
Près de 3.000 personnes ont manifesté mercredi à Ouagadougou pour "exiger" la réouverture du dossier du meurtre du journaliste burkinabé Norbert Zongo, assassiné le 13 décembre 1998, selon l'AFP.
Les manifestants, qui ont répondu à l'appel d'un collectif d'organisations de la société civile, ont arboré des étoffes noires en signe de deuil, et sillonné des rues de la capitale avant de se recueillir sur la tombe du défunt dans un cimetière de la ville.
"Tôt ou tard justice sera rendue!", "Vous le payerez un jour!", scandait la foule au rythme d'une chanson dédiée à Norbert Zongo par le chanteur ivoirien Alpha Blondy.
Geneviève Zongo, veuve du journaliste, a également participé à la marche aux côtés de nombreux manifestants qui brandissaient des portraits de Norbert Zongo et de l'ex-président Thomas Sankara, assassiné en octobre 1987 lors d'un coup d'Etat.
Lors d'un meeting organisé au centre-ville, Tolé Sagnon, responsable du collectif et dirigeant syndicaliste, a estimé que "le dossier sur le crime odieux ne saurait être enterré" malgré le récent non-lieu prononcé en faveur du principal suspect.
"Nous n'abandonnerons jamais la lutte", a-t-il lancé avant d'annoncer de futurs "marches et meetings" en janvier 2007.
Les manifestants se sont dispersés peu avant 12H00 heure locale (et GMT).
"Ces manifestations sont légitimes, nous rassurons les burkinabé que le dossier n'est pas clos. Tous ceux qui ont des éléments de preuves sérieux et irréfutables peuvent saisir les juridictions pour la réouverture du dossier", a assuré à la radio publique le ministre burkinabé de la Justice, Boureima Badini.
Mercredi, les radios privées locales ont observé une minute de silence à la mémoire du journaliste. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) a également appelé le gouvernement burkinabé "à rouvrir" le dossier du meurtre du journaliste.
Norbert Zongo a été tué le 13 décembre 1998 avec trois de ses compagnons sur la route de Sapouy (100 km au sud de Ouagadougou), alors qu'il enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, le frère cadet du président burkinabé Blaise Compaoré.
Le 16 août la justice burkinabé a prononcé un non-lieu en faveur de l'adjudant Kafando, seul inculpé sur six membres de la sécurité présidentielle identifiés comme "suspects sérieux" par une Commission d'enquête indépendante (CEI) mise en place par le pouvoir.
Le 20 octobre, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a demandé "l'annulation" de ce non-lieu qui, selon elle, "viole purement et simplement le code de procédure pénale".
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  Rubrique: News Afrique  date: 14-Dec-2006 à 00:00:00  Partager:   :  |