Detail de la News

Grande interview: Abraham Bouré du RGUD parle...





CONAKRY"Aucune région, aucune ethnie ne peut diriger la Guinée"!A quelques jours d'une manifestation de l'opposition, Abraham Bouré de la mouvance présidentielle croit à la nécessité d'instaurer un dialogue entre le pouvoir et l'opposition.Allié du candidat Alpha Condé lors de la présidentielle de 2010, Abraham Bouré qui dirige le Rassemblement des Guinéens pour l’unité et le développement (RGUD) se prépare également pour les prochaines élections législatives annoncées pour le 12 mai prochain. Il s'est confié à notre rédaction...

AFRICAGUINEE.COM : Bonjour Monsieur Abraham Bouré !

ABRAHAM BOURE : Bonjour M. SOUARE !

AFRICAGUINEE.COM : Avec votre formation politique, le RGUD, vous aviez soutenu le président Alpha Condé lors de l’élection présidentielle de 2010. Aujourd’hui vous êtes le numéro deux du département du plan. Peut-on dire que c’est une récompense ?

(Rire) ! Bon, récompense, c’est trop dire. Le Président de la République a jugé utile de me mettre au niveau du département du plan pour contribuer à appliquer sa politique du gouvernement. Vous savez les secrétaires généraux, ce sont les mémoires des départements ce sont les techniciens des départements. Donc je joue pleinement ce rôle et conformément à la loi.

AFRICAGUINEE.COM : Contrairement à d’autres formations politiques qui avaient soutenues le candidat du RPG d’alors, Monsieur Alpha Condé, votre parti politique, le RGUD n’a pas fusionné. Peut-on savoir quelles en sont les raisons ?

Vous savez que notre parti, RGUID a participé aux premières élections présidentielles libres et transparentes reconnues par tous. Bien qu’il y a eu plusieurs des dérapages et de dysfonctionnement au niveau de la CENI (Commission électorale nationale indépendante, Ndlr), mais au finish les partis politiques ont accepté les résultats. Et on est passé au deuxième tour. Donc, nous nous sommes engagés en politique, un an après, on ne peut pas fusionner surtout qu’on a un objectif : c’est de contribuer au débat politique. Mais nous avons choisi le camp de l’alliance Arc-en-ciel dès le deuxième tour, et nous restons campés sur notre position. Et nous disons que nous sommes un parti allié au RPG Arc-en-ciel de maintenant. Et la fusion, nous avons dit dès le départ, qu’on ne pouvait pas le faire. Et nous sommes un parti allié qui est du côté du Pr Alpha Condé, nous soutenons ses actions. Et bien sûr, s’il y a des dysfonctionnements, des erreurs, des dérapages, nous le signalons immédiatement pour qu’on arrive à corriger et prendre une direction qui rassemble tous les Guinéens.

AFRICAGUINEE.COM : Nombreux sont ces leaders politiques qui avaient soutenu le Président Alpha Condé aujourd’hui qui se retournent maintenant du côté de l’opposition. Est-ce qu’on peut dire qu’il y a un malaise aujourd’hui dans le camp présidentiel?

Bon, malaise c’est trop dire. Vous savez, tous les partis politiques ont ce droit de rester ou ne pas rester avec une alliance. C’est leur choix. Ils ont choisit de quitter le RPG Arc-en-ciel, je respecte leur choix. Mais je vous dis que le RGUD a choisi de rester du côté du président Alpha Condé et je continue de me battre. Mais ce sont des frères guinéens que je considère et je respecte leur point de vue qui doit justement contribuer au débat contradictoire dans ce que nous sommes entrain de faire dans l’apprentissage de la démocratie. Donc ce n’est pas un problème pour moi qu’ils quittent le RPG arc-en-ciel et qu’ils aillent rejoindre l’opposition. L’opposition, il n’y a que nos frères qui sont là-bas. Ils n’ont qu’à contribuer et dire ce qui ne va pas dans la politique du gouvernement. Et ensemble, nous pensons qu’on peut toujours essayer de résoudre ces problèmes pour faire avancer le pays.

