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Attaque du 19 juillet: Ce que l'accusée Fatou Badiar Diallo a dit à la cour...

CONAKRY- Arrêtée seulement deux jours après la célébration de son nouveau mariage, celle qui est considérée comme étant l’instigatrice de l’attaque contre la résidence du président de la République, est tombée en sanglot ce vendredi devant la Cour a constaté sur place Africaguinee.com.
A l’entame, elle a été auditionnée par la partie civile qui a soutenu par la voix de Maitre Mory Doumbouya, que Mme Fatou Badiar Diallo avait des griefs contre le Chef de l’Etat. Selon cet avocat, cette dame a mobilisé des hommes et des armes pour attenter à la vie du Chef de l’Etat. Interrogée si elle confirme cette affirmation, l’accusée souligne qu’elle ne répond pas à cette question.
Poursuivant, l’avocat a qualifié l’accusée « d’arrogante et ambitieuse ». Irritée par ses qualificatifs, Mme Fatou Badiar rétorque :
« Vous ne pouvez pas m’insulter comme ça. Je vous interdis de m’insulter en public » a-t-elle lancé de manière ferme.
Après quelques minutes de quiproquos entre la défense et la partie civile, le président de la cour calmera sereinement les uns et les autres tout en ordonnant à l’avocat de continuer à poser ses questions.
-« Contestez-vous vos relations avec le Commandant Alpha Oumar Boffa Diallo ? », demande à nouveau l’avocat ; l’accusée répond :
-« Tous ceux qui ont travaillé à la présidence au temps du Général Lansana conté (ancien président de la république, Ndlr) connaissent le commandant Alpha Oumar Diallo », répond l’accusée qui précise n’avoir pas de relations particulière avec AOB, que celui-ci ne l’a jamais fréquenté.
Mme Fatou Badiar Diallo a toutefois maintenu qu’elle a eu une communication avec le chef d’État-major général des armées, le Général Kéléfa Diallo, qui d’ailleurs, selon elle, se connaissait bien avec sa famille, car dit-elle celui-ci a été formé par son mari. Et il venait souvent manger avec mon mari à la maison.
Interrogée par l’avocat Saa Lamey Kamano de la partie civile, sur la nature de son interrogatoire à l’enquête préliminaire, elle dira qu’en ce moment elle était souffrante lors qu’elle a été interrogée.
-« On m’a cogné au genou, jusqu’à présent ça me fais mal. Je ne mangeais pas, on m’a retiré mon argent et mon médicament. C’est la croix rouge qui est intervenue pour qu’on me rende mon médicament. J’ai été hospitalisée pendant deux mois à Ignace- Deen (un CHU de la capitale Conakry Ndlr) » , s’est défendue l’accusée.
-« Est-ce que vous avez des armes chez vous ? », demande Me Kamano ;
- « Ceux qui ont perquisitionnée ma maison à kountia n’ont rien vu ! », répond Mme Badiar Diallo.
-« Est-ce que vous avez transporté des armes à Maférinya ? », poursuit Me Kamano ;
- « Jamais ! Même la gendarmerie qui s’est transportée là -bas n’a rien vu. J’ai une plantation et une concession là -bas » , réplique l’accusée.
-« Peut-on parler de « race » en Guinée ? », interroge un avocat de la défense .
- « Non ! », réagit l’accusée.
-« Comment pouvez-vous concevoir qu’on vous poursuive de racisme ? », poursuit l’avocat.
- « Je me le demande moi-même ! », répond Mme Badiar Diallo.
-« Où est ce que vous vous êtes arrêtée pour crier la prédominance d’une ethnie sur une autre ? », interroge l’avocat de la défense
-« Nulle part », dit-elle.
-« Où aviez-vous appris que le domicile du Chef de l’Etat a été attaqué ? », demande l’avocat de la défense ;
-« C’est au village », a laissé entendre Mme Diallo.
-« Si vous étiez le cerveau de l’attaque, qu’alliez-vous faire en ce moment ? », demande l’avocat,
-« J’allais partir même à pied », répond l’accusée.
-« On nous a fait croire que vous avez attenté à la vie du chef de l’Etat parce que vous ne l’aimez pas, est ce qu’on peut attenter à la vie de tous ceux que vous n’aimez pas ? », interroge Me Béavogui.
-« Non ! », répond dame Fatou Badiar
-« Reconnaissez-vous les faits ? », interroge Me Béavogui,
- « Je ne reconnais pas les faits, avant le 8 juillet, j’étais à la maison et j’avais coupé toute activité et tout contact avec tout le monde. En route c’était surprenant pour moi qu’un général des armées m’appelle, tout de même j’ai continué ma route (…) Avant mon départ, je n’étais pas recherchée par la police, ni par qui que ce soit », raconte Mme Fatou Badiar Diallo.
-« Etiez-vous informée que votre frère a été tué le jour de l’attaque ? », poursuit l’avocat,
- « Non. C’est mon mari qui m’a appelé pour me dire que des policiers me cherchent. J’ai attendue à 18 heures ils sont venus me chercher. Pour moi je ne me reproche de rien. Depuis qu’on m’a remis la convocation j’ai perdu ma liberté (…) A la gendarmerie, ils m’ont dit de citer des noms d’hommes politiques et des opérateurs économiques. Je leur ai répondu que je ne fais pas de la politique. Je n’ai cité personne, je ne connais personne. J’ai été arrêtée deux jours après la célébration de mon nouveau mariage », lance-t-elle.
Aussitôt Me Béavogui rebondi en demandant la libération provisoire de son client :
- «Je sollicite pour sa mise en liberté provisoire pour qu’elle se retrouve avec son époux ». Aussitôt l’accusée tombe en sanglot. Elle essuie une larme.
-« Mon père était militaire, mon mari militaire, mes fils sont militaires. Je n’ai jamais cherché à être même un chef de quartier. Je ne me suis même pas recensée à plus forte raison voter. J’étais aux côtés de mon mari qui était malade (…) Je voudrais qu’on appelle le Général Kélefa pour qu’il confirme ou infirme ce que j’ai dit », sollicite l’accusée.
Affaire à suivre…
Boubacar 1 Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 18-Jan-2013 ŕ 22:15:56  Partager:   :  |
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