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Etat des centres pénitentiaires : Le constat “amer“ du ministre Gassama Diaby…





PITA- Le ministre des droits de l’homme et des libertés publiques poursuit sa tournée à l’intérieur du pays. Après l’étape de Labé où il a rencontré ce matin les associations de jeunesse ainsi que la société civile et la notabilité de la ville de Karamoko Alpha, Kalifa Gassama Diaby et sa suite se sont rendu à Pita où il a visité entre autre la prison civile, le commissariat de police et la brigade de la gendarmerie départementale, a constaté sur place africaguinee.com.

Durant son périple, le ministre a expliqué à ses interlocuteurs le rôle dévolu à son ministère, tout en demandant le soutien de tout un chacun pour la réussite de sa mission. Il a surtout insisté sur la nécessité d’agir pour la promotion des droits humains afin de pérenniser la paix en Guinée.
“Si nous voulons pérenniser la paix dans notre pays, nous devons agir chacun pour la défense et la promotion des droits humains tout en évitant la violence qui est antinomique aux droits de l’homme“ a déclaré le ministre des droits de l’homme.

A l’instar de la prison civile de Labé, Kalifa Gassama Diaby a dépeint une hideuse image de l’administration pénitentiaire et de l’appareil judicaire de la ville de Pita. Il s’est indigné surtout face aux conditions de détentions des prisonniers à la maison centrale de cette ville. Conditions qui, selon lui sont incompatibles au respect des droits de l’homme et de la dignité de la personne humaine.
A la gendarmerie départementale qui n’a que sept agents, le ministre a eu du mal à avoir un interlocuteur capable de lui expliquer réellement le fonctionnement de cette unité. Le chef de poste trouvé sur les lieux ne pouvait s’exprimer de manière cohérente, car étant dans un état d’ivresse.
Quant au commissariat de police qui est en état de délabrement très poussé, la délégation n’a pu rester que pendant 10 minutes sur les lieux à cause des odeurs pestilentielles qui provenaient du seul violon que possède ce commissariat.
A la prison civile de Pita qui a une population carcérale de 66 détenus dont 31 condamnés et 35 non-condamnés, le constat est plus qu’alarmant. A l’arrivée dans ce vétuste bâtiment abritant la prison, on est accueilli par une odeur nauséabonde. Dans les cellules, on y voit de personnes de tout âge. Parfois des criminels et même des fous partageants les mêmes cellules avec des présumés innocents de douze ans maximum.

Le chef de département de droits de l’homme n’est pas allé du dos de la cuillère pour décrire un constat plus que dégradant.

« Les conditions de détention sont dégradantes, elles sont humiliantes et elles sont insupportables. Tout doit être fait pour que cela change puisque rien ne va dans le sens de ce qui est exigé par rapport aux droits de l’homme », avoue le chef de département chargé des droits de l’homme.
« il y a de personnes malades dedans, des mineurs, une surpopulation, tout cela doit changer. L’Etat doit prendre ses responsabilités pour répondre aux normes qui s’imposent à nous aussi bien sur le plan interne qu’international. L’état des lieux, l’état des prisonniers, le constat me semble évident que rien ne répond aux conditions les plus minimales d’une détention qui soit conforme au principe des droits humains et de la dignité des personnes humaines », a avoué Kalifa Gassama Diaby.

Le ministre des droits de l’homme se dit être conscient des difficultés auxquelles sont confrontés les services de sécurité. Qu’à ce la ne tienne ajoute-t-il, le minium doit être fait pour que ceux qui sont détenus, le soient dans des conditions qui répondent aux principes auxquels la Guinée a adhéré notamment, traiter dignement toute personne humaine a-t-il précisé.
Le constat sera lucidement fait au moment opportun promet Kalifa Gassama Diaby
« Nous devons changer, et nous devons faire changer les choses pour être fidèle aux valeurs démocratiques et au respect des droits de l’homme tant sur le plan interne que sur le plan international », a-t-il interpelé.
Pour le ministre, le minimum qu’on puisse attendre d’un Etat démocratique respectueux des droits de l’Hommes, c’est de pouvoir concilier le principe de sécurité au principe de traitement digne de toute personne humaine quelque soit ce qu’elle ait fait.

Toutefois, rappelle Kalifa Gassama Diaby, il n’y a pas d’espérance possible pour la promotion des droits humains, où l’impunité est la règle.

Dans la journée du lundi, la délégation rencontrera les autorités préfectorales et communales de Dalaba, ensuite rendra visite la prison civile de cette ville ainsi que les locaux des forces de l’ordre et de sécurité.

A suivre…

Diallo Boubacar 1
Envoyé spécial d’Africaguinee.com.



  Rubrique: Politique  date: 04-Feb-2013 ŕ 12:06:20  Partager:   :

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