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Barack Obama face Ă la menace d'un scrutin de crise

WASHINGTON-Ils avaient choisi Danville, élégante bourgade du Kentucky, pays du poulet frit et des meilleurs bourbons américains. Mais l'esprit des lieux n'a pas inspiré l'un des protagonistes au point qu'on puisse déclarer un vainqueur net - ni un avantage décisif d'un camp sur l'autre.
Au lendemain du débat qui a opposé, jeudi 11 octobre, les deux candidats au poste de vice-président lors de l'élection du 6 novembre, la bataille reste très serrée. Le démocrate Barack Obama est toujours sérieusement menacé par le républicain Mitt Romney.
Jeudi soir à Danville, il revenait au vice-président sortant, Joe Biden, de redonner le moral au camp démocrate. Il fallait gommer l'impression détestable laissée la semaine dernière par le président lors du premier débat : distant, presque détaché, M. Obama a été dominé par un Mitt Romney pugnace et décontracté.
Immédiatement, l'oscillomètre des sondages a grimpé en faveur du camp républicain. Depuis une semaine, M. Romney devance légèrement l'homme de la Maison Blanche en pourcentage des suffrages populaires. La dynamique de cette fin de campagne est favorable à l'opposition.
Mais l'élection est indirecte : le président est élu par des grands électeurs désignés par chaque Etat, et qui se prononcent en bloc. En nombre de grands électeurs, les sondages créditent toujours M. Obama d'une petite avance.
Les Etats-Unis n'échappent pas à la règle de ces scrutins de crise dans le monde occidental : ils sont durs pour les sortants. Comme si une opinion désorientée par la déprime de l'activité et l'absence de perspectives hésitait, balançait, ne sachant trop comment manifester son désarroi.
M. Biden a tenu son rôle. A 70 ans, le vice-président est un vétéran fort en gueule et en charme de la vie politique américaine. A Danville, il a été le porte-parole d'une présidence solide en politique étrangère et sérieuse sur le front intérieur.
A aucun moment, son adversaire, Paul Ryan, 42 ans, président de la commission des finances de la Chambre, n'a pris l'avantage. M. Ryan est l'archétype de l'ultra-républicanisme d'aujourd'hui. Il veut ramener l'Etat fédéral à sa plus simple expression. Il est opposé à la moindre hausse d'impôts. C'est un homme de dogme et de radicales certitudes.
Mais lui aussi a tenu son rôle jeudi soir. Il a fait comme M. Romney depuis la fin de la campagne des primaires : il a joué au centre. C'est le deuxième enseignement de ce scrutin, une leçon qu'a confirmée le débat de Danville. Non seulement la bataille est serrée, mais elle se gagne au centre.
M. Ryan a modéré la détestation qu'il affiche pour les grands programmes sociaux qui affectent le budget fédéral. C'est promis, il ne veut plus tout démanteler. Le profil affiché est celui de la modération. Car, à ce stade de la campagne, il s'agit de séduire les électeurs indépendants dans quelques Etats-clés.
Si, dans ce rôle, MM. Obama et Biden sont crédibles, il est difficile de se dégager d'une impression de duplicité, voire d'hypocrisie, quand il s'agit de MM. Romney et Ryan.
Source: Lemonde.fr |
  Rubrique: International  date: 13-Oct-2012 ŕ 22:26:25  Partager:   :  |
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