Detail de la News

Cour d’assises de Conakry : l’audition du Commandant "AOB" se poursuit…





CONAKRY- L’audition de celui qui est considéré comme le cerveau de l’attaque du domicile du Chef de l’Etat le 19 juillet 2011 se poursuit à la cour d’assises de Conakry, a constaté sur place Africaguinee.com.

Lors de cette troisième journée, l’accusé a été interrogé par la défense, la parie civile et le parquet. Le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo "AOB" a encore nié tous les chefs d’accusations portés contre lui.

Interrogé par les avocats de la défense le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo a soutenu que les assaillants qui l’avaient pris en otage ont éliminé le lieutenant Amadou Diallo pour le motiver.

Dans la foulée, les avocats de la défense attireront l’attention de la cour sur le fait que parmi les armes qui ont été apportées comme pièces à conviction, il n’y a pas d’étuis de balles. La même défense a soutenu que d’après le procès verbal, certains éléments du groupe d’assaillants avaient été arrêtés avant l’attaque. « N’est ce pas là, la preuve du complot ? » a lancé un des avocats de la défense.
En réponse, le président de la cour a dit prendre acte de cette observation.

Quant à la partie civile, elle a indiqué que le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo "AOB" joue à ‘’la stratégie de l’accusé accusateur’’.

-Quelles sont vos preuves du complot inventé ? a demandé Me Mory Doumbouya de la partie civile, et à l’accusé de dire qu’il n’a pas de réponse à donner.

-Vous qui avez trainé les valises du président Conté, comment pouvez justifiez cela ?

Le commandant AOB rétorque : « je vous interdis de salir ma dignité, le président Conté a été mon symbole, je vous interdis de dire que j’ai trainé les valises de Conté », a-t-il défendu sur un ton ferme.

Face à cette réaction de l’accusé, le procureur fera une objection en précisant qu’il n’appartient pas à un accusé d’interdire un avocat de lui poser une question.




-Reconnaissez vous que vous avez été amené par un groupe au domicile du Chef de l’Etat ? interroge le procureur Me Fernandez.

-Je l’ai toujours reconnu, a déclaré le commandant alpha Oumar Boffa Diallo.

-Si vous êtes pris en otage par des ennemis, qu’est ce que le règlement militaire recommande de faire ? « C’est de s’efforcer à tout prix pour s’évader » répondra le commandant AOB.

Commentant cette réponse apportée par l’accusé, le procureur a soutenu le contraire en rappelant que le règlement de l’armée dit que

‘’si vous êtes contraints de faire des choses que vous ne devez pas faire, vous devez vous donner la mort’’. S’il y a besoin, des militaires avertis viendront le dire ici comme je ne suis pas militaire’’ a ajouté Me William Fernandez.

-« Reconnaissez vous qu’à votre arrivée au domicile du président de la république il n’y avait pas de problème ?» poursuit le procureur Fernandez.

-« Entre la garde et moi il n’y a pas eu de problème. S’il y avait eu problème c’est là-bas qu’on allait trouver mon corps » soutient le commandant Alpha Oumar Diallo.

-Est-ce que vous reconnaissez que le groupe qui est allé au domicile privé du Chef de l’Etat avait pour mission d’assassiner le président ?

-Non! réplique "AOB".

-Est-ce que vous reconnaissez que le groupe avait pour mission d’assassiner le chef de l’Etat et de le faire remplacer par un peulh dans le cas où l’opération réussirait? Entre le lieutenant Amadou Diallo, Alpha Oumar Boffa Diallo, Amadou Oury Bah (vice-président de l'union des forces démocratiques de guinée,Ndlr) ?

-Non, non et non, a répondu l’accusé.

Le procureur a poursuit en ajoutant le Commandant AOB a voulu faire diversion en disant que :« je lui ai dit de citer des leaders politiques. Moi je n’ai rien à avoir avec un leader politique. Mon dossier n’a rien de politique, il est purement juridique, je ne parle que des faits contrairement à ce que vous dites », a précisé le procureur.

« Vous m’avez dit que je suis « Satan » et je ne craints pas Dieu, je suis d’accord avec vous, mais en attendant vous êtes assis là où vous êtes accusés. Vous voyez cette pourpre-là ? Vous voyez cette robe ? elle est le glaive de la République qui s’abattra le moment venu sur votre tête », prévient maitre Fernandez qui rapporte qu’il n’a plus de questions à poser à l’accusé.

Les audiences ont été suspendues à 17 heures et reprendront le vendredi à 9 heures TU.

Affaire à suivre…

Diallo Boubacar 1
Pour africguinee.com.

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 09-Jan-2013 à 21:30:58  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S