AFRICAGUINEE.COM : En tant que leader politique, que pensez-vous des divergences qu’il y a aujourd’hui entre la mouvance présidentielle et l’opposition qui empêchent la tenue des élections législatives en Guinée?

Les deux points que l’opposition a soulevé, notamment l’opérateur et le cas des Guinéens de l’étranger, je ne vois pas de contradiction majeure. C’est leur point de vue. Vous savez au premier tour, nous-mêmes au niveau de l’alliance arc-en-ciel, on avait évoqué 24 points de revendications sur la CENI. Donc c’est tout à fait normal qu’ils mettent sur table les problèmes de way-mark. Mais vous savez que way-mark est une société sud africaine qui a fait ses preuves dans d’autres pays. Donc, nous disons qu’on doit mette tous ces points sur la table, qu’on se retrouve et qu’on discute. D’ailleurs, il faut qu’on aille rapidement aux élections parce que c’est indispensable. Un pays qui, depuis trois ans maintenant n’a pas d’Assemblée. Je ne vois pas pourquoi on ne se mettrait pas ensemble pour qu’on en discute pour la mise en place d’une Assemblée qui surveillera les intérêts du peuple. Vous savez que c’est régime présidentiel qui est là. Et le président de la République a beaucoup de pouvoirs pour agir.


Donc, ce que je conseillerais à mes frères de l’opposition c’est de se ressaisir, de revenir à la table bien sûr avec le pouvoir, qu’on mette tout sur table et qu’on propose quelque chose au président pour qu’il entérine rapidement et qu’on aille aux élections qui sont indispensables pour ce pays.

AFRICAGUINEE.COM : Justement l’opposition dénonce l’absence de ce cadre de dialogue. Et d’ailleurs, elle envisage des manifestations à partir de 7 février prochain…

Oui, l’opposition insiste toujours sur ses points de revendications, c’est tout à fait normal. Le code électoral ou la constitution leur donne ce pouvoir de manifester. Moi je dis qu’ils peuvent bien manifester. Mais le seul problème, c’est qu’on est en apprentissage de la démocratie. Les militants à la base ne sont pas assez formés civiquement pour comprendre quand on dit marche pacifique, c’est pour passer entre des personnes, passer devant des boutiques, ne rien toucher et passer librement et pacifiquement. Généralement, ce qu’on a constaté, c’est que les marches débordent toujours. Il faut qu’ils prennent des gardes fous. Le gouvernement peut les encadrer, voir la police ou la gendarmerie, pour assurer les démarches et autres. Mais, le résultat c’est qu’il faut qu’on réunisse tous les acteurs politiques afin qu’on échange et qu’on dialogue pour qu’on se mette à un consensus.

AFRICAGUINEE.COM : A en croire au chronogramme proposé par la CENI, les élections législatives devraient se tenir le 12 mai prochain. Au niveau de votre parti, comment comptez-vous aller à ce scrutin, avec la mouvance présidentielle ?

Vous savez, dans les différents partis ou les alliances politiques ce sont les négociations. Il faut s’entretenir, échanger et voir comment on peut se mettre ensemble pour avoir le meilleur résultat. Nous, nous avons un parti politique qui s’est engagé à participer aux élections présidentielles, nous avons des électeurs qui sont là, et nous sommes un parti légitime. Parce que quand vous regardez, ce sont les 24 candidats qui peuvent dire qu’ils ont des électeurs dans une élection libre et transparente. Donc nous allons présenté notre liste nationale. Et nous allons aussi négocier au niveau des élections uninominales compte tenu de nos concessions avec nos partenaires et nos alliés.

AFRICAGUINEE.COM : Peut-on savoir comment se porte le RGUD, trois ans après sa création et quelles sont vos projets au sein de la future assemblée nationale ?

