travail ne t'écrit pas. Parce que c'est le Ministre en charge du Travail qui est chef de délégation. C'est une délégation tripartite dont le gouvernement est obligatoirement chef de délégation. Les patronats et les syndicats ne sont pas membres du BIT, c'est l'État qui est membre du BIT. C'est lui qui paie sa cotisation, ce n'est pas le patronat. C'est la seule structure des Nations Unies tripartite où les trois structures discutent à égalité autour de la table…



Nous, nous avons reçu déjà des coups de fil de Genève qui nous dit mais au fond, de tous les pays d'Afrique, c'est seulement la Guinée qui nous crée des problèmes. Pourquoi vous ne pouvez pas lire entre les quatre lignes des statuts du BIT ?... Ils ont dit mais, c'est le gouvernement qui est chef de délégation, pas le patronat. C'est quoi ça ? Tant que le Ministre en charge du Travail d'un pays donné n'envoie pas sous son sceau la liste, c'est caduque. Le BIT ne dépends pas du Ministre des affaires étrangères, il a pour partenaire le gouvernement à travers le Ministre en charge du travail.


On pourrait se retrouver alors avec deux délégations guinéenne à Genève ?



Ce que je sais, c'est le gouvernement qui constitue la délégation officielle. Ce que je sais, c'est que jusqu'à preuve du contraire, le gouvernement a défini sa position en ce qui concerne M. Youssouf Diallo, président du Patronat guinéen. Et ce, en vertu de l'élection du 25 octobre où, publiquement, on a renouvelé la confiance en Youssouf Diallo qui assumait l'intérim de Mamadou Sylla pendant sa suspension. (…).


Vous serez au BIT ou pas ?



Moi, je serai au BIT. D'abord, je suis membre suppléant du Conseil d'administration du BIT.


Vous avez dit que la délégation doit être dirigée par le gouvernement ?


Et elle le sera, parce que jusqu'à présent la délégation n'a pas été formée. Il y a une date butoir, la liste doit arriver au plus tard le 15 mai. On a le temps. Pourquoi Mamadou Sylla s'est précipité ? C'est pour empoisonner l'atmosphère. Il dit : ''ah, moi je suis reconnu par le gouvernement !'' Quand un président de patronat dit qu'il est choisi par le gouvernement, mais ça fait sourire. Parce que ce n'est pas le gouvernant qui t'élit.



Pour quelles raisons vous avez claqué la porte au Comité de veille ?

Nous avons claqué la porte parce qu'il y a une confusion. Au sortir de ces pouvoirs des Affaires Étrangères, nous avons estimé que quelque part, ça ne va pas. Vous ne pouvez pas être en discussion avec une structure patronale et vous accordez reconnaissance à une autre. Et vous savez pertinemment que les pouvoirs que vous accordez ne sont délivrés qu'à la demande d'un autre membre du gouvernement. Ça provoque des claques au gouvernement, et ce n'est pas agréable. Et c'est le seul pays où enregistre les choses comme ça au niveau du BIT, produit exclusivement par (…) Mamadou Sylla.

(…) Quelque part quand l'estomac a faim, l'esprit s'en fout de la morale. Mais quoiqu'il arrive à un citoyen, à un cadre, il faut garder ta dignité, parce que l'histoire retient toujours ce que vous faites. Et ça se paie toujours. Parce que rien n'est plus douloureux dans la vie que de se rappeler du temps du bonheur dans l'infortune. Je ne souhaite à aucun guinéen de se retrouver dans cet état.

Depuis que nous sommes partis de ce Comité de veille, il n'y a pas eu de session. Les syndicats sont parti, la société civile également.

Ils vous ont manifesté leur solidarité ?

Ils sont solidaires parce que cette crise, nous l'avons géré ensemble. Et c'est Mamadou Sylla qui était à la base de cette crise. Et la feuille de route le concernait. Kouyaté est arrivé, au lieu de s'accrocher à sa feuille de route et chercher les solutions, bon, le cas Mamadou Sylla le déborde maintenant. Parce qu'il a eu le temps de mettre ses racines où il faut. Il embête le gouvernement. Qui fait l'autorité ? C'est le gouvernement. Nous, nous travaillons, parce que sereins. Il ne peut pas nous empêcher de travailler ici et à l'extérieur du pays. On lui laisse s'agiter, on lui laisse faire. On dit : laisse le mouton courir, ''a nou tagan, a ti ma'' lorsqu'il sera fatigué, il stoppera.


Et comment vous allez continuer le dialogue ?

Le dialogue n'est pas rompu. Vous savez, quand une faute est aussi large que ça, il faut un certain temps pour redresser, pour que les esprits se retrouvent. Nous sommes confiants qu'un jour nous arriverons à nous entendre, forcément. Puisque c'est une faction du gouvernement qui l'a fait (délivrer les pleins pouvoirs).

Le Premier ministre promet de vous rencontrer…

On lui donne le temps de discuter avec son gouvernement et de venir donner la réponse officielle. D'ici là, nous nous abstenons d'aller parce que si nous ne sommes pas considéré, nous serons des intrus. Si nous ne sommes pas reconnu comme tel, représentant du secteur privé.



Propos recueillis par Mouctar Diallo
Source:L'observateur-Guinée
Africaguinee.com

  Rubrique: Interview  date: 13-May-2008 ŕ 09:45:23  Partager:   :

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