
NEW-YORK-Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné mardi dans un entretien à l'AFP que toute intervention militaire africaine au Mali nécessitait au préalable des négociations politiques, suggérant ainsi qu'une opération ouest-africaine n'était pas pour demain.
Interrogé sur le calendrier d'une telle intervention - réclamée officiellement par Bamako et programmée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) - Ban Ki-moon n'a donné aucune échéance, renvoyant à la décision des Etats membres du Conseil de sécurité.
"Tous les besoins doivent ĂȘtre clarifiĂ©s. Quels sont les buts et le mandat? Le Conseil de sĂ©curitĂ© doit ĂȘtre d'accord Ă ce sujet", a-t-il fait valoir.
Dans la matinée, lors de sa conférence de presse à l'Elysée avec le président français François Hollande, ce dernier avait pourtant souligné que l'objectif était clair: "éradiquer le terrorisme" qui menace la stabilité dans cette région du monde.
M. Hollande avait mĂȘme ajoutĂ© qu'aucun des grands pays membres du Conseil de sĂ©curitĂ© ne s'opposerait Ă une opĂ©ration demandĂ©e par Bamako et la CĂ©dĂ©ao.
"Le dĂ©ploiement de forces doit ĂȘtre sĂ©rieusement Ă©tudiĂ©", a poursuivi Ban Ki-moon. "Ma position comme secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral est, qu'avant toute opĂ©ration militaire, il y ait des nĂ©gociations politiques et un dialogue", a-t-il insistĂ©.
Récemment, le responsable de l'ONU en Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, avait laissé entendre que la "préparation" d'un déploiement militaire au Mali contre les groupes islamistes armés qui occupent la moitié nord du pays devait se dérouler parallÚlement à un "dialogue" avec certains d'entre eux.
Une rĂ©union de reprĂ©sentants de la communautĂ© internationale le 19 octobre Ă Bamako devrait ĂȘtre "l'occasion de se mettre d'accord sur une stratĂ©gie avec les Maliens, avec les pays de la rĂ©gion, pour qu'il y ait une convergence de vues, sur comment agir vite et efficacement pour le Mali et le Sahel", avait prĂ©cisĂ© SaĂŻd Djinnit.
Le Conseil réclame des plans détaillés
"Dans la partie nord du Mali, la situation est trÚs difficile", a abondé Ban Ki-moon. "La plupart des zones sont maintenant occupées par des islamistes extrémistes qui imposent les rÚgles de la charia", a-t-il dit dans une allusion à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
"Nous devons discuter de toutes ces questions d'une maniÚre plus cohérente", a cependant demandé le secrétaire général de l'ONU.
InterrogĂ© sur la solution militaire, il s'est montrĂ© Ă nouveau trĂšs prudent. "Il faut ĂȘtre trĂšs clair, (avoir) des plans concrets et des modalitĂ©s" d'application, a-t-il dit. Savoir "ce que seront les consĂ©quences dans la rĂ©gion d'un dĂ©ploiement de forces militaires" au Mali.
A la question de savoir si un tel déploiement de troupes pourrait intervenir avant la fin de l'année ou au printemps, il n'a pas souhaité se prononcer. "Les membres du Conseil de sécurité sont d'accord pour discuter du sujet mais la rapidité d'une décision revient aux Etats membres", a-t-il fait valoir.
"Je ne peux pas dire qu'il n'y a pas de consensus. Ils (les membres du Conseil) ont réclamé des planifications, davantage de plans et propositions détaillées. Ils attendent des réponses des dirigeants africains", a-t-il conclu.
AFP |
  Rubrique: News Afrique  date: 10-Oct-2012 à 09:56:44  Partager:   :  |