Le RGUD se porte très bien. Vous savez qu’il a été le dernier parti politique à venir sur la scène. Quand on est arrivé, c’était au mois de mai, et trois voir quatre semaines après, il y a eu les élections. Donc, nous avons fait une campagne intelligente qui a été appréciée par beaucoup de candidats et la communauté internationale. Parce qu’au finish, on est venu me féliciter pour me dire que la campagne a été bonne et des leaders qui allaient dans des régions, on les confondait à Abraham Bouré ! D’autres leaders sont allés faire la campagne à la base, les militants disaient ‘’ Abraham Bouré ! Abraham Bouré !’’, ils disent non, ce n’est Abraham Bouré, il est à Conakry. Donc c’est pour vous dire que la campagne a été bien menée, d’une manière intelligente. Si vous avez vu le résultat, on a eu une position qui est respectable. On n’a pas été dernier. On est venu parmi les gens qui sont là depuis 20 ans. On est venu à trois semaines. Des gens qui ont mis beaucoup de milliards en jeu, et vous avez-vu, les gens ont voté pour la rupture, le changement, pour une Guinée unie. L’idée qu’on a donnée, il fallait que tous les Guinéens se donnent la main et dire que c’est la Guinée qui peut diriger ce pays et non une région. Bien qu’au départ les campagnes étaient concentrées sur les communautés, nous pensons qu’aucune communauté, qu’aucune région ne peut diriger ce pays parce que quand vous regardez un peu les statistiques, vous voyez les peuls, c’est 26%. Et, les malinkés c’est 24 ou 24% ; Les soussous 21 ou 22%. Aucun groupe ethnique ne peut diriger ce pays. Il faut la synergie, il faut que ces groupes se donnent la main, qu’on voit la nation et qu’on tienne compte des projets et programmes de société des candidats. Je pense qu’avec cette prise de conscience qui commence à se mettre en place maintenant là, les gens commencent à regarder les programmes de sociétés de leurs candidats, je crois que ça va donner des résultats. D’ailleurs les priorités du programme ….on a synthétisé ça à 9 points ou huit points. C’était donc, la sécurité, la stabilité et la paix. Le deuxième point, c’est la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Et le troisième point, le développement du secteur privé, le quatrième point, le développement du secteur rural, l’agriculture, la pêche l’élevage et autres. Le cinquième point, c’est les infrastructures, le 6ème, c’est le développement social, l’éducation et la santé ; le 7ème point l’emploi des jeunes et l’auto emploi ; le 8ème point, le développement du secteur minier et le 9ème, l’intégration sous-régionale te régionale. Ça c’est le condensé du programme. Nous pensons que, nous avons dit que c’est une Guinée unie et unifiée. Une Guinée qui se donne la main et qui se met au travail pour que ce pays avance. D’ailleurs, notre devise c’est : l’unité, le travail et le progrès. Il faut d’abord l’unité, quand y a l’unité, nous pouvons nous mettre au travail et conséquemment le résultat sera le progrès.

AFRICAGUINEE.COM : Vos perspectives pour la prochaine Assemblée nationale ?

Notre objectif d’abord, c’est avoir un groupe parlementaire. Nous nous battons pour ça. Nous disons à nos militants et sympathisants de se concentrer et de faire le porte à porte. On a fait que tenir la feuille de route qu’on a mise en place et de voter pour le RGUD pendant les élections législatives. Quand nous serons à l’Assemblée, nous allons défendre les priorités et les préoccupations des populations à la base.

Concrètement, disons si c’est la région de Labé, Kindia ou autres, tous les problèmes au niveau local seront pris en compte et défendus à l’assemblée nationale, au perchoir. Et les ministères qui sont en charge du développement nous allons les suivre à l’œil et nous allons au ministère des travaux publics, s’il y a des routes qui ne sont pas bitumées ou s’il y a des problèmes qu’on rencontre tous les jours, on va inviter ces ministres à l’Assemblée pour leur demander comment se fait-il qu’ils n’arrivent pas à résoudre ces problèmes.

INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou
Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM
Guinée-Conakry
Tél. : (224) 62 65 75 74/ 64 95 36 33

  Rubrique: Interview  date: 05-Feb-2013 à 09:46:06  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S