Detail de la News

Angers-France: le calvaire d'un étudiant guinéen menacé d'expulsion...


[IMG1]Menacé d'expulsion, Mory Camara prépare des examens qu'il n'est pas sûr de passer. Son recours devant le tribunal administratif sera étudié le 14 mai.

Entre émotion et inquiétudes, Mory Camara raconte son histoire par bribes. D'une toute petite voix, il dit : « Si je ne peux plus étudier, ma vie est gâchée. » Assis à la table d'un café, entouré de plusieurs membres du Réseau universités sans frontières (RUSF), il parle d'une « épreuve de la vie ».

Étudiant en deuxième année à la fac de sciences d'Angers, le Guinéen de 25 ans vit caché chez un ami depuis plusieurs semaines. Son titre de séjour n'a pas été renouvelé et son passeport lui a été confisqué par la préfecture. Raisons invoquées ? Un échec aux examens et une absence lors d'un TD, travail dirigé. Absence pourtant justifiée par un certificat médical puisque Mory Camara souffre d'une maladie anxio-dépressive pour laquelle il est suivi de longue date...

« Le certificat que Mory a présenté n'a pas été reconnu, parce qu'il n'était pas fourni par un médecin agréé par la préfecture et le ministère de l'Intérieur », raconte Zakaria, étudiant membre de RUSF. Cette obligation d'aller chez un médecin agréé, l'étudiant guinéen l'ignorait.

Manifestation de soutien le 3 mai

Résultat, la préfecture lui a délivré une obligation de quitter le territoire français à l'échéance du 4 mars dernier. Depuis, l'étudiant a déposé un recours devant le tribunal administratif de Nantes, recours suspensif dont il connaîtra le dénouement le 14 mai prochain. Quelques jours avant le début de ses partiels. « On aimerait que ce recours soit repoussé pour qu'il puisse passer ses examens tranquillement », réclame Paola, autre membre active de RUSF.

En attendant, Mory Camara doit réviser caché, « mais je continue d'aller à la fac , dit-il timidement. Là-bas, je me sens en sécurité. J'essaie d'oublier un peu mes problèmes et de me concentrer sur les études. C'est pour ça que je suis venu en France. »

C'était en 2004. Il devait être pris en charge par un oncle qui est décédé peu après son arrivée. Pour subvenir à ses besoins et financer ses études, il avait alors trouvé un travail dans une usine. « Maintenant, je ne peux plus y aller. Pour des raisons de sécurité et parce que je n'ai plus de papiers. »

Aujourd'hui, c'est avec l'aide des militants de RUSF que Mory Camara paie son loyer. Même s'il ne peut plus vivre dans son appartement... « Je suis soutenu », dit-il. Pour ne pas perdre pied, il révise encore et encore en espérant passer ses partiels. Et obtenir de bons résultats pour favoriser sa régularisation.

Le samedi 3 mai, une nouvelle manifestation de soutien est prévue à partir de 14 h, place du Ralliement à Angers.

Julien HIPPOCRATE.
Source:Ouest-France
Africaguinee.com

  Rubrique: Diaspora Guinéenne  date: 25-Apr-2008 à 10:20:33  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S