
CONAKRY-L’ambiance était électrique ce soir à la cour d’assises de Conakry entre les avocats de la défense et ceux de la partie civile dans le procès des présumés auteurs de l’attaque qui a visé le domicile privé du Chef de l’Etat, a constaté sur place Africaguinee.com.
Les hommes en robe noire ont montré ce soir une autre image du barreau de Guinée à la Cour d’assises.il s’en est fallu de peu pour qu’ils n’en viennent aux mains. Les pics, les indexations venaient de toute part. L’origine de leur engueulade : quand maitre Bassirou Barry avocat de la défense a dans ses commentaires, cité le nom du Chef de l’Etat en affirmant qu’il fut un moment, il était avocat d’un certain Alpha Condé à la même cour. Il n’en fallait trop pour provoquer la réaction de la partie civile.
Maitre Mory Doumbouya lance aussitôt laconiquement objection M. le président ! C’est une offense contre la personne du Chef de l’Etat.
Après quelques échanges de paroles plutôt dures les uns contre les autres, le président de la Cour réussira difficilement à remettre de l’ordre dans la salle d’audience. C’est ainsi qu’il a ordonné à Me Bassirou de rendre le micro à un de ses confrères de la défense.
Prenant la parole, Maitre Traoré déclare : « Maitre Bassirou, il ne faut pas faire en sorte que ceux qui soutiennent qu’il ne faut pas défendre un parent dans un procès… ».
Subitement il a été coupé par Maitre Lamy Kamano de la partie civile, qui, se sentant offensé par son confrère de la défense tempête de façon lapidaire à la volée « Que ça cesse ! Que ça cesse ! Tu m’a attaqué au tribunal de Kaloum, tu ne peux pas m’offenser ici ! Je ne le tolère plus ! Que ce soit la dernière fois » martèle Me Kamano visiblement au comble de son courroux.
La chandelle était allumée, Maitre Traoré sur ces nerfs réplique : « personne ne peut m’empêcher de dire ici ce que je pense. Je ne suis pas l’enfant de quelqu’un. Je ne tolère pas cela ! »L’assistance dépassée par le cours des évènements commence à se vider de la salle. La sécurité écarquille les yeux et commence à faire des allers et retours.
Dans la foulée, le président du Barreau Me Dina Sampil fait son entrée et tente de les calmer. Impossible ! Il se lève vêtu de sa robe pour prendre la parole, en vain. Mais l’atmosphère était si ridicule que l’on se croirait dans un marché. Les envolées oratoires, les piaillements des uns et des autres étaient dans leur comble.
Le président de la cour a tenté de les calmer en vain : « Vous donnez une très mauvaise image du barreau de Guinée à l’extérieur, on est suivi de l’étranger », a-t-il lancé. Mais cette remarque du président de la cour est tombée sur de sourdes oreilles.
C’est ainsi qu’il a suspendu les audiences avant l’heure habituelle. Les audiences ont été renvoyées pour le vendredi 25 janvier 2013.
Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinée.com.
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 23-Jan-2013 ŕ 20:33:44  Partager:   :  |