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Attentat du 19 juillet : Mme Fatou Badiar Diallo raconte…

CONAKRY-La seule femme accusée dans l’attaque qui a visé le domicile du président Alpha Condé, a été entendue ce mercredi par le juge Fodé Bangoura. Veuve, commerçante et mère de trois enfants, Fatou Badiar Diallo est accusée de terrorisme, racisme, ethnocentrisme et régionalisme. Elle raconte ici les circonstances de son interpellation…
« Je n’ai pas de version à donner parce que je ne connais rien dans cette affaire. Néanmoins j’ai reçu la visite du général Kéléfa (actuel Chef d’Etat Major des armées NDLR) le 08 juillet qui était venu me présenter les condoléances de mon mari. C’est le jour que j’ai fini le veuvage, j’étais en route entre Boké-Boffa. Il m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il veut me voir. Je lui ai dit d’attendre à mon retour. Le général Kéléfa dit m’a dit à mon retour de tout faire pour le voir. Donc les trois jours qui ont suivis j’étais au village, il n’y avait pas de réseau. Le 12 juillet je suis venu au centre, là -bas j’ai appelé à Conakry pour leur dire que je suis arrivée dans de bonnes conditions.
Mais avant que je ne parte, ma maison avait coulé à Enta. J’avais loué une maison à kountia pour envoyer les effets là -bas en attendant que je finisse de réfectionner ma maison de Enta.
Aguibou (un autre accusé dans cette affaire NDLR), je l’ai connu deux moi auparavant, on me l’a présenté comme un Monsieur qui travail au service de renseignement. Il était venu me voir avec un policier qui lui a dit que je pourrais peut être les aider à trouver un ingénieur pour la réfection de la case de Bellevue. Alors ils m’ont dit de leur trouver un ingénieur qui peut préfinancer pour la réfection de la case de Bellevue. Il dit que le président de la République voulait faire la réfection de ses cases. C’est ainsi que je l’ai connu.
J’ai cherché un ingénieur qui a dit si le contrat est signé il est prêt à préfinancer à hauteur de 50%. Donc je les ai mis en contact, l’ingénieur a travailler un moi à la case de Bellevue pour faire la maquette. Quand celui a fini, il a envoyé la maquette que j’ai remis à Aguibou qui m’a dit qu’il va envoyer à la présidence, il a ses grands là -bas, ils vont l’aider à avoir le contrat. Depuis il venait souvent à la maison. Donc ce jour il est venu me trouver en train de négocier pour déplacer un Magbana (minibus NDLR). Aguibou m’a dit si tu as le prix du carburant, ne gaspille pas ton argent, on a des Picks-Ups, on peut t’aider. J’ai accepté. C’est ainsi qu’il m’a envoyé deux pick-up, ils ont transporté les effets à Kountia. C’est ainsi que le 8 juillet je me suis rendu au village.
(…) Quand j’ai appelé mon neveu margis-chef Youssouf Diallo que j’avais laissé pour garder la maison à Kountia, il m’a dit qu’il a reçu des gens qui veulent perquisitionner la maison. Je lui ai dit des voleurs ou des gendarmes. Ces gendarmes ont perquisitionné la maison. Ils ont pris le pistolet de mon mari qui se trouvait dans une mallette, mais un d’entre eux a appelé pour dire RAS. J’ai appelé le Général Kéléfa pour l’informer, il m’a dit qu’il ne connaissait rien de ça. J’ai appelé le chef d’Etat major de la gendarmerie et Cdt de la brigade de Matoto, eux tous m’ont dit qu’ils vont voir. Il m’a néanmoins dit de le rappeler le lendemain. Le lendemain quand je l’ai appelé, il m’a dit qu’il veut me voir d’urgence. Je lui ai dit que je ne pouvais bouger car la cérémonie pour laquelle j’étais partie n’était pas finie.
(…) après la cérémonie, à Boké où j’étais partie saluer mon beau parent que j’ai reçu un véhicule de policier avec une convocation qui m’ont dit que je suis demandé à Conakry.
Arrivée ils m’ont envoyé pour me poser des questions jusqu’à 2heures du matin, là j’ai dormis dans une cellule avec des bandits. Le lendemain, matin le 22 juin, ils m’ont envoyé la Fossepel, ils m’ont laissé dans une salle avec un matelas. Je suis resté là -bas de 10 heures à 23 heures sans rien manger. Le commandant qui est là -bas a demandé si j’ai mangé. C’est ainsi que je lui demander de m’envoyer du riz fade.
Le 23 juin, ils m’ont envoyé au PM3 où il y a avait Aguibou et d’autres personnes. Ils m’ont interrogé en me demandant si je les connais, j’ai dit oui. Ils m’ont demandé ce que je connais dans cette affaire. Mais ma tension était très élevé, ils m’ont envoyé au camp Samory. Là , ils m’ont envoyé à la cellule où se trouvait le Cdt AOB pour me demander si je le connais. Quand je l’ai vu je suis tombé en syncope parce que je ne supporte pas le sang. Je me suis seulement retrouvé au PM3. Ils ont contrôlé ma tension, elle était à 19, le médecin militaire a fouillé mon sac, les médicaments que j’avais dans mon sac pour ma tension, il a tout pris. L’argent que j’avais 880.000 francs guinéens, ils m’ont tout pris. Difficilement d’ailleurs ils m’ont réanimé au camp Samory.
C’est ainsi qu’une commission mixte composée d’une quarantaine d’hommes en tenues sont venue m’interroger pour me demander ce que je connais dans cette affaire. Ils m’ont dit que les pick-ups que j’ai loués ont servi à l’attaque du domicile du président. J’ai dit que je ne connais rien dans ça. Voilà comment ça s’est passé. »
Une synthèse de Boubacar 1Diallo
Pour AFRICAGUINEE.COM.
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  Rubrique: Dossier du Jour  date: 17-Jan-2013 ŕ 15:41:59  Partager:   :  |
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