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Enquête sur la fortune des dirigeants africains:Cas du Gabon, Guinée-équatoriale et Congo


[IMG1]La Françafrique a de beaux restes. En novembre, le parquet de Paris classait sans suite une plainte pour détournement de fonds publics déposée par plusieurs ONG, emmenées par Sherpa (association de juristes internationaux), visant des dignitaires africains. «Les investigations n’ont pas permis de mettre en évidence des infractions», expliquait le vice-procureur de la République. La plainte n’a toutefois pas été inutile, les enquêteurs de l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ayant réalisé un formidable travail de recensement des biens détenus en France par les familles Bongo (Gabon), Nguesso (Congo) et Obiang (Guinée-Equatoriale).

Ferrari Quinze membres de la famille Bongo détiennent quelque 70 comptes bancaires en France et une myriade de propriétés. Omar, le patriarche, possède 11 adresses parisiennes, dont un hôtel particulier acquis en 2007 pour 19 millions d’euros, et cinq à Nice. Jeff Bongo, 42 ans, se distingue avec cinq propriétés pour 6 millions d’euros. Yacine, 17 ans, possède deux appartements dans le XVI e arrondissement. Ali, par ailleurs ministre de la Défense, s’est offert trois voitures (Ferrari, Mercedes et Porsche) pour 335 000 euros. Chez les Sassou-Nguesso, 16 membres de la famille détiennent 111 comptes bancaires. Dernière acquisition : un hôtel particulier à Neuilly pour 3,1 millions d’euros. Wilfrid se distingue avec six propriétés et neuf voitures de luxe (achetées 815 000 euros). Pour le parquet, rien ne démontre que ce patrimoine proviendrait d’un détournement de fonds publics. Encore aurait-il fallu creuser l’hypothèse. «Il n’est pas sérieusement contestable que ces biens n’ont pas été acquis par le labeur des chefs d’Etat concernés et de leur famille», rétorque Me William Bourdon, fondateur de Sherpa. [IMG2]Un lien entre la richesse patrimoniale des potentats africains et le pillage des ressources de leurs pays est pourtant apparu dans le cas de la famille Obiang, qui règne en Guinée-Equatoriale depuis 1979.

«Taxe révolutionnaire». Il est surtout question de Teodoro Nguema Obiang, 39 ans, fils du président. Sur le sol français, pas beaucoup d’immobilier mais une sacrée facture automobile : 709 000 euros pour une Maserati. Aux Etats-Unis, Obiang fils fait plus fort : une villa à Malibu (35 millions de dollars), un jet (34 millions). La justice américaine a demandé l’entraide de la France en détaillant son système : salarié 60 000 dollars annuels comme ministre des Forêts, il a créé sa propre société, Somagui Forestal, «qui a imposé sur le bois une lourde "taxe révolutionnaire", en argent liquide ou en chèque.» A Paris, Tracfin (cellule française de lutte antiblanchiment du ministère des Finances) en convenait dans un courrier au parquet : «Les flux mis en exergue sont susceptibles de traduire le blanchiment d’un détournement de fonds publics.» Depuis, plus rien.

Source:Libération
Africaguinee.com

  Rubrique: Dossier du Jour  date: 29-Apr-2008 à 12:11:27  Partager:   :

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