
CONAKRY- Après les nombreuses critiques de certaines ONG de défense des droits de l’Homme, le gouvernement guinéen vient de réaffirmer sa volonté à rétablir la justice dans le dossier des massacres du 28 septembre 2009, a appris Africaguinee.com.
Dans un entretien exclusif que le porte-parole de l’équipe gouvernementale a bien voulu accorder à notre rédaction, le pouvoir de Conakry a estimé qu’il faut beaucoup plus privilégier la qualité que la vitesse dans ce dossier.
«La première réaction que nous pouvons avoir c’est de dire que ce rapport est tout à fait normal. Il est normal que le besoin de justice soit exprimé de manière aussi forte, notamment à travers une ONG dont c’est la vocation. Nous ne pouvons que louer cette volonté de rétablir la justice, d’autant plus que cela correspond à la volonté du gouvernement. Maintenant, le travail d’une ONG est différent du travail d’un gouvernement et la responsabilité d’une ONG est différente de celle d’un gouvernement, surtout un gouvernement qui hérite d’une situation relativement difficile, d’abord par rapport aux évènements dont vous parlez, mais également par rapport aux moyens qui sont les siens pour régler ces problèmes là » a expliqué le ministre Albert Damantang Camara, porte-parole du gouvernement guinéen.
Selon le ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’emploi, et porte-parole de l’équipe gouvernementale, le manque de moyens y est pour beaucoup de choses dans le retard accusé dans le traitement de ce dossier « Le fait que la justice soit sous la lumière de l’actualité c’est que c’est elle qui est concernée dans un évènement grave, mais tous les secteurs publics sont dans le même état, avec très peu de moyens, avec des lacunes en termes de ressources humaines, en termes de compétences techniques. Donc ceci peut se traduire par une lenteur du dossier sans que je ne puisse juger techniquement ce qui éventuellement fait que jusqu’à présent, nous ne sommes pas allés suffisamment loin aux yeux des ONG. Je vous fais remarquer que dans d’autres pays, pour des instructions similaires, ça peut prendre des années et encore des années. Mais la volonté du gouvernement s’est affichée pour régler cette histoire. » a fait remarquer le ministre Damantang Camara.
Puis de conclure « C’est vrai que le manque de moyens fait que, pour certains, le dossier n’avance pas vite, mais il ne faudrait pas que la vitesse se fasse au détriment de la qualité et de la manifestation de la vérité ».
Dans un rapport rendu public hier jeudi (6 décembre 2012), l’ONG internationale « Human Rights Watch » a interpellé le gouvernement guinéen à donner plus de moyens et de faciliter le travail des juges qui ont en charge le dossier des massacres du 28 septembre 2009. Elle a aussi demandé aux autorités de Conakry de faciliter l’audition de l’ancien chef de la junte guinéenne, le Capitaine Moussa Dadis Camara, actuellement en « convalescence » à Ouagadougou.
A rappeler que selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies, plus de 150 civils avaient péris le 28 septembre 2009, dans un stade à Conakry, lors d’une manifestation appelée par les forces vives d’alors.
SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour AFRICAGUINE.COM
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  Rubrique: Politique  date: 07-Dec-2012 ŕ 20:50:33  Partager:   :  |