[IMG1]Le gouvernement guinéen a mis en place une commission "Dialogue et réconciliation", a indiqué mardi une source officielle. Cette institution doit permettre de rapprocher les Guinéens victimes de violences politiques depuis l'indépendance dont les travaux débuteront en mai.
La commission dont la création a été annoncée le 26 avril par le Premier ministre Lansana Kouyaté, doit commencer ses travaux le 22 mai prochain, a annoncé à l'AFP le ministre de l'Economie et des Finances, Ousmane Doré.
Cette création répond à une revendication de victimes et familles de victimes des camps de concentration du régime du premier président guinéen Sékou Touré (1958-1984) qui avaient menacé de boycotter les cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance, s'il n'y avait pas d'initiative en faveur de la réconciliation.
La commission Dialogue et Réconciliation "va faire le point au bout de trois mois, et après on verra", a ajouté M. Doré qui préside le comité de préparation des cérémonies prévues le 2 octobre.
"Il ne s'agit pas de porter des jugements, mais (...) de permettre aux Guinéens de se parler, d'exorciser le mal pour ce qui s'est passé pendant ces cinquante dernières années", a-t-il expliqué.
La commission sera présidée par Naby Youla, 89 ans, ancien ambassadeur de Guinée en France condamné à mort par contumace et qui a échappé à la sentence en vivant en exil. Il est rentré en Guinée après la mort de Sékou Touré.
Monseigneur Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples à Rome, a été contacté pour assister M. Youla, selon une source au cabinet du Premier ministre.
M. Youla a confirmé sa nomination à la tête de la commission, et appelé les Guinéens à l'apaisement.
L'Association des victimes du camp Boiro (AVCB) une prison de Conakry où étaient emprisonnés les opposants politiques sous le président Sékou Touré et regroupant des rescapés des camps, veuves et orphelins de disparus, a salué cette initiative. Elle a estimé qu'elle permettrait de "recoudre le tissu social déchiré" de la Guinée.
Durant les 26 ans de pouvoir de Sékou Touré quelque 50 000 personnes ont été torturées, fusillées, pendues ou ont "disparu" en détention, selon des associations de victimes.
Africaguinee.com
Source:SDA-ATS News Service |
  Rubrique: Politique  date: 30-Apr-2008 ŕ 09:53:24  Partager:   :  |