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Elections législatives en Guinée : La mouvance présidentielle pourra t-elle avoir la majorité ?

CONAKRY- Alors que l’incertitude plane toujours sur la tenue des prochaines élections législatives le 12 mai prochain, beaucoup d’observateurs se demandent aujourd’hui qui sera à la tête de la future assemblée nationale du pays. Ces interrogations sont d’autant plus normales puisque la “bataille“ pour la conquête de l’électorat semble être très rude.
En effet, l’opposition guinéenne se renforce d’avantage et affûte ses armes en vue d’avoir la majorité au sein du futur parlement. Elle s’est sentie beaucoup renforcée depuis la défection de plusieurs formations politiques de la mouvance présidentielle à son profit. Après l’ancien ministre Jean Marc Telliano, qui est à la tête du Rassemblement pour le Développement Intégré de la Guinée, ce fut autour du “Club Des Républicains“, alliance qui s’est toujours réclamée comme du centre, de rejoindre le camp de l’opposition. Cette nouvelle donne fait penser à plusieurs observateurs de la scène politique guinéenne que c’est l’inverse du second tour de l’élection présidentielle qui est entrain de se produire.
Si entre les deux tours, le candidat du “RPG“ d’alors, Alpha Condé, avait réussi à fédérer autour de lui une dizaine de formations politiques ayant participé au premier tour, une multitude d’autres partis et de mouvements de soutien, aujourd’hui force est de constater qu’il ne reste plus qu’une infime partie parmi ses alliés d’alors.
Du côté de la basse côte, la plupart des leaders qui avait apporté leur soutien au président Alpha Condé ont pratiquement basculé dans le camp de l’opposition. Parmi eux, on peut citer par exemple, le président du “GPT“, Ibrahima Kassory Fofana.
Connaissant la cartographie électorale de la Guinée, le parti au pouvoir et ses alliés savent qu’ils ne peuvent pas espérer à un “miracle“ du côté de la moyenne guinée. Les populations de cette région sont presque toutes acquises à la cause du leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo, ce, malgré les nombreuses missions effectuées par certains émissaires du président Condé au Foutah.
Cependant, la mouvance présidentielle pourra compter sur ses “inconditionnels“ du côté de la haute guinée, même si le leader du parti de l’espoir pour la démocratie et le développement, Lansana Kouyaté, peut créer la surprise.
La seule chance pour le RPG arc-en-ciel et ses partis alliés d’avoir une majorité lors du prochain scrutin, c’est sans nul doute, en se rabattant sur la population électorale de la guinée forestière. Cette région qui a joué un grand rôle dans la victoire du chef de l’Etat, est forte de sa population électorale qui occupe la deuxième place, après la capitale Conakry.
L’on dit d’ailleurs, qu’au lendemain de sa victoire aux élections présidentielles de 2010, le président Alpha Condé avait promis de “donner“ la présidence de la prochaine assemblée nationale à cette région, comme il l’a d’ailleurs fait pour la basse côte à qui il a donné la primature. Certains analystes estiment même que c’est pour cette raison que le choix de la préfecture devant abriter les festivités marquant le 55e anniversaire de l’accession de la Guinée à l’indépendance a porté sur N’zérékoré, capitale de la région forestière.
Le seul hic est que le camp présidentiel ne dispose plus assez d’alliés dans cette région. Le divorce étant déjà consommé avec le leader du RDIG, Jean Marc Telliano, mais aussi avec l’ancien ministre de la communication, Dirus Dialé Doré qui était président du “RDR“, le président Alpha Condé ne peut que compter sur son ministre d’Etat chargé de l’énergie, Elhadj Papa Koly Kourouma, qui avait eu près de 5% des suffrages exprimés lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2010. Très proche du capitaine Moussa Dadis Camara, ancien président du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (ancienne junte au pouvoir, Ndlr), celui que les intimes appellent affectueusement “PKK“, avait réussi à fédérer autour de lui, beaucoup de mouvements de soutien au candidat du “RPG“ lors du second tour de l’élection présidentielle.
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, l’opinion nationale et la communauté internationale ne cessent de demander la fin de la transition enclenchée depuis décembre 2008, avec l’organisation rapide des élections législatives.
Ahmed Tounkara
Pour AFRICAGUINEE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 30-Jan-2013 ŕ 01:41:39  Partager:   :  |
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