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Justice internationale:Simone Gbagbo accusée de crimes contre l'humanité

ABIDJAN-La rĂ©vĂ©lation par la Cour pĂ©nale internationale (CPI) qu'un mandat d'arrĂȘt a Ă©tĂ© Ă©mis contre Simone Gbagbo, l'Ă©pouse de l'ancien prĂ©sident ivoirien, n'a pas créé une grosse surprise Ă Abidjan. Le pouvoir ivoirien Ă©tait au courant de l'existence de ce mandat, tenu secret depuis fĂ©vrier. Son calme affichĂ© en tĂ©moigne. «Nous prenons acte de cette demande et, au moment opportun, nous allons vous donner notre position officielle», a ainsi expliquĂ© le ministre de la Justice, GnĂ©nĂ©ma Coulibaly. Le transfert de Simone Gbagbo vers La Haye pour rejoindre son Ă©poux, sans ĂȘtre exclu, ne se fera pas dans l'immĂ©diat. CapturĂ©e au cĂŽtĂ© Laurent Gbagbo en avril 2011, elle reste pour l'instant dĂ©tenue dans le nord de la CĂŽte d'Ivoire. Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, par la voix de son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Richard Kodjo, s'insurge, qualifiant ce mandat d'«injuste», estimant qu'«il y a plus grands criminels en CĂŽte d'Ivoire que ceux qu'on arrĂȘte aujourd'hui».
La justice internationale soupçonne Simone Gbagbo, 63 ans, de meurtres, de viols et autres formes de violences sexuelles, d'actes inhumains et de persĂ©cution. Celle que tous Ă Abidjan appellent simplement «Simone» Ă©tait, il est vrai, bien plus que l'Ă©pouse du chef d'Ătat dĂ©chu. L'ancienne «dame de fer» de CĂŽte d'Ivoire Ă©tait une figure politique connue, militante de longue date et cofondatrice du FPI. Dans les annĂ©es 1970, puis 1990, Simone Ehivet a sĂ©journĂ© plusieurs fois en prison alors qu'elle s'opposait seule, puis avec Laurent Gbagbo Ă©pousĂ© en 1989, Ă FĂ©lix HouphouĂ«t-Boigny. ArrivĂ©e au pouvoir en 2000, elle devient la prĂ©sidente Ă poigne du groupe FPI Ă l'AssemblĂ©e nationale. Ses discours ne feront dĂšs lors que se durcir, mĂȘlant de plus en plus Ă la politique des rĂ©fĂ©rences bibliques, signe de sa foi chrĂ©tienne d'Ă©vangĂ©liste «Born again». La rumeur la disait mĂȘlĂ©e aux escadrons de la mort. Son nom apparaĂźt dans plusieurs dossiers d'assassinats. C'est sur ces annĂ©es de pouvoir que la CPI veut l'entendre.
«Il faut faire quelque chose, et vite»
Avec la diffusion de ce mandat, la Cour pĂ©nale internationale entend mettre la pression sur le gouvernement ivoirien tout juste nommĂ©. Les magistrats de La Haye ne cachent pas leur agacement face Ă la lenteur de leurs homologues ivoiriens. Aucun des proches de Laurent Gbagbo arrĂȘtĂ©s Ă l'issue de la crise n'a encore Ă©tĂ© jugĂ© par la justice civile locale. Et aucun des soutiens du prĂ©sident Alassane Ouattara, dont certains sont pourtant soupçonnĂ©s de crimes, n'a Ă©tĂ© poursuivi. NommĂ© mercredi, le nouveau ministre de la Justice a pour tĂąche principale d'accĂ©lĂ©rer les procĂ©dures, dont la lenteur agace en CĂŽte d'Ivoire et freine une rĂ©conciliation toujours au point mort.
«Il faut faire quelque chose, et vite», reconnaßt-on dans l'entourage du président ivoirien. Alassane Ouattara semble pourtant hésiter sur la conduite à tenir, partagé entre son désir d'une justice large pour lutter contre l'impunité et son souci de pardon pour améliorer au plus vite les relations entre Ivoiriens. Le cas de Simone Gbagbo a une grande portée symbolique.
La CPI pourrait ĂȘtre tentĂ©e d'accentuer ses demandes. D'autres mandats, concernant des personnalitĂ©s proches de Gabgbo, mais sans doute aussi de l'actuel prĂ©sident, sont toujours gardĂ©s secrets. La Cour pĂ©nale internationale pourrait les diffuser, voire en cas de refus se dĂ©mettre. «Depuis l'ouverture des enquĂȘtes, la CĂŽte d'Ivoire coopĂšre pleinement avec le Bureau. Nous exhortons les autoritĂ©s ivoiriennes Ă continuer de le faire et Ă remettre Simone Gbagbo Ă la Cour», a dĂ©clarĂ© le procureur de la CPI, la Gambienne Fatou Bensouda.
Lefigaro.fr |
  Rubrique: News Afrique  date: 24-Nov-2012 à 15:13:28  Partager:   :  |